L‘historien Jacques Lapart a raconté, mercredi 9 décembre, l’histoire de l’armagnac dans la salle des alambics de la Cave de Nogaro. Danielle Marseillan, du Clan (Culture loisirs animations Nogaro), qui le présentait, a fait remarquer les odeurs, adaptées au propos.Le conférencier a exploité 400 registres de notaires pour ses recherches. Au Moyen Âge, il n’y a pas encore de distillation pour la boisson en Gascogne. On distille l’eau ardente en petite quantité, pour un usage médical. En 1310, selon Vital Duffour, l’eau ardente guérit 300 maladies.
La distillation fait « des débuts timides » au XVIe siècle avec l’exportation vers la Hollande, puis démarre pour de bon au XVIIe siècle, grâce aux marchands hollandais, au départ de Bayonne. Les Hollandais apportent « des chaudières à brûler le vin ». On ne distille pas. « On brûle. » « Les eaux-de-vie viennent de Chalosse, Tursan, Bas Armagnac (Nogaro, Cazaubon, Le Houga) et un peu de la Ténarèze. » Les vins ne « tiennent » pas longtemps, alors on distille. Les eau-de-vie partent « en charroi au mont de Marsan », puis vers Bayonne.
Commandes de l’armée
Au XVIIIe siècle, la production augmente et les clients ne veulent que de la blanche fraîchement distillée. Après la guerre d’Indépendance, les États-Unis ne se fournissent plus en Angleterre et achètent les alcools français à la place. Les guerres de la Révolution et de l’empire grossissent les commandes de l’armée. La Gascogne est couverte de vignes.
Au XIXe siècle, on perfectionne les chaudières. On commence à parler d’armagnac et à le faire vieillir. Un document de 1824 décrit les régions de production. Bordeaux supplante Bayonne pour l’export. Sous Napoléon III, c’est l’âge d’or. On distille malgré l’oïdium (un champignon). Après 1870, le phylloxéra détruit plus de 90 % du vignoble. À la veille de la Première Guerre mondiale, le vignoble est fragile et la qualité, sauf exception, n’y est pas. Depuis une cinquantaine d’années, de gros efforts sont faits pour l’améliorer.
Samedi dernier, s’est tenue, à la salle Plaza Xoko de Baigorri, l’assemblée générale de l’Université populaire du Pays basque (UPPB). Une quarantaine de personnes y étaient et ont pu prendre connaissance des bilans et des projets de cette association implantée à Baigorri.Cette dernière année, l’UPPB a connu une augmentation significative de ses adhérents et de la fréquentation des rendez-vous qu’elle organise. Une offre d’activités toujours plus diversifiée tente d’être proposée, à l’instar d’ateliers pédagogiques de sensibilisation à l’archéologie en milieu scolaire, conférences, colloques, ciné/débats.
Au programme l’an prochain
Tout cela est rendu possible du fait de la création de deux emplois et du renforcement des partenariats locaux, institutionnels ou associatifs. Du côté des projets, pour 2016, quelques temps forts. À commencer par les 20 et 21 mai, avec la conférence sur le thème du « Dérèglement climatique, chaos géopolitique, crise des modèles politiques… Quels enjeux et devenir pour le monde d’aujourd’hui ? » Les 17 et 18 août, place au sujet suivant : « Vivre en Palestine ». Des rencontres, des débats, des expositions, et des projections de films pour continuer de s’informer.
