Le projet d’un musée sur le site de la Minoterie à Orthez n’a pas les faveurs des instances parisiennes venues sur place qui préfèrent parler d’une surface d’exposition temporaire.

Source : http://www.sudouest.fr/2016/03/30/un-hote-de-marque-2316081-4329.php

Projet de musée à Orthez : un hôte de marque

Jean-Claude Martinez a visité la friche industrielle de l’ancienne minoterie d’Orthez hier.
Jean-Claude Martinez a visité la friche industrielle de l’ancienne minoterie d’Orthez hier. ©

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Le président-directeur du Louvre est venu sur le site de l’ancienne minoterie

L‘étude de faisabilité pour la réhabilitation de l’ancienne minoterie d’Orthez ne sera présentée que le 19 mai, en réunion publique. Mais les élus de la cité Fébus, qui estiment qu’une partie du destin de la ville se joue là, tâchent d’ores et déjà de susciter l’intérêt des grands décideurs susceptibles d’appuyer leur projet, à savoir la création d’un espace muséal en lieu et place de la friche industrielle, projet estimé autour de 30 millions d’euros avec le réaménagement du quartier de la gare.

C’est dans cette optique qu’ils avaient organisé hier après-midi la visite du site pour une délégation de responsables locaux, régionaux et nationaux, au premier rang desquels le président-directeur du musée du Louvre, Jean-Claude Martinez. L’adjoint à la culture d’Orthez, Jean-Marc Terrasse, lui-même ancien directeur de l’auditorium et des manifestations culturelles du Louvre, a joué les guides aux côtés d’Aurélie Fanzy, responsable du service urbanisme de la Ville.

Parallèle avec Louvre-Lens

« Ce qui me frappe, c’est que des gens ont vécu ici », a réagi Jean-Claude Martinez après un rapide éclairage historique apporté par le maire de la ville, Yves Darrigrand. « Il y a un travail d’historien à faire sur la mémoire des lieux, la vie des ouvriers, etc. », pense-t-il. Trouvant au site « beaucoup de charme, même s’il y a beaucoup à faire », Jean-Claude Martinez a notamment apprécié les bâtiments à l’architecture industrielle marquée. « Si l’on veut que ce musée serve à tisser du lien, il va falloir respecter l’histoire des lieux, les gens qui l’ont faite », assure-t-il. Une conviction acquise notamment grâce à l’expérience du célèbre musée Louvre-Lens, « bâti sur un carreau de mine, rappelle le responsable. Là-bas, la réussite est venue du fait qu’on n’a pas nié la réalité du lieu, la souffrance des mineurs, etc. Ici, même si ce n’est pas tout à fait comparable, il faut aussi que le projet se fasse avec les gens, car le lieu sera avant tout destiné aux habitants. Il ne s’agit pas de faire venir des Parisiens… »

Blandine Chavanne, sous-directrice de la politique des musées au service des Musées de France (tutelle du Louvre donc), avait également fait le déplacement depuis la capitale. « On sent que c’est un site qui a une âme, a-t-elle commenté pour sa part. On peut y faire beaucoup de choses. Mais un musée je ne crois pas, car il n’est pas prévu d’exposition permanente. En revanche le projet culturel me semble intéressant et riche : accueillir des expositions temporaires en couplant tourisme et culture est toujours une bonne idée. » Au-delà du Louvre, la responsable pense donc également aux musées d’Orsay, au Quai Branly, etc. pour fournir à Orthez des expositions temporaires, « une fois le site aménagé et sécurisé », précise-t-elle, quelque peu impressionnée par les récits d’inondations par le gave de Pau tout proche. « À ce stade, étant donné les grosses contraintes techniques (proximité du gave, de la voie ferrée, etc.), on ne peut pas se prononcer sur le projet », a commenté de son côté la sous-préfète de Pau, Marie Aubert, présente sur place hier après-midi.

Quant au directeur régional des affaires culturelles (Drac) de la Région, Arnaud Littardi, il a salué la « belle ambition » des élus d’Orthez. « Mais ce n’est pas moi qui tiens les finances de la ville… », a-t-il ajouté. Avant de préciser qu’au moment de trouver les financements, la Drac ferait bien sûr partie du tour de table. « D’autant que nous sommes partenaires du Pays d’art et d’histoire avec lequel l’articulation sera importante. »

Intéressante exposition sur la sorcellerie relayée par un article bien documenté de L’Obs. Pourquoi en parler ici? La Gascogne et le Pays Basque étaient terres de sorcellerie et ces provinces payèrent un lourd tribut à ces résurgences païennes (et toujours sous-jacentes à en juger quelques traditions locales bien ancrées) souvent tolérées par le clergé local.

source : http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20160318.OBS6720/exposition-les-sorcieres-fausses-mechantes-et-vraies-victimes.html

EXPOSITION. Les sorcières, fausses méchantes et vraies victimes

EXPOSITION. Les sorcières, fausses méchantes et vraies victimes
Scène de sorcières, par David Teniers II, 1635 ((Bruxelles, collection privée))

Depuis une estampe de Bruegel l’Ancien de 1565, elles chevauchent des balais et s’envolent par la cheminée. Une exposition à Bruges raconte l’histoire de leur représentation et de leur traque.

Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525 -1569) n’est pas seulement un grand peintre. Il est aussi l’inventeur des sorcières. Ou du moins, l’image que l’on se fait d’elles depuis plus de quatre siècles, comme le raconte la formidable exposition « Les sorcières de Bruegel » au musée de l’Hôpital Saint-Jean à Bruges, en Belgique.

En 1565, Jérôme Cock, un important imprimeur et éditeur d’Anvers, lui commande une estampe sur un sujet très vendeur à l’époque : la sorcellerie. Cock espère un gros tirage. Mais le sujet est délicat. L’imprimeur et l’artiste savent qu’ils prennent un risque, celui d’être suspecté de faire l’apologie du mal. On ne plaisante pas avec l’hérésie. Alors ils choisissent habilement d’illustrer un texte apocryphe racontant la confrontation de Saint-Jacques avec un sorcier. Les deux hommes s’affrontent, le saint l’emporte. La sorcellerie reste le sujet de l’estampe, mais la morale chrétienne a le dernier mot.

Estampe de « Saint-Jacques chez le sorcier » de Pieter Bruegel l’Ancien, 1565 (Rijkmuseum Amsterdam)

Le choix de cette histoire ne doit rien au hasard. « Au XVIe siècle, la Flandre est sous domination espagnole » rappelle Ruud Priem, conservateur en chef de l’Hôpital Saint-Jean, « et Saint-Jacques est le patron de l’Espagne ».

En digne successeur de Jérôme Bosch (vers 1450-1516), Pieter Bruegel  peut alors s’atteler au sujet avec la « faconde » graphique qu’on lui connaît. Ca grouillera de personnages grotesques et bizarres, de diablotins, bestioles et sorcières.

Bruegel place le saint au centre du dessin, le sorcier d’un côté, les sorcières à la périphérie, comme les femmes le sont alors dans la sphère publique. L’artiste flamand les représente sous les traits de vieilles laideronnes nues ou mal-fagotées, flanquées de chats maléfiques, chevauchant des balais comme des scooters des airs, ou concoctant des méchantes soupes dans des chaudrons bouillants.

« Saint-Jacques chez le sorcier », détails (Rijkmuseum Amsterdam)

De gauche à droite :

– en orange : le sorcier, Saint-Jacques, reconnaissable aux coquilles saint-jacques qui ornent son bonnet et à son bâton de pèlerin et le diable, représenté sous la forme d’un taureau ;

– en vert : des sorcières, dont l’une sous la forme d’un chat. S’il s’agissait d’un vrai chat et non d’une sorcière, il ne serait pas en conversation avec un petit monstre.

– en bleu: le nom de l’auteur, Bruegel et celui de l’imprimeur, Cock.

Pourquoi le balai ?

Bruegel n’est pas le premier à jucher des sorcières sur des balais. En 1451 déjà, des femmes se déplacent à califourchon sur leur outil de ménage. « Le champion des dames », d’un certain Martin le Franc, est un manuscrit que l’on qualifierait aujourd’hui de pseudo-scientifique. Selon l’ouvrage, les sorcières vaudoises volent vraiment dans les airs !

Vaudoise, Martin le Franc dans « Le champion des dames », 1451, BnF Paris, (C.F)

Au fait pourquoi un balai ? Ces Suissesses ont beau savoir voler, elles n’en restent pas moins des femmes, êtres subalternes cantonnés aux tâches domestiques. La misogynie de l’Eglise catholique d’alors n’a d’égal que son sectarisme. La forme phallique du balai est-elle aussi une allusion à la lubricité supposée des donzelles ?

Elles se livrent en tout cas à de drôles de rites. Lors des sabbats, ces soirées entre sorcières, elles ne se contentent pas de danser autour du diable. Elles lui baisent l’anus. « Losculum infame », le baiser du diable, apparaît pour la première fois en 1460-70 dans un manuscrit offert au roi anglais Edouard IV.

« Scène de Sabbat », détail, 1460, The Bodleian Libraries, Oxford (C.F)

Les quatre personnages, trois sorcières et un nouvel initié, tiennent des cierges montrant ainsi qu’il fait nuit. Le diable, représenté sous la forme d’un bouc, expulse des crottes. La sorcière de droite, en robe rouge, vient d’embrasser son anus. Ses lèvres sont noircies. Maintenant, