Incroyable découverte révélée seulement aujourd’hui (source : dépêche APF : https://www.afp.com/fr/infos/334/un-megalithe-inedit-mis-au-jour-dans-les-landes) :

Un mégalithe inédit mis au jour dans les Landes.

APF_France_Nouvelle Aquitaine_Samedi 1er Avril 2017 (mis à jour à 13h15)

Une équipe d’archéologues amateurs a découvert dans les dunes côtières de la commune de Mimizan (Landes) un ensemble mégalithique étonnant. C’est au milieu du massif dunaire, après une des tempêtes hivernales caractéristiques de cette partie du golfe de Gascogne, qu’un groupe de chercheurs emmenés par l’archéologue Pierre Labedun s’est aperçu que l’action conjuguée du vent et des abondantes précipitations avait dévoilé un édifice jusque là non visible en raison de l’imposante couche de sable. Après plusieurs semaines de labeur, l’intégralité du mégalithe a été dégagée laissant apparaître un assemblage remarquable de blocs de pierre formant une sorte d’allée couverte.

D’orientation ouest-est, l’entrée du couloir se trouve côté océan. A l’opposé, au fond de l’édifice, une salle de petite taille se trouve presque complètement plongée dans l’obscurité. Pierre Labedun, qui prépare actuellement une publication sur cette découverte, nous apporte son interprétation : « Il est évident que nous ne sommes pas là en présence d’un dolmen ou d’une allée couverte liée au besoin de protéger un espace funéraire. Nous avons mis en évidence lors de la fouille de la salle côté est, la présence d’armatures de silex finement taillées issues de harpons. L’océan à l’époque de l’édification du monument, il y 5000 ans, était beaucoup plus proche qu’aujourd’hui dans cette zone, les vagues venaient lécher le bas de la dune juste devant. Cette structure est à la fois liée au culte de l’océan et probablement à une pratique archaïque du surf casting. » Les archéologues régionaux interrogés à ce sujet ne partagent pas tous cette interprétation et accusent le chercheur de surinterpréter ce qui ne serait qu’un dolmen comme il y en a tant dans l’ouest français. A peine décontenancé et dénonçant des querelles partisanes, Pierre Labedun estime être humble devant les données du terrain. Il va plus loin : « Quand on voit le succès du surf casting aujourd’hui et de la pêche en général depuis des siècles dans cette partie du sud-ouest, il est évident que c’est une pratique clairement inscrite dans l’inconscient collectif des Landais, voire même inscrite dans leur patrimoine génétique. Cela ne peut que constituer une réminiscence de pratiques préhistoriques. » A l’appui de son hypothèse audacieuse, le chercheur a livré un scoop : la découverte d’une gravure ornant le plafond de la salle est de l’édifice, peu équivoque et peu suspecte de surinterprétation. Pierre Labedun conclut : « Il y a fort à parier qu’il s’agissait d’une pêche saisonnière, pratiquée exclusivement lors de la remontée d’une variété disparue de poisson, la louvine bobarde, qui venait frayer au tout début du mois d’avril sur la côte landaise. »

Des fouilles archéologiques sont actuellement menées par la société Eveha à Mont de Marsan (Landes). Un des enjeux est de comprendre l’implantation de la trame urbaine de la ville à la fin du Moyen Age, au moment où l’habitat longtemps cantonné à la zone de confluence, noyau primitif du castelnau, déborde sur la rive gauche de la Midouze. Le quotidien Sud Ouest revient ce jour sur les premiers résultats (source : http://www.sudouest.fr/2017/02/22/le-moyen-age-resurgit-dans-la-rue-de-la-gourotteune-sauvegarde-par-l-etude-3218596-3452.php) :

Mont-de-Marsan : le Moyen Âge resurgit dans la rue de la Gourotte

Publié le par Yoann Boffo.
Mont-de-Marsan : le Moyen Âge resurgit dans la rue de la Gourotte
Une équipe de six archéologues cherche à dater précisément l’occupation de la rive sud de la Midouze.

pascal bats / « sud ouest »

Avant l’arrivée de la nouvelle résidence, une équipe d’archéologues fouille dans le passé des lieux

Les deux pieds plantés dans la gadoue, le grattoir à la main, six archéologues du bureau d’études privé Éveha raclent le passé. Patiemment, les couches de terre laissent apparaître un mur ici, un puits là-bas.