Si nos sociétés occidentales s’indignent régulièrement de fonctionnements sociétaux inégalitaires et exotiques (on pourrait évoquer l’Inde et sa caste des Intouchables), c’est pour mieux oublier que nous-mêmes, Occidentaux, avons par le passé (et nous continuons à le faire) exclu des populations pour des raisons souvent aberrantes. Kaskarots, Cagots, Juifs, Protestants il y a plusieurs siècles, Roms aujourd’hui. Est-ce un moyen de se sentir mieux? de sentir la force du groupe en pointant du doigt ceux qui sont différents? La machine à exclure n’est pas près de s’éteindre, malheureusement et toute initiative menée pour chasser les préjugés, permettre de mieux comprendre l’Autre est louable et salutaire en ces temps de crispation identitaire (s’il fallait évoquer un chercheur ô combien émérite, nous citerions Emmanuel Filhol qui s’est attaché dans plusieurs publications –notamment celle-ci– à étudier ce fonctionnement pathogène de nos sociétés consistant à exclure). Ainsi en est-il de cette conférence organisée à Saint-Jean-de-Luz autour d’un élément important du patrimoine ethnologique aquitain, les Kaskarots. Le quotidien en rapporte les lignes de force dans un article (source : http://www.sudouest.fr/2015/11/09/la-trace-indelebile-des-kaskarots-dans-la-ville-2179214-4383.php)
Saint-Jean-de-Luz : la trace indélébile des kaskarots
Samedi matin, deux conférences portant sur le peuple tzigane ont permis de revenir sur l’intégration de ces bohémiens basques et leur apport économique à la ville
«Gitans, Tziganes, manouches, bohémiens, roms… Autant d’appellations pour désigner ces populations, ayant en commun une origine indienne, dont les langues initiales proviennent du Nord-Ouest du sous-continent indien et qui constituent des minorités vivant entre l’Inde et l’Atlantique », a expliqué Alain Reyniers, anthropologue et spécialiste de l’histoire des Tziganes en Europe, samedi, au cours d’une conférence organisée par la Ville et l’association Gadjé-Voyageurs 64 (1).
Ici, à Saint-Jean-de-Luz, on les appelle les kaskarots. C’est ce qu’a expliqué l’historien local, Jacques Ospital, qui est revenu sur l’histoire de ces descendants de bohémiens basques, fortement implantés dans la ville, au XIXe siècle notamment. « Cela nous semble important de soutenir l’histoire locale, marquée par la relation très forte entre les Tziganes et les Luziens », précise Michel Molina, président de l’association, qui rappelle aussi qu’un problème de stationnement pour les gens du voyage sédentaires et de passage est toujours d’actualité (2).
Des femmes courageuses
C’est donc dans un « contexte crispé et revendicatif » que l’association a voulu présenter l’histoire de toutes ces populations, « souvent mal aimées » dans la société, ajoute Alain Reyniers : « Ils apparaissent comme des personnes dangereuses, du fait de leur vie nomade. Mais d’autres griefs leur étaient attribués, comme la fainéantise puisqu’ils n’avaient pas d’économie qui s’inscrivent dans le temps. »
Un rejet qu’ont aussi connu les kaskarots, dès leur arrivée à Saint-Jean-de-Luz, au XVIe siècle, explique Jacques Ospital. « Leur intégration a pris deux siècles, en dépit du ressentiment de rejet. »
Progressivement, la communauté fut considérée comme excessivement utile. Tandis que les femmes « extrêmement courageuses et vaillantes » étaient filetières et vendeuses de poissons, les hommes embarquaient sur les bateaux de pêche. « Hommes et femmes faisaient vivre la cité. Et c’est ainsi qu’ils se sont intégrés dans la société. Ce qui se passait sur les bateaux a aussi renforcé les liens et, petit à petit, les kaskarots se sont mélangés avec la population basque. »
« L’ambiance a changé »
Si leur intégration a pris plusieurs dizaines d’années, les kaskarots ont laissé une trace indélébile sur la ville : « Dès leur installation dans le centre-ville, ils représentaient la partie vivante de la commune. Les femmes avaient une gouaille incroyable, elles étaient espiègles. Il y a cinquante ans, il y avait de la joie dans Saint-Jean-de-Luz », raconte Jacques Ospital, avec nostalgie. « Mais l’ambiance a changé. Le prix de l’immobilier a contraint ces familles à quitter le centre-ville, pour aller s’installer plus loin. »
Alors reste-t-il encore des kaskarots ? « Tout dépend de son histoire personnelle, estime l’historien local. Certains se disent fièrement descendant de kaskarots, d’autres non, de peur d’être victimes de préjugés. » Ce que combat l’association Gadjé-Voyageurs 64 : « Notre but est de sensibiliser les gens, notamment avec ces conférences, et en créant des rencontres avec des manouches », précise Michel Molina. « Combattre les préjugés prend du temps, c’est un travail de déconstruction et d’explication de la vie des Tziganes, ajoute Alain Reyniers. Cela passe aussi par l’éducation et par l’intégration de leur histoire dans celle nationale. On se réfugie trop vite dans des certitudes, sans voir au-delà. »
(1) L’association vise l’insertion sociale et professionnelle des gens du voyage.
(2) La principale aire de passage est celle d’Acotz qui peut accueillir environ 50 caravanes.
Évoquée depuis des années, la création d’un musée maritime et forestier se concrétise. La population peut donner son avis et ses attentes via un questionnaire.
E n centre-ville de La Teste, personne ne peut ignorer que les archéologues ont réalisé des fouilles pour découvrir des vestiges du Moyen Âge. Certains ont pu remarquer la présence près du chantier des fouilles d’un petit présentoir qui offrait aux piétons la possibilité de remplir un questionnaire sur la création d’un musée à La Teste.
Cela n’est pas anodin car l’archéologue professionnel Philippe Jacques est le président de l’association de la préfiguration du musée maritime et forestier sur la commune. Loin d’être une « testerinade », c’est bel et bien un véritable projet de création d’un musée patrimonial qui est porté par l’association mais également par les municipalités successives ; le maire actuel y est favorable comme ses prédécesseurs.
Ossements, céramiques et mobiliers ont, entre autres, été exhumés lors des fouilles. Et on en sait désormais un peu plus sur la physionomie du secteur au Moyen Âge.
Les fouilles dans le périmètre du marché municipal ont constitué une attraction importante la semaine dernière jusqu’à samedi soir. Les badauds, curieux par nature étaient nombreux à regarder travailler l’équipe des archéologues qui pioche ou, pinceau en main, mettaient à jour des vestiges du passé.
Comme prévu, le chantier des fouilles archéologiques s’est déplacé jeudi vers un espace compris entre la rue des Halles, face à l’église Saint-Vincent, et le marché municipal. Philippe Jacques, archéologue professionnel qui dirige le chantier, est satisfait du résultat car son équipe a exploré un secteur dont on soupçonnait qu’il recèle des vestiges du Moyen Âge. Et les fouilles ont confirmé cette hypothèse.
Depuis les fouilles de 2005, les archéologues étaient à peu près convaincus que la tour castrale se trouvait à proximité, mais encore faillait-il en avoir la preuve. Depuis jeudi, les découvertes sont édifiantes. Tout d’abord, sous le niveau de la nécropole, a été trouvé l’emplacement de cette fameuse tour de forme carrée dont le côté mesurait environ 13 mètres de long et l’épaisseur des murs évaluée entre un et un mètre quarante d’épaisseur. Le mur sud et une partie du mur ouest ont été découverts et mercredi prochain, une fouille ponctuelle portera sur le mur est. Par ailleurs, il a été mis à jour l’emplacement d’un large fossé de 13 mètres d’emprise qui entourait la tour et qui a été comblé au fil des siècles.
Ancien cimetière
Plus spectaculaire pour le public, la partie de l’ancien cimetière où ont été mises à jour des tombes et des allées. Ces tombes étaient apparemment parfois des caveaux familiaux, trois cercueils étant empilés les uns sur les autres. Mais que faire de ces ossements ? Ils seront tous retirés afin qu’ils ne soient pas broyés par les machines lors des futurs travaux de terrassement. Certains de ces ossements pourront être par la suite éventuellement étudiés par un anthropologue puis ils devraient être replacés dans le cimetière actuel de La Teste.
Samedi soir, Philippe Jacques dressait un bilan largement positif : « On a pu connaître l’organisation du cimetière que l’on ne connaissait pas vraiment et surtout confirmer le positionnement de la tour castrale, ainsi que l’emplacement exact du fossé. Sans oublier, la chronologie que l’on va pouvoir apporter par le mobilier récupéré dans la tour, notamment avec des morceaux de céramique du XIVe siècle. On va ainsi pourvoir dater précisément l’implantation de la tour. »
Le calendrier des fouilles a été respecté et les travaux concernant le carreau du marché vont se poursuivre comme prévu.