Le quotidien Sud Ouest dresse un petit bilan des activités du service archéologique de Bordeaux Métropole (source : http://www.sudouest.fr/2016/10/26/sous-les-paves-les-siecles-2547557-2760.php) :

Bordeaux : les fouilles archéologiques révèlent l’histoire de la ville

 L’archéologie préventive révèle peu à peu de nouveaux pans de l’histoire de Bordeaux et de son agglomération. Les défunts mérovingiens ont la vedette

Les six tombes mérovingiennes mies au jour récemment près de l’église Sainte-Croix, sur la place du même nom à Bordeaux, sont probablement la dernière découverte de 2016 pour le centre d’archéologie préventive de la Métropole. Sauf urgence fortuite, et c’était le cas pour ce chantier né de la simple pose d’une borne d’accès automatique de voirie.

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Christophe Sireix et Juliette Masson devant un morceau de sarcophage de Sainte-Croix. ©Philippe Taris

« Nous avons conduit cette année 17 ou 18 opérations, dont des sauvetages d’urgence comme rue Jacques-d’Welles », compte Christophe Sireix, l’archéologue qui dirige ce service créé il y a trois ans par l’ex-CUB, et rattaché à la Direction des bâtiments de Bordeaux Métropole.

Où a-t-on cherché ? À 60 % à Bordeaux et à 40 % dans les autres communes, indique M. Sireix. Dans le XVIe siècle protestant place du Prêche à Bègles. À Gradignan, pour de premiers sondages sur la place Bernard-Roumégoux en projet de rénovation radicale, suffisamment intéressants pour annoncer peut-être de futures fouilles plus approfondies, là où était l’église des origines, sous le sanctuaire actuel.

Le Centre d’archéologie a ouvert des lucarnes sur le passé gallo-romain à Carbon-Blanc, quai de la Souys à Floirac. Et bien sûr place Gambetta à Bordeaux l’été dernier, où les archéologues ont remonté le temps jusqu’à ce qui pourrait être un édifice monumental au point culminant de Burdigala.

Mais on n’en verra sans doute pas plus, sauf prescription contraire du ministère de la Culture, dans la mesure où les aménagements de voirie prévus ne nécessitent pas semble-t-il de fondations importantes.

Le Centre d’archéologie préventive a aussi exhumé un très important matériel industriel rue de la Faïencerie à Bordeaux sur le site des ex-établissements Vieillard. Ou confirmé in-situ les plans archivés du fort Saint-Louis et des abattoirs qui lui ont succédé sous la place André-Meunier avant d’être rasés en 1940.

Il y a aussi eu des surprises négatives : « Le chantier de la ligne D du tramway n’a presque rien livré. Alors qu’on est juste en lisière de la ville gallo-romaine et médiévale. Pour une raison simple : à l’époque moderne, c’était une zone artisanale très importante, et notamment de carrières, de sablières. Tous les vestiges ont été détruits alors », note Christophe Sireix.

Les cimetières médiévaux

Mais c’est dans le haut Moyen Âge que la moisson des trois années a été la plus féconde : au Vieux-Bourg de Villenave-d’Ornon, à Bruges, à Blanquefort, à Bordeaux, des chantiers ouverts près d’églises ont livré tout un matériel funéraire remontant aux Mérovingiens, (VIIe au IXe siècle de notre ère). Environ 270 sépultures répertoriées. « C’est peut-être la première fois qu’on dispose de vestiges de cette époque à l’échelle de tout un territoire, d’un diocèse. Il existe beaucoup de cimetières de cette époque, en France, mais là, on peut faire une synthèse sur un espace plus vaste, à l’échelle d’un diocèse », expliquent l’anthropologue Hélène Réveillas et la médiéviste Juliette Masson.

Ainsi, l’usage de « logettes » de pierre pour la tête et les pieds des défunts, reliées par du bois, contraste à Bruges avec les sarcophages tout en pierre plus courants.

L’étude des ossements apportera son lot d’information sur l’état physique de nos lointains ancêtres, leurs habitudes funéraires.

Fenêtres refermées

Le paradoxe des archéologues de la Métropole est le suivant : les fenêtres du temps qu’ils ouvrent à la pelle et au pinceau se referment aussitôt, sauf exception. L’objectif étant de permettre la poursuite des chantiers dans le respect de ce qu’il y a dessous. Ce que Christophe Sireix appelle « trouver un terrain d’entente ». La double tutelle de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et de la Métropole garantit en principe l’équilibre. Reste à savoir ce qui se serait passé si un site majeur avait été décelé dans l’emprise du nouveau stade… La question ne s’est pas posée jusqu’ici. Rendez-vous aux prochaines tranchées : ce sera rive droite, sur les lieux des ZAC du Belvédère, de Brazza ou de Bastide-Niel.

de-la-vaisselle-du-xixe-siecle-le-centre-d-archeologie_4181953_1000x500De la vaisselle du XIXe siècle. Le Centre d’archéologie préventive a aussi exhumé un très important matériel industriel rue de la Faïencerie à Bordeaux sur le site des ex-établissements Vieillard, présenté ici par l’archéologue céramologue Valérie Marache. ©Philippe Taris

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition d’une figure de l’archéologie landaise et régionale, le Docteur Paul Dubedat. De la part du Club Dubalen, nous exprimons nos sincères condoléances à ses proches dans cette terrible épreuve.

