Les prochaines Journées Nationales de l’Archéologie auront lieu les 17 et 18 juin prochains. Rendez-vous incontournable des passionnés d’archéologie, c’est l’occasion de partir à la rencontre de chercheurs, de visiter des sites ou d’assister à des conférences.

Depuis près d’un an, la directrice du Musée de Borda (Dax), Laëtitia Rodriguez, a rassemblé une solide équipe d’archéologues, issus aussi bien de l’archéologie préventive, que de l’université ou du milieu associatif. Plusieurs réunions ont eu lieu afin de mettre au point une programmation inédite pour les JNA. Le but : montrer que la question du peuplement ancien de Dax et de sa périphérie a été complètement renouvelée depuis 1986, année où fut produit le Plan d’Occupation des Sols Historique et Archéologique (POSHA) de la ville. Sans doute assistons-nous ici à la première étape d’un futur Atlas historique de Dax. Rappelons que celui de Mont-de-Marsan est en voie d’achèvement et devrait sortir entre fin 2017 et début 2018.

Voici donc en exclusivité le programme de ce moment exceptionnel :

Des recherches actuellement menées dans la vallée de la Garonne révolutionnent notre vision du fleuve (source : http://www.sudouest.fr/2017/04/29/la-quete-des-ports-perdus-3404990-2939.php?xtcr=3) :

Gironde : la quête des ports perdus

Publié le par GAËLLE RICHARD.
Gironde : la quête des ports perdus
Anne Colin, maître de conférence en archéologie à l’Université Bordeaux-Montaigne : « On se rend compte à quel point l’activité humaine a modifié le fleuve »

photo Laurent Theillet

Une équipe de chercheurs travaille sur l’impact de l’homme sur le fleuve. Elle a trouvé des ports disparus et a pu dater le premier mascaret à Cadillac.

Un port médiéval dans le bourg de Latresne totalement inconnu au bataillon, le mascaret qui n’existait pas à Cadillac ou des navires coulés à Portets… Ils dénichent des trouvailles surprenantes. Une quinzaine de chercheurs de l’Université Bordeaux-Montaigne et du CNRS, réunis au sein de l’Institut Ausonius, se sont lancés depuis six mois dans l’étude de l’impact de l’homme sur le fleuve.

Leur projet, Portage (Ports et aménagements fluviaux de la Garonne et de l’estuaire) se donne pour objectif de comprendre comment la construction des ports, cales, remblais, etc., a influé sur le milieu naturel. Ce travail a été mis en place pour répondre à un appel à projet de la région Nouvelle Aquitaine pour étudier les processus de construction des paysages fluvio-maritimes à travers les espaces portuaires depuis l’Antiquité jusqu’au XXe siècle. Vaste programme que les chercheurs étudient depuis quinze ans (lire encadré) mais jamais sous cet angle.

Bateaux coulés et procès

Anne Colin est chef du projet Portage. Vincent Joineau est chercheur post-doctorant en archéologie fluviale et industrielle. Leurs collègues proviennent de Bordeaux mais aussi de Toulouse, La Rochelle et de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles). Ils partent de questions précises et localisées et tente d’y répondre grâce à l’arsenal de leurs méthodes de recherches. Comment se fait-il, par exemple, qu’à Langoiran et à L’Isle-Saint-Georges, on retrouve des traces de structures portuaires à 1,5 km du fleuve ? « Quand on remonte le temps, on se rend compte que les paysages ont changé, explique Vincent Joineau. La bathymétrie (mesure de la profondeur et des reliefs des cours d’eau et océans, NDLR) est différente. À certains endroits, l’eau pénétrait autrefois plus loin dans les terres. »

À Latresne, il existe, quelque part enfoui, un ancien port au beau milieu du bourg. Pourtant, aucune trace n’en laisse supposer l’existence. Il existait trois ports en bord de Garonne sur la commune, mais celui-ci serait situé dans le village. « J’ai retrouvé, assure Vincent Joineau, un plan du XIXe siècle qui me permettra de le localiser. Pour cela, je suis en train de recouper plusieurs documents médiévaux. Il s’agissait d’un port au fond d’un estey (un ruisseau) qui servait de refuge mais il y avait visiblement une petite activité. »

Non loin de là, à Portets, le quadragénaire a découvert des épaves de bateaux délibérément coulés par les paysans au XVIe siècle. « J’ai trouvé des plans du XVIIIe siècle aux Archives départementales, explique-t-il, qui me permettent de comprendre que les paysans ont fait sombrer des navires pour fermer le chenal afin que l’île devant Portets finisse par être rattachée à la terre ferme. Cela augmentait la surface agricole utilisable. Ainsi, la propriété desdites terres passait du roi à la communauté villageoise. » Malin, mais le pouvoir royal ne l’a pas entendu de cette oreille et les a poursuivis en justice. Le procès s’est déroulé sur 400 ans !

Le chenal en question

« J’ignore encore l’endroit précis où se trouvent les épaves. Des analyses géomorphologiques me permettraient de déterminer un périmètre, précise le chercheur. En revanche, à Preignac et Paillet, je peux localiser quatre bateaux à 50 m près car j’ai les plans du XVIIIe siècle. »

L’Institut Ausonius a en outre pu dater le tout premier mascaret apparu à Cadillac. « D’après les archives de Ponts et Chaussées, annonce Anne Colin, la première fois que ce phénomène a été observé à Cadillac c’était en 1893. Pas avant. Jamais en amont de Rions. Il y avait un seuil rocheux et des îles à cet endroit. C’était d’ailleurs l’enfer des marins, les vagues de l’océan venaient casser sur ces hauts-fonds. Mais à partir de 1840, l’homme a commencé à draguer pour réaliser le chenal de navigation. Il a créé une sorte d’autoroute pour l’eau. Les vagues ont alors pu s’engouffrer dedans et l’on a vu le mascaret à Cadillac. »

Les chercheurs utilisent trois techniques : les archives, le travail de terrain (prospection par bateau, fouilles archéologiques et géomorphologie) et images laser aéroportées ou satellite.

« On se rend compte à quel point l’impact humain a modifié le paysage jusqu’en Lot-et-Garonne, s’enthousiasme Anne Colin. Entre 1905 et 2017, de Langon au bec d’Ambès, le lit de la rivière a baissé de 2 à 10 mètres. La largeur de la rivière a diminué mais le tirant d’eau des bateaux est plus important. En 1830, les berges de la Garonne étaient en pentes douces. Aujourd’hui, ce sont des berges abruptes qui s’effondrent. »

Au cœur de cette situation dans la partie de Garonne entre Bordeaux et Agen : le dragage du chenal. « Je ne me doutais pas de l’ampleur du phénomène en 150 ans. Le but était d’améliorer la navigation mais elle a vite été concurrencée et dépassée par le chemin de fer. » Vincent Joineau rajoute : « Cela a tout de même stimulé le trafic et donné naissance aux Chantiers Tramasset, à Langoiran. Mais l’activité des nombreux chantiers navals sur la Garonne a été mise à mal par la Première guerre mondiale. En somme, les travaux de chenalisation n’ont servi réellement que pour une cinquantaine d’années. »

Les chercheurs sont à la recherche de témoignages ou archives qui pourraient faire avancer leurs recherches.

Incroyable découverte révélée seulement aujourd’hui (source : dépêche APF : https://www.afp.com/fr/infos/334/un-megalithe-inedit-mis-au-jour-dans-les-landes) :

Un mégalithe inédit mis au jour dans les Landes.

APF_France_Nouvelle Aquitaine_Samedi 1er Avril 2017 (mis à jour à 13h15)

Une équipe d’archéologues amateurs a découvert dans les dunes côtières de la commune de Mimizan (Landes) un ensemble mégalithique étonnant. C’est au milieu du massif dunaire, après une des tempêtes hivernales caractéristiques de cette partie du golfe de Gascogne, qu’un groupe de chercheurs emmenés par l’archéologue Pierre Labedun s’est aperçu que l’action conjuguée du vent et des abondantes précipitations avait dévoilé un édifice jusque là non visible en raison de l’imposante couche de sable. Après plusieurs semaines de labeur, l’intégralité du mégalithe a été dégagée laissant apparaître un assemblage remarquable de blocs de pierre formant une sorte d’allée couverte.

D’orientation ouest-est, l’entrée du couloir se trouve côté océan. A l’opposé, au fond de l’édifice, une salle de petite taille se trouve presque complètement plongée dans l’obscurité. Pierre Labedun, qui prépare actuellement une publication sur cette découverte, nous apporte son interprétation : « Il est évident que nous ne sommes pas là en présence d’un dolmen ou d’une allée couverte liée au besoin de protéger un espace funéraire. Nous avons mis en évidence lors de la fouille de la salle côté est, la présence d’armatures de silex finement taillées issues de harpons. L’océan à l’époque de l’édification du monument, il y 5000 ans, était beaucoup plus proche qu’aujourd’hui dans cette zone, les vagues venaient lécher le bas de la dune juste devant. Cette structure est à la fois liée au culte de l’océan et probablement à une pratique archaïque du surf casting. » Les archéologues régionaux interrogés à ce sujet ne partagent pas tous cette interprétation et accusent le chercheur de surinterpréter ce qui ne serait qu’un dolmen comme il y en a tant dans l’ouest français. A peine décontenancé et dénonçant des querelles partisanes, Pierre Labedun estime être humble devant les données du terrain. Il va plus loin : « Quand on voit le succès du surf casting aujourd’hui et de la pêche en général depuis des siècles dans cette partie du sud-ouest, il est évident que c’est une pratique clairement inscrite dans l’inconscient collectif des Landais, voire même inscrite dans leur patrimoine génétique. Cela ne peut que constituer une réminiscence de pratiques préhistoriques. » A l’appui de son hypothèse audacieuse, le chercheur a livré un scoop : la découverte d’une gravure ornant le plafond de la salle est de l’édifice, peu équivoque et peu suspecte de surinterprétation. Pierre Labedun conclut : « Il y a fort à parier qu’il s’agissait d’une pêche saisonnière, pratiquée exclusivement lors de la remontée d’une variété disparue de poisson, la louvine bobarde, qui venait frayer au tout début du mois d’avril sur la côte landaise. »

Des fouilles archéologiques sont actuellement menées par la société Eveha à Mont de Marsan (Landes). Un des enjeux est de comprendre l’implantation de la trame urbaine de la ville à la fin du Moyen Age, au moment où l’habitat longtemps cantonné à la zone de confluence, noyau primitif du castelnau, déborde sur la rive gauche de la Midouze. Le quotidien Sud Ouest revient ce jour sur les premiers résultats (source : http://www.sudouest.fr/2017/02/22/le-moyen-age-resurgit-dans-la-rue-de-la-gourotteune-sauvegarde-par-l-etude-3218596-3452.php) :

Mont-de-Marsan : le Moyen Âge resurgit dans la rue de la Gourotte

Publié le par Yoann Boffo.
Mont-de-Marsan : le Moyen Âge resurgit dans la rue de la Gourotte
Une équipe de six archéologues cherche à dater précisément l’occupation de la rive sud de la Midouze.

pascal bats / « sud ouest »

Avant l’arrivée de la nouvelle résidence, une équipe d’archéologues fouille dans le passé des lieux

Les deux pieds plantés dans la gadoue, le grattoir à la main, six archéologues du bureau d’études privé Éveha raclent le passé. Patiemment, les couches de terre laissent apparaître un mur ici, un puits là-bas.

>> En images. Mont-de-Marsan : des fouilles archéologiques en plein centre-ville

Ils disposent de cinq semaines avant le début des travaux de construction des 20 logements de la nouvelle résidence Les Arceaux (lire aussi ci-contre). Avec un mystère à éclaircir : de quand date exactement l’installation des Montois sur cette rive de la Midouze ? « Il y a déjà eu beaucoup de fouilles sur le bras de terre entre les deux rivières, la zone urbaine d’origine. Au sud, c’est presque la première fois, explique Olivier Ferullo, ingénieur à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). On espère comprendre comment ça a commencé. » Comment et pourquoi des habitants du XIVe siècle se sont-ils installés à cet endroit ?

De la pelleteuse à la truelle

Les fouilles ont démarré la semaine dernière. Des engins de chantier ont d’abord « décapé » le niveau contemporain, pour faire resurgir le passé. L’œil de l’archéologue stoppe les machines. Pas besoin de chercher très profond. « 30 centimètres à peine en-dessous du niveau actuel, on retrouve des vestiges maçonnés ou en creux. Des murs ou des trous ayant servi à planter des poteaux, par exemple », explique Céline Michel Gazeau, responsable de l’opération pour Éveha. Des indications précieuses pour tenter de reconstituer les plans des édifices d’autrefois, comprendre leur fonction et, peut-être, tenter de leur donner une date.