>> En images. Mont-de-Marsan : des fouilles archéologiques en plein centre-ville

Ils disposent de cinq semaines avant le début des travaux de construction des 20 logements de la nouvelle résidence Les Arceaux (lire aussi ci-contre). Avec un mystère à éclaircir : de quand date exactement l’installation des Montois sur cette rive de la Midouze ? « Il y a déjà eu beaucoup de fouilles sur le bras de terre entre les deux rivières, la zone urbaine d’origine. Au sud, c’est presque la première fois, explique Olivier Ferullo, ingénieur à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). On espère comprendre comment ça a commencé. » Comment et pourquoi des habitants du XIVe siècle se sont-ils installés à cet endroit ?

De la pelleteuse à la truelle

Les fouilles ont démarré la semaine dernière. Des engins de chantier ont d’abord « décapé » le niveau contemporain, pour faire resurgir le passé. L’œil de l’archéologue stoppe les machines. Pas besoin de chercher très profond. « 30 centimètres à peine en-dessous du niveau actuel, on retrouve des vestiges maçonnés ou en creux. Des murs ou des trous ayant servi à planter des poteaux, par exemple », explique Céline Michel Gazeau, responsable de l’opération pour Éveha. Des indications précieuses pour tenter de reconstituer les plans des édifices d’autrefois, comprendre leur fonction et, peut-être, tenter de leur donner une date.

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Démarre alors un travail plus manuel. Les instruments se font plus fins. Il s’agit de dégager les constructions repérées et, éventuellement, de mettre à jour des objets, des ossements d’animaux, ou des restes de grains. « On ne travaille pas, non plus, au pinceau. Plutôt à la pelle ou à la pioche », explique Céline Michel Gazeau. « C’est finalement un travail de jardinier, illustre Jean-Luc Piot, d’Éveha. On jardine l’histoire. »

Il s’agit d’engranger un maximum de données. « Tout ce qui peut donner des indications de temps est prélevé. Le contexte de la découverte nous intéresse plus que l’objet en lui-même. Il en dit souvent davantage », explique Céline Michel Gazeau. Le but est de comprendre, pas de remplir des musées. « On procède aussi à des relevés topographiques pour comprendre l’organisation de l’espace et voir comment les bâtiments ont pu évoluer au fil des époques », poursuit-elle. Tout est numéroté, emballé dans des sachets en plastique et expédié auprès de spécialistes pour analyse.

Travail de long terme

Démarre alors la partie immergée de l’iceberg : le travail d’interprétation. Après les fouilles, les découvertes sont confrontées aux archives. En l’occurrence, le règlement de police édicté par Mont-de-Marsan au XIVe siècle pourrait donner des indications. « Il interdisait, notamment, de jeter les déchets dans les rues. Donc les gens de l’époque le faisaient. Comment ont-ils réagi ? Va-t-on retrouver des déchets dans les arrière-cours ? », se demande Jean-Luc Piot.

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Les travaux actuels viendront confirmer ou infirmer les hypothèses émises lors de fouilles plus anciennes et seront commentés par le reste de la communauté scientifique. « Pour l’instant, on pense trouver des vestiges du Moyen Âge. Mais qui sait ? Peut-être trouvera-t-on des traces plus anciennes. Là, on ferait évoluer la recherche », indique Céline Michel Gazeau.

Les informations surgies du passé peuvent aussi aider à penser la ville du présent. « Comment intégrer l’ancien au milieu de nos constructions contemporaines ? Comment vivre mieux dans la ville ?, liste Jean-Luc Piot. Tirer les leçons du passé peut fournir des éléments de réponse. » Les Montois du Moyen Âge ont encore beaucoup à nous apprendre.

Une sauvegarde par l’étude

Le déclenchement de fouilles archéologiques avant un chantier est décidé par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). « Plusieurs zones d’intérêt archéologique sont définies à Mont-de-Marsan. On sait que ce quartier a été fondé au Moyen Âge. Lorsque le projet d’aménagement de la résidence a été déposé, en 2013, il a fait l’objet d’un dossier à la Drac », fait savoir Olivier Ferullo, ingénieur à la Drac.

Première étape : sonder le sol. Vérifier qu’il y a bien quelque chose à étudier, à quelle profondeur et dans quel état de conservation. « Si ce diagnostic est positif et après l’obtention du permis de construire, on lance les fouilles. » Une fois les cinq semaines de recherche écoulées, les archéologues sont contraints de laisser la place au chantier. « On recouvre avec précaution, on aplanit », détaille Céline Michel Gazeau. C’est le principe de la sauvegarde par l’étude. « On accepte des destructions, mais on garde la mémoire », explique Jean-Luc Piot. Les murs du Moyen Âge ne seront plus visibles, mais dans un siècle, les archéologues du futur sauront toujours qu’ils sont là, dessous.

