Je pense qu’il faudra revoir la définition de solin en fin d’article…

Source : http://www.sudouest.fr/2016/04/26/fouilles-des-poteries-medievales-emergent-2341689-3188.php

Fouilles : des poteries médiévales émergent

Le diagnostic archéologique opéré en juillet 2014 sur le site de la future résidence La Jurade avait démontré que ce secteur n’était pas vide à l’époque médiévale.

À partir du mois de janvier, les archéologues du bureau d’investigations Hadès ont procédé à des fouilles. Celles-ci se sont déroulées en deux temps. La première partie concernant le haut de la parcelle a permis de mettre à jour des fosses contenant des poteries de rejet. C’est-à-dire comportant des défauts de cuisson, donc inutilisables.

Des vestiges de fortification, en particulier un large creusement qui pourrait être le fossé, ont également pu être observés. D’autre part, la présence de mobilier domestique, de restes de solins (1), de trous de poteaux laissaient penser que le lieu avait été habité au Moyen Âge. Les archéologues s’attendaient à découvrir des vestiges bien plus intéressants lors de la seconde phase de l’opération.

Des vestiges importants

« Nous avons fait des découvertes importantes. En particulier une voie de communication en prolongement de la rue de la Maréchalerie, qui est inconnu sur le plan de la bastide. De part et d’autre il y avait des habitations. Environ cinq, car nous avons repéré plusieurs fours domestiques. Les lignes charbonneuses peuvent être interprétées comme des supports de fondations. Il y a aussi les restes de solins. Nous avons également mis à jour trois puits, mais seul le puits maçonné est très bien conservé. Ce devait être un puits communal. Et nous avons trouvé un four de potier. Ce qui n’exclut pas qu’il y en ait d’autres sous les propriétés voisines », résume Natacha Sauvaître, la responsable du chantier. Ces vestiges sont importants car ils semblent liés aux origines de la bastide, aux XIVe et XVe siècles. Cet habitat nécessitant des recherches plus approfondies, les fouilles sont prolongées jusqu’au 6 mai.

Patrick Izaute

(1) Un solin est un ouvrage visant à assurer l’étanchéité.

Une bien triste nouvelle relayée par le quotidien Sud Ouest (source : http://www.sudouest.fr/2016/04/23/disparition-annoncee-des-cahiers-medulliens-2339399-3193.php ) :

Disparition annoncée des « Cahiers Médulliens »

Michel Aka et Jean-Pierre Méric devant les « Cahiers Médulliens ».
Michel Aka et Jean-Pierre Méric devant les « Cahiers Médulliens ». ©

Photo M. C.

« Et le combat cessa faute de combattants ». Ces mots de Corneille prononcés par Rodrigue dans « Le Cid » pourraient s’appliquer à Jean-Pierre Méric et Michel Aka, derniers survivants des « Cahiers Médulliens ».

Il s’agit d’une publication semestrielle de la Société archéologique et historique du Médoc qu’ils président. Présents à la Fête du livre de Soulac le week-end dernier, ils s’apprêtent à jeter l’éponge après l’édition de 55 numéros de l’ancienne formule créée en 1969, et 64 sous la nouvelle formule. Sans compter les numéros spéciaux et les petites monographies.

À leur naissance, les « Cahiers Médulliens » étaient destinés à publier les découvertes archéologiques de Saint-Yzans. Aujourd’hui par lassitude et faute de contributeurs rédactionnels, la fin de l’association et de son bulletin est annoncée pour 2017. « S’il n’y a pas de repreneur d’ici là », précisent-ils.

M. C.

Un article paru dans Sud Ouest (source : http://www.sudouest.fr/2016/04/20/la-sorcellerie-sabbatique-n-a-pas-du-tout-existe-2335854-4018.php) annonce la présentation prochain d’un ouvrage prometteur sur la répression subie au Pays Basque au XXe, euh…non, pardon, au XVIIe siècle. 😉

Entre Inquisition et soupçons des autorités publiques vis-à-vis d’un territoire frontalier insaisissable dans sa culture et ses pratiques, l’auteur démêle le vrai du faux pour mieux remettre en cause certaines idées reçues quant à la chasse aux sorcières qui s’est déroulée au début du XVIIe siècle, tant dans les provinces basques du nord que dans celles du sud. A l’instar de ce que répètent régulièrement les mouvements néopaïens ou la Wicca, l’auteur réfute l’existence pour cette période de pratiques démoniaques, la sorcellerie étant avant tout histoire de pratiques de guérison (ou d’envoûtements) mi-magiques, mi-herboristes. La sorcière en basque, « sorgin », serait étymologiquement, d’après le linguiste Michel Morvan dans « Les origines linguistiques de la langue basque » rien de moins que l’accoucheuse, c’est à dire la sage-femme (de « sor » naître et « gin » qui fait). Certains auteurs expliquent également qu’avec l’installation progressive d’une pratique médicale codifiée et masculine dans l’Europe des XVIe-XVIIIe siècles, les médecins se seraient retrouvés en concurrence avec les sorcières et la répression aurait été facilitée par ce climat mi-rationaliste mi-misogyne. L’Inquisition et ses agents monomaniaques (pour ne pas dire complètement déments pour quelques uns) ajoutant  dans le même temps une dose de diableries…

Bref… )O(

L’ouvrage sera présenté samedi 23 avril, de 17 heures à 20 heures, lors d’une conférence à la médiathèque d’Hendaye.

Pays basque : « La sorcellerie sabbatique n’a pas du tout existé »

Beñat Zintzo-Garmendia n’est pas superstitieux. Mais il vaut toujours mieux avoir un peu d’ail pas loin...
Beñat Zintzo-Garmendia n’est pas superstitieux. Mais il vaut toujours mieux avoir un peu d’ail pas loin…
(c)jean-pierre fournes

L’érudit Beñat Zintzo-Garmendia a écrit « Histoire de la “sorcellerie” en Pays basque : les bûchers de l’injustice ». Il présentera son livre samedi à Bayonne et Hendaye

Trente-cinq années de recherches ont abouti à un impressionnant ouvrage de près de 800 pages, intitulé « Histoire de la “sorcellerie” en Pays basque : les bûchers de l’injustice ». C’est l’historien, géographe, anthropologue et ancien enseignant en géopolitique, Beñat Zintzo-Garmendia, qui plonge le lecteur dans des zones (Labourd, Navarre, Logroño, Zugarramurdi) où la « chasse aux sorcières » était devenue une coutume au début du XVIIe siècle.

© Photo DR

À l’invitation de l’association hendayaise Akelarre, Beñat Zintzo-Garmendia présentera son livre pour la première fois, ce samedi 23 avril, de 17 heures à 20 heures, lors d’une conférence à la médiathèque d’Hendaye. Il sera le matin même en dédicace à la librairie de Bayonne Elkar (de 10 h 30 à 13 heures). Son périple l’amènera également à la résidence Mer et Golf, 84 avenue des Mimosas à Hendaye, lundi 25 avril à 17 heures, puis au Musée basque de Bayonne, le mardi 26, de 18 h 30 à 20 heu-res.

« Sud Ouest ». Pourquoi cet attachement très fort au Pays basque et son histoire, vous qui êtes toulousain ?

Beñat Zintzo-Garmendia. J’ai des origines basques très très lointaines. J’ai toujours vécu en région toulousaine, mais je suis tombé dans la culture basque très jeune. À 13 ans, je faisais du folklore basque (j’en fais toujours au sein de l’association toulousaine Eguzki Loreak) et j’ai voulu très rapidement savoir ce que pouvaient représenter ces danses qui me semblaient très bizarres.

On m’a dit que si je voulais comprendre, je n’avais qu’à chercher par moi-même ! Je me suis pris au jeu et quand je suis parti à l’université en faculté d’histoire, je n’avais qu’un objectif, travailler sur le Pays basque. J’ai fait le cycle classique jusqu’à une thèse sur le Nouveau Régime et l’Inquisition au Pays basque.

Cet ouvrage monumental part donc des inquisiteurs ?

Il y a deux parties. Deux chasses aux sorcières distinctes. La première évoque les procès en Labourd avec les juges royaux, qui sont des laïques et qui n’ont rien à voir avec l’Inquisition, ce ne sont pas des ecclésiastiques. Ils sont magistrats du parlement de Bordeaux. C’est eux qui vont laisser la légende noire des sorcières au Pays basque.

Simultanément, il va y avoir des procès de sorcellerie par l’Inquisition de Logroño, qui va juger différemment. Elle va croire, elle aussi, aux sorcières, mais sans envoyer systématiquement au bûcher les personnes accusées de sorcellerie.

« Il y avait beaucoup de délateurs mais jamais d’aveux des sorciers présumés, même sous la torture »

Selon vous, la sorcellerie n’existe donc pas…

Absolument. C’est très clair et j’ai proposé déjà pas mal de conférences sur le sujet entre 2012 et 2014. On a absolument tous les éléments, à condition d’arriver à lire des archives difficiles à comprendre. On a notamment des documents de contre-enquête, trois années plus tard, qui concluent à une erreur de justice. On se rend compte avec les témoignages qu’il y avait beaucoup de délateurs mais jamais d’aveux des sorciers présumés, même sous la torture. Ceux qui voudraient prétendre que la sorcellerie sabbatique a réellement existé à l’aube du XVIIe siècle, ce serait faire une erreur historique. Les Basques avaient des croyances, mais ce ne sont pas eux qui ont initié les procès pour sorcellerie sabbatique. Ils sont le résultat d’une élite apeuré qui a développé cette conception de crimes contre Dieu et/ou contre le roi.