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Démarre alors un travail plus manuel. Les instruments se font plus fins. Il s’agit de dégager les constructions repérées et, éventuellement, de mettre à jour des objets, des ossements d’animaux, ou des restes de grains. « On ne travaille pas, non plus, au pinceau. Plutôt à la pelle ou à la pioche », explique Céline Michel Gazeau. « C’est finalement un travail de jardinier, illustre Jean-Luc Piot, d’Éveha. On jardine l’histoire. »

Il s’agit d’engranger un maximum de données. « Tout ce qui peut donner des indications de temps est prélevé. Le contexte de la découverte nous intéresse plus que l’objet en lui-même. Il en dit souvent davantage », explique Céline Michel Gazeau. Le but est de comprendre, pas de remplir des musées. « On procède aussi à des relevés topographiques pour comprendre l’organisation de l’espace et voir comment les bâtiments ont pu évoluer au fil des époques », poursuit-elle. Tout est numéroté, emballé dans des sachets en plastique et expédié auprès de spécialistes pour analyse.

Travail de long terme

Démarre alors la partie immergée de l’iceberg : le travail d’interprétation. Après les fouilles, les découvertes sont confrontées aux archives. En l’occurrence, le règlement de police édicté par Mont-de-Marsan au XIVe siècle pourrait donner des indications. « Il interdisait, notamment, de jeter les déchets dans les rues. Donc les gens de l’époque le faisaient. Comment ont-ils réagi ? Va-t-on retrouver des déchets dans les arrière-cours ? », se demande Jean-Luc Piot.

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Les travaux actuels viendront confirmer ou infirmer les hypothèses émises lors de fouilles plus anciennes et seront commentés par le reste de la communauté scientifique. « Pour l’instant, on pense trouver des vestiges du Moyen Âge. Mais qui sait ? Peut-être trouvera-t-on des traces plus anciennes. Là, on ferait évoluer la recherche », indique Céline Michel Gazeau.

Les informations surgies du passé peuvent aussi aider à penser la ville du présent. « Comment intégrer l’ancien au milieu de nos constructions contemporaines ? Comment vivre mieux dans la ville ?, liste Jean-Luc Piot. Tirer les leçons du passé peut fournir des éléments de réponse. » Les Montois du Moyen Âge ont encore beaucoup à nous apprendre.

Une sauvegarde par l’étude

Le déclenchement de fouilles archéologiques avant un chantier est décidé par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). « Plusieurs zones d’intérêt archéologique sont définies à Mont-de-Marsan. On sait que ce quartier a été fondé au Moyen Âge. Lorsque le projet d’aménagement de la résidence a été déposé, en 2013, il a fait l’objet d’un dossier à la Drac », fait savoir Olivier Ferullo, ingénieur à la Drac.

Première étape : sonder le sol. Vérifier qu’il y a bien quelque chose à étudier, à quelle profondeur et dans quel état de conservation. « Si ce diagnostic est positif et après l’obtention du permis de construire, on lance les fouilles. » Une fois les cinq semaines de recherche écoulées, les archéologues sont contraints de laisser la place au chantier. « On recouvre avec précaution, on aplanit », détaille Céline Michel Gazeau. C’est le principe de la sauvegarde par l’étude. « On accepte des destructions, mais on garde la mémoire », explique Jean-Luc Piot. Les murs du Moyen Âge ne seront plus visibles, mais dans un siècle, les archéologues du futur sauront toujours qu’ils sont là, dessous.

 

Le quotidien Sud Ouest dresse un petit bilan des activités du service archéologique de Bordeaux Métropole (source : http://www.sudouest.fr/2016/10/26/sous-les-paves-les-siecles-2547557-2760.php) :

Bordeaux : les fouilles archéologiques révèlent l’histoire de la ville

 L’archéologie préventive révèle peu à peu de nouveaux pans de l’histoire de Bordeaux et de son agglomération. Les défunts mérovingiens ont la vedette

Les six tombes mérovingiennes mies au jour récemment près de l’église Sainte-Croix, sur la place du même nom à Bordeaux, sont probablement la dernière découverte de 2016 pour le centre d’archéologie préventive de la Métropole. Sauf urgence fortuite, et c’était le cas pour ce chantier né de la simple pose d’une borne d’accès automatique de voirie.