 

Le quotidien Sud Ouest dresse un petit bilan des activités du service archéologique de Bordeaux Métropole (source : http://www.sudouest.fr/2016/10/26/sous-les-paves-les-siecles-2547557-2760.php) :

Bordeaux : les fouilles archéologiques révèlent l’histoire de la ville

 L’archéologie préventive révèle peu à peu de nouveaux pans de l’histoire de Bordeaux et de son agglomération. Les défunts mérovingiens ont la vedette

Les six tombes mérovingiennes mies au jour récemment près de l’église Sainte-Croix, sur la place du même nom à Bordeaux, sont probablement la dernière découverte de 2016 pour le centre d’archéologie préventive de la Métropole. Sauf urgence fortuite, et c’était le cas pour ce chantier né de la simple pose d’une borne d’accès automatique de voirie.

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Christophe Sireix et Juliette Masson devant un morceau de sarcophage de Sainte-Croix. ©Philippe Taris

« Nous avons conduit cette année 17 ou 18 opérations, dont des sauvetages d’urgence comme rue Jacques-d’Welles », compte Christophe Sireix, l’archéologue qui dirige ce service créé il y a trois ans par l’ex-CUB, et rattaché à la Direction des bâtiments de Bordeaux Métropole.

Où a-t-on cherché ? À 60 % à Bordeaux et à 40 % dans les autres communes, indique M. Sireix. Dans le XVIe siècle protestant place du Prêche à Bègles. À Gradignan, pour de premiers sondages sur la place Bernard-Roumégoux en projet de rénovation radicale, suffisamment intéressants pour annoncer peut-être de futures fouilles plus approfondies, là où était l’église des origines, sous le sanctuaire actuel.

Le Centre d’archéologie a ouvert des lucarnes sur le passé gallo-romain à Carbon-Blanc, quai de la Souys à Floirac. Et bien sûr place Gambetta à Bordeaux l’été dernier, où les archéologues ont remonté le temps jusqu’à ce qui pourrait être un édifice monumental au point culminant de Burdigala.

Mais on n’en verra sans doute pas plus, sauf prescription contraire du ministère de la Culture, dans la mesure où les aménagements de voirie prévus ne nécessitent pas semble-t-il de fondations importantes.

Le Centre d’archéologie préventive a aussi exhumé un très important matériel industriel rue de la Faïencerie à Bordeaux sur le site des ex-établissements Vieillard. Ou confirmé in-situ les plans archivés du fort Saint-Louis et des abattoirs qui lui ont succédé sous la place André-Meunier avant d’être rasés en 1940.

Il y a aussi eu des surprises négatives : « Le chantier de la ligne D du tramway n’a presque rien livré. Alors qu’on est juste en lisière de la ville gallo-romaine et médiévale. Pour une raison simple : à l’époque moderne, c’était une zone artisanale très importante, et notamment de carrières, de sablières. Tous les vestiges ont été détruits alors », note Christophe Sireix.

Les cimetières médiévaux

Mais c’est dans le haut Moyen Âge que la moisson des trois années a été la plus féconde : au Vieux-Bourg de Villenave-d’Ornon, à Bruges, à Blanquefort, à Bordeaux, des chantiers ouverts près d’églises ont livré tout un matériel funéraire remontant aux Mérovingiens, (VIIe au IXe siècle de notre ère). Environ 270 sépultures répertoriées. « C’est peut-être la première fois qu’on dispose de vestiges de cette époque à l’échelle de tout un territoire, d’un diocèse. Il existe beaucoup de cimetières de cette époque, en France, mais là, on peut faire une synthèse sur un espace plus vaste, à l’échelle d’un diocèse », expliquent l’anthropologue Hélène Réveillas et la médiéviste Juliette Masson.

Ainsi, l’usage de « logettes » de pierre pour la tête et les pieds des défunts, reliées par du bois, contraste à Bruges avec les sarcophages tout en pierre plus courants.

L’étude des ossements apportera son lot d’information sur l’état physique de nos lointains ancêtres, leurs habitudes funéraires.