Le quotidien Sud Ouest revient sur sa carrière (source : http://www.sudouest.fr/2016/10/15/paul-dubedat-s-en-est-alle-2535530-3537.php) :

Paul Dubedat s’en est allé

Figure de l’histoire saint-séverine, Paul Dubedat s’est éteint à l’âge de 96 ans.
Figure de l’histoire saint-séverine, Paul Dubedat s’est éteint à l’âge de 96 ans. ©

Photo Archives Jean Paul Farbos

Paul Dubedat (Chevalier des arts et lettres et des Palmes académiques, Médaille de la ville), personnage éminent de l’histoire de Saint-Sever, s’est éteint jeudi matin, à l’âge de 96 ans, quelques jours à peine après son anniversaire (le 3 octobre). Gascon invétéré de Chalosse et du Bas-Armagnac, médecin radiologue à Saint-Sever, mais aussi arboriculteur et viticulteur, ce petit homme à l’œil vif, le béret rivé sur la tête, a intimement posé son empreinte d’historien passionné et engagé dans la vie de sa ville.

Conseiller municipal (1959-1989), maire adjoint (1971-1989) au côté de son ami Jean-Marie Commenay, comme délégué pour les affaires culturelles et la conservation du patrimoine, puis maire honoraire, Paul Dubedat était aussi membre du Comité culturel d’Aquitaine (1973-1982) et de la Commission régionale du patrimoine et des sites (1985-1999), sauveur notamment des orgues Cavaillé-Coll de l’abbatiale (1975-1980).

Mise en valeur du patrimoine

Tout en montant de nombreuses manifestations pour promouvoir le Cap de Gascogne, il a participé activement à son évolution touristique (camping, plantation et aménagement des rives de l’Adour, maison du canoë-kayak).

Vice-président puis président d’honneur de la Société de Borda (1979-1997), membre fondateur du Festival des abbayes et du Festival gascon, des Amis landais de Saint-Jacques-de-Compostelle et spécialiste du Camino Frances dans les Landes, Paul Dubedat était aussi l’un des derniers archéologues indépendants, à qui Saint-Sever doit les sondages de Morlanne (1966-1968), les fouilles et mise en valeur de la villa gallo-romaine du Gleyzia à Augreilh (1969-1984).

Fondateur du groupe de recherches archéologiques de Saint-Sever (Grass), il a organisé de nombreuses interventions sur des monuments dans le Sud-Ouest comme à Saint-Sever (Jacobins, abbaye bénédictine, architecture civile, fontaines et lavoirs), église Sainte-Eulalie et à Bahus Juzanx, Bessaut, Bonnefont (31), Goudosse, Hontanx, Labastide-Chalosse, Sarraziet, Mauras, etc. Jusqu’au bout, Paul Dubedat s’est investi et battu pour sa passion.

Principal acteur d’une mutation de la Halle aux Grains, ancien couvent des Dominicains, en centre socioculturel entre 1970 et 1989 – son œuvre inachevée, « pilier de la sauvegarde et de la mise en valeur du patrimoine historique de Saint-Sever », il était le créateur de l’actuel Musée de France des Jacobins, et son conservateur jusqu’à ce jour.

Obsèques lundi matin

Personne n’oubliera le docteur Dubedat, son tempérament, son humour, sa compétence, ses coups de gueule.

Il faut désormais continuer son œuvre, sans ses avis, pour répondre à son vœu quand il déclarait : « J’espère que ça continuera ! Il y a du boulot ! » Les obsèques du docteur Paul Dubedat seront célébrées lundi matin, à 10 heures, à l’abbatiale.

Sur Youtube, une vidéo tourne encore, celle d’une visite de sa chère villa d’Augreilh :

Un programme intéressant prévu autour de la question des bastides (source : http://www.sudouest.fr/2016/10/10/les-libertes-au-temps-des-bastides-2529161-4316.php) :

Les libertés au temps des bastides

Le pont du XIIIe siècle ouvrait sur le commerce de la bastide.
Le pont du XIIIe siècle ouvrait sur le commerce de la bastide. ©

Ph. J. S.

Ce samedi 15 et dimanche 16 octobre, Navarrenx sera le cadre d’un grand forum médiéval sous le thème des libertés à l’époque des bastides. L’association Bastides 64, porteur du projet, sera épaulée par la Société des sciences des lettres et des arts, la Fédération des bastides d’Aquitaine, le Pays d’art et d’histoire, le Conseil départemental, la Communauté de communes et la municipalité locale.

Plusieurs conférences

Samedi, l’accueil se fera dès 8 h 30, (café offert) à la mairie de Navarrenx, suivi de 9 à 17 heures, d’une série de conférences. Le lendemain, le dimanche, rendez-vous devant la mairie pour une visite guidée menée par Cécile Tison, animatrice du pays d’Art et d’histoire.

De plus, au cours de quatre conférences, des historiens exploreront le thème des libertés au Moyen Âge. Les connaissances ont beaucoup évolué ces dernières décennies. Pour Navarrenx, comment le rôle militaire imposé à la ville par la stratégie des princes a-t-il été vécu par les habitants ?

Seront présents Monique Bourin, médiéviste de renommée internationale ; Mireille Mousnier, spécialiste des bastides ; Benoît Cursente, médiéviste et directeur de recherches au CNRS, et Thierry Issartel, chercheur associé à l’UPPA.

Ces journées sont ouvertes à tous mais il faut s’inscrire pour les conférences par mail à forumnavarrenx2016@gmail.com ou par lettre à Forum Médiéval ; mairie ; 64190 Navarrenx. La participation aux conférences et à la visite du dimanche est gratuite ; le prix du repas du samedi midi ( 15 €) sera payable sur place.