Qu’appelez-vous la sorcellerie sabbatique ?

Elle n’a rien à voir avec la personne dite « sorcière » de village. Celle qui a des compétences bénéfiques ou parfois maléfiques, qui sait utiliser des potions ou autres. On peut éventuellement parler de guérisseur. Ce n’est pas reproché au Pays basque à l’époque, même si on le voit parfois dans des livres d’histoire et c’est une belle bêtise. Non, la sorcellerie sabbatique, celle qui est pourchassée, c’est celle qui amènerait les gens à adorer le diable en reniant Dieu. On les accuse d’avoir passé un pacte avec le démon, de participer à des orgies, etc.

Quelle période traitez-vous ?

Les procès de sorcellerie, de 1609 à 1612. ça démarre par une rivalité clanique, entre seigneurs de Saint-de-Luz et d’Uturbie qui vont s’accuser mutuellement. Et le roi enverra sa commission royale.

Combien de victimes ?

En Pays Basque sud, pour la justice inquisitoriale sise à Logroño, il y aura 11 condamnations à mort les 7 et 8 novembre 1610. En Labourd, avec les magistrats laïques commissaires au nom du roi, 80 exécutions sont attestées selon des témoins de l’époque, durant les quatre mois de commission royale, jour pour jour. Et on ne compte pas toutes les personnes mortes en prisons ou exécutés sommairement par des justices villageoises improvisées…

Savez-vous qu’en 2015 au Zimbabwe on a encore exécuté des gens sommairement dans les villages pour sorcellerie ?

Les sondages menés au quartier du Bétey à Andernos (Gironde) sont terminés et sont d’ores-et-déjà porteurs de nouvelles données. Le quotidien Sud Ouest s’en fait l’écho (source : http://www.sudouest.fr/2016/04/16/port-du-betey-temoin-d-un-pan-de-la-prehistoire-recente-2332400-2729.php ). Elles viendront compléter ce que l’on savait déjà sur ce site éponyme d’un type d’armature en silex de la transition Mésolithique/Néolithique (voir cet article hébergé sur le site Archeolandes).

Port du Bétey, témoin d’un pan de la préhistoire récente

Les sondages ont révélé la présence humaine il y a 8 500 ans avant Jésus-Christ.
Les sondages ont révélé la présence humaine il y a 8 500 ans avant Jésus-Christ. ©

Photo ville d’Andernos

L‘opération archéologique réalisée sur le port du Bétey par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) (lire nos précédentes éditions), est maintenant terminée. Prescrite par le Service régional de l’archéologie en raison de la zone archéologique protégée dont fait l’objet le port du Bétey, elle a consisté à réaliser un diagnostic archéologique, et non de fouilles à proprement parler.

Il s’agit de sondages qui permettent de constater la présence ou l’absence de vestiges archéologiques. Les fouilles s’étendent quant à elles sur une zone plus vaste et se réalisent à l’aide de méthodes plus précises et plus fines. Les données collectées durant ce diagnostic archéologique ont permis de confirmer une présence humaine durant la préhistoire récente (au mésolithique et au néolithique, soit de 8 500 à 2 500 ans avant Jésus-Christ) et de comprendre en partie l’historique de la formation du paysage.

Ces données doivent maintenant être transmises à des équipes de scientifiques spécialisés pour pousser plus avant les analyses et affiner notamment les datations grâce à la technique du carbone 14. Mais elles montrent d’ores et déjà de manière certaine, l’intérêt exceptionnel de ce site pour l’histoire du site d’Andernos-les-Bains.

C. E.

Dans notre série « dématérialisations », nous vous proposons de consulter quelques publications numérisées. Elles sont épuisées depuis longtemps et pour certaines, introuvables :

CHABAS David, Châteaux des Landes, Paris, 1970.

COFFYN André et MOHEN Jean-Pierre, Les Nécropoles hallstattiennes de la région d’Arcachon, Madrid, 1970.

CUZACQ René, Géographie historique des Landes – les pays landais, Mont-de-Marsan, 1962.

ENJALBERT Henri, Les pays aquitains : le modelé et les sols, Bordeaux, 1961. (pour le moment, seule la 1ère partie dédiée à la géologie a été scannée; nous prévoyons de mettre en ligne la totalité de cet ouvrage incontournable pour qui s’intéresse à la géologie et à la géographie du sud-ouest de la France).

Bonne lecture !