Fenêtres refermées

Le paradoxe des archéologues de la Métropole est le suivant : les fenêtres du temps qu’ils ouvrent à la pelle et au pinceau se referment aussitôt, sauf exception. L’objectif étant de permettre la poursuite des chantiers dans le respect de ce qu’il y a dessous. Ce que Christophe Sireix appelle « trouver un terrain d’entente ». La double tutelle de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et de la Métropole garantit en principe l’équilibre. Reste à savoir ce qui se serait passé si un site majeur avait été décelé dans l’emprise du nouveau stade… La question ne s’est pas posée jusqu’ici. Rendez-vous aux prochaines tranchées : ce sera rive droite, sur les lieux des ZAC du Belvédère, de Brazza ou de Bastide-Niel.

de-la-vaisselle-du-xixe-siecle-le-centre-d-archeologie_4181953_1000x500De la vaisselle du XIXe siècle. Le Centre d’archéologie préventive a aussi exhumé un très important matériel industriel rue de la Faïencerie à Bordeaux sur le site des ex-établissements Vieillard, présenté ici par l’archéologue céramologue Valérie Marache. ©Philippe Taris

Peu de français en ont conscience (notamment les amateurs de « militaria » qui pillent les champs de bataille en quête d’objets mortifères à collectionner ou à revendre très cher en faisant fi de toute considération mémorielle et historique), mais le XXe siècle est aussi concerné par la recherche archéologique. Celle-ci a par exemple beaucoup apporté dans la connaissance des tranchées de la première guerre mondiale, que ce soit dans leurs dispositifs défensifs ou dans les aménagements divers destinés à faire vivre la troupe et dans l’équipement de celle-ci.

Des recherches sont actuellement menées à Arcachon, en Gironde, à l’intérieur d’un bunker allemand particulièrement bien conservé de la seconde guerre mondiale. (source : http://www.sudouest.fr/2016/08/15/arcachon-premieres-fouilles-dans-le-bunker-enterre-2468195-2733.php)

Arcachon : premières fouilles dans le bunker enterré

Découvert en 2015, le bunker d'Arcachon abritait un central téléphonique.
Découvert en 2015, le bunker d’Arcachon abritait un central téléphonique. ©

franck perrogon

Le Gramasa a débuté, ce lundi matin, des fouilles archéologiques dans le bunker enterré, sous le parking de l’office de tourisme

Des fouilles archéologiques ont commencé, ce lundi matin, dans le bunker souterrain, construit en 1943 au moment de l’édification du Mur de l’Atlantique, et découvert l’an dernier sous le parking de l’office de tourisme d’Arcachon.

Ce premier chantier de fouilles doit durer une semaine.© Photo franck perrogon

Les fouilles ont été confiées au Gramasa (groupe de recherches archéologiques sur le mur de l’Atlantique secteur arcachon), présidé par Marc Mentel.

Un central téléphonique

Ce lundi matin, Marc Mentel et des membres de l’association ont commencé à déblayer le sable qui avait été déversé dans le bunker, en 1946 lorsque la partie qui dépassait du sol a été arasée.

Marc Mentel, président du Gramasa© Photo franck perrogon

Ce bunker, qui s’étend sur une surface de 200 m2, d’une profondeur de 4 mètres, comprend une pièce principale et divers couloirs et espace dont l’un accueillait un générateur.

Le bunker souterrain a été construit par les Allemands en 1943.© Photo franck perrogon

Ce bunker abritait un central téléphonique pour assurer la communication entre les différents états majors du secteur, en cas de bombardement. Neuf militaires pouvaient loger dans ce bunker, comme le prouvent les lits en fer superposés qui y sont toujours.

Neuf militaires pouvaient loger dans ce bunker.© Photo franck perrogon

Ce premier chantier de fouilles, décidé par le service régional de l’archéologie de la DRAC (direction régionale des affaires culturelles), doit durer une semaine. Pour Marc Mentel, ce « blokhaus est un marqueur tangible de l’histoire locale du mur de l’Atlantique et plus généralement de la Seconde Guerre mondiale ». Ces fouilles doivent  » permettre de comprendre son histoire et celle d’autres blokhaus où subsistent moins d’éléments ».

Du sable déversé en sur le bunker en 1946 l’a fait disparaître.© Photo franck perrogon

Il reviendra, à terme, à la municipalité d’Arcachon de décider ce qu’elle souhaite faire de ce bunker, qui pourrait très bien être ouvert au public.

 

Source : http://www.sudouest.fr/2016/07/27/les-vestiges-des-remparts-a-nouveau-deshabilles-2448192-2780.php

Bordeaux : sous la place André-Meunier, un ancien fort et des galeries souterraines

Les vestiges apparaissent à 30 cm de profondeur. Il faudra donc enfouir les réseaux d’eau entre les pierres, au niveau des fossés et de la limite extérieure de la muraille Fort-Louis.
Les vestiges apparaissent à 30 cm de profondeur. Il faudra donc enfouir les réseaux d’eau entre les pierres, au niveau des fossés et de la limite extérieure de la muraille Fort-Louis. ©

photo claude petit

La place André-Meunier fait, en ce moment, l’objet d’un nouveau dépoussiérage archéologique. Ultimes fouilles préventives et révision d’histoire avant l’aménagement du parc.