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Christophe Sireix et Juliette Masson devant un morceau de sarcophage de Sainte-Croix. ©Philippe Taris

« Nous avons conduit cette année 17 ou 18 opérations, dont des sauvetages d’urgence comme rue Jacques-d’Welles », compte Christophe Sireix, l’archéologue qui dirige ce service créé il y a trois ans par l’ex-CUB, et rattaché à la Direction des bâtiments de Bordeaux Métropole.

Où a-t-on cherché ? À 60 % à Bordeaux et à 40 % dans les autres communes, indique M. Sireix. Dans le XVIe siècle protestant place du Prêche à Bègles. À Gradignan, pour de premiers sondages sur la place Bernard-Roumégoux en projet de rénovation radicale, suffisamment intéressants pour annoncer peut-être de futures fouilles plus approfondies, là où était l’église des origines, sous le sanctuaire actuel.

Le Centre d’archéologie a ouvert des lucarnes sur le passé gallo-romain à Carbon-Blanc, quai de la Souys à Floirac. Et bien sûr place Gambetta à Bordeaux l’été dernier, où les archéologues ont remonté le temps jusqu’à ce qui pourrait être un édifice monumental au point culminant de Burdigala.

Mais on n’en verra sans doute pas plus, sauf prescription contraire du ministère de la Culture, dans la mesure où les aménagements de voirie prévus ne nécessitent pas semble-t-il de fondations importantes.

Le Centre d’archéologie préventive a aussi exhumé un très important matériel industriel rue de la Faïencerie à Bordeaux sur le site des ex-établissements Vieillard. Ou confirmé in-situ les plans archivés du fort Saint-Louis et des abattoirs qui lui ont succédé sous la place André-Meunier avant d’être rasés en 1940.

Il y a aussi eu des surprises négatives : « Le chantier de la ligne D du tramway n’a presque rien livré. Alors qu’on est juste en lisière de la ville gallo-romaine et médiévale. Pour une raison simple : à l’époque moderne, c’était une zone artisanale très importante, et notamment de carrières, de sablières. Tous les vestiges ont été détruits alors », note Christophe Sireix.

Les cimetières médiévaux

Mais c’est dans le haut Moyen Âge que la moisson des trois années a été la plus féconde : au Vieux-Bourg de Villenave-d’Ornon, à Bruges, à Blanquefort, à Bordeaux, des chantiers ouverts près d’églises ont livré tout un matériel funéraire remontant aux Mérovingiens, (VIIe au IXe siècle de notre ère). Environ 270 sépultures répertoriées. « C’est peut-être la première fois qu’on dispose de vestiges de cette époque à l’échelle de tout un territoire, d’un diocèse. Il existe beaucoup de cimetières de cette époque, en France, mais là, on peut faire une synthèse sur un espace plus vaste, à l’échelle d’un diocèse », expliquent l’anthropologue Hélène Réveillas et la médiéviste Juliette Masson.

Ainsi, l’usage de « logettes » de pierre pour la tête et les pieds des défunts, reliées par du bois, contraste à Bruges avec les sarcophages tout en pierre plus courants.

L’étude des ossements apportera son lot d’information sur l’état physique de nos lointains ancêtres, leurs habitudes funéraires.

Fenêtres refermées

Le paradoxe des archéologues de la Métropole est le suivant : les fenêtres du temps qu’ils ouvrent à la pelle et au pinceau se referment aussitôt, sauf exception. L’objectif étant de permettre la poursuite des chantiers dans le respect de ce qu’il y a dessous. Ce que Christophe Sireix appelle « trouver un terrain d’entente ». La double tutelle de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et de la Métropole garantit en principe l’équilibre. Reste à savoir ce qui se serait passé si un site majeur avait été décelé dans l’emprise du nouveau stade… La question ne s’est pas posée jusqu’ici. Rendez-vous aux prochaines tranchées : ce sera rive droite, sur les lieux des ZAC du Belvédère, de Brazza ou de Bastide-Niel.

de-la-vaisselle-du-xixe-siecle-le-centre-d-archeologie_4181953_1000x500De la vaisselle du XIXe siècle. Le Centre d’archéologie préventive a aussi exhumé un très important matériel industriel rue de la Faïencerie à Bordeaux sur le site des ex-établissements Vieillard, présenté ici par l’archéologue céramologue Valérie Marache. ©Philippe Taris