Depuis une semaine et jusqu’au 5 août, la pelleteuse des espaces verts écaille doucement la surface du sol de la place André-Meunier, tandis que les archéologues du service de fouilles préventives de Bordeaux Métropole, déshabillent doucement la pierre et font parler l’histoire. Encore, a-t-on envie de dire. Oui, encore, car la place André-Meunier a déjà été « fouillée » cinq fois depuis 1998…

Un acharnement qui n’en est pas un et qu’explique David Hourcade, archéologue et responsable du service. « En 1998, il y a eu des sondages réalisés par le service régional de l’archéologie dans le cadre du projet du parking. En 2001, rebelote, cette fois pour la construction de l’IUT, puis en 2012 pour le projet du gymnase Aliénor. En 2015, c’est une surveillance archéologique qui est programmée dans le cadre d’un chantier concernant le système d‘évacuation des eaux usées. Enfin, en novembre dernier, un diagnostic archéologique était ordonné en vue du projet de réaménagement du parc de la place André-Meunier porté par la Ville de Bordeaux. »

Mélange des genres

Des microsondages alors réalisés par le service de David Hourcade qui ont permis de « repérer de manière plus précise les endroits où des vestiges étaient présents. Nous avons pu élaborer un plan avec les cotes d’apparition. » Mais au fait de quels vestiges parle-t-on ? Visiblement, les dessous de la place ne se lisent pas à l’œil nu car plusieurs ouvrages datant de différentes périodes se superposent.

David Hourcade en avait connaissance mais les nouvelles fouilles préventives qu’il a débutées cet été avec son équipe confirment les successifs chapitres historiques. Plans récupérés aux archives à la main, l’archéologue retrace la chronologie du site. Point de départ (visible) : la muraille du XIVe siècle dont la porte avait été prolongée par une barbacane comprenant une tour défensive de 13 mètres de diamètre. « Ensuite au XVIe, on parle du bastion des Anglais avec une pièce défensive très rare, à savoir une enceinte en forme de pointe de diamant. Puis au XVIIe, après la fronde ratée des aristos, Louis XIV décide alors de doter les principales villes de France dont Bordeaux de forts. C’est ainsi que la ville voit se construire le château Trompette et ici, sur la place André-Meunier, le Fort-Louis, dont une partie des canons était dirigée vers l’intérieur ! »

Pour voir l’historique et une illustration du Fort-Louis, c’est ici, sur le blog ds étudiants de l’IJBA.

Du fort, il ne reste qu’une partie du rempart et les fondations de la tour du XIVe… sous la terre. Rempart mis à nu par les archéologues en ce moment sur un espace découvert de 80 m². Mais d’autres vestiges y semblent imbriqués. « Oui, ce sont les abattoirs municipaux. En 1820, on fait table rase de l’ancien temps et donc du fort pour construire une ville nouvelle. Les pierres des fortifications sont jetées dans les fossés longeant les remparts. En 1831, les abattoirs sortent de terre. Un siècle plus tard, en 1940, ils seront détruits et une batterie antiaérienne allemande sera installée sur la place. »

Les galeries de l’occupant

Et le spécialiste de glisser que cette superposition d’époques a offert aux hommes et femmes du terrain, une surprise, en ce début de semaine. « Ici, dans le rempart a été construit l’abattoir et plus particulièrement sur cet emplacement, la machinerie hydraulique. Dessous, par une petite ouverture, nous avons découvert une salle voûtée, ancienne citerne de cette machinerie. Et tout autour ? Il nous faut le vérifier mais nous pensons que nous sommes en présence de galeries souterraines datant… de la Deuxième Guerre mondiale ! »

Quelles que soient les vérifications historiques, les fouilles préventives, elles n’iront pas plus loin. « L’État est arrivé au bout de ce qu’il pouvait faire sur ce chantier : en novembre, nous avons déterminé un plan de cotes d’apparition des vestiges et aujourd’hui, nous sommes là pour indiquer de manière précise au maître d’ouvrage où il pourra enfouir les réseaux d’eau à 1 m 30 de profondeur sans toucher à la pierre. A priori, c’est impossible puisque ces pierres effleurent à peine 30 ou 60 cm de profondeur. Mais il reste des lignes libres qui ne sont autres que les limites des murailles au pied desquelles, on peut s’engager en profondeur. Et c’est bel et bien là que les réseaux devront prendre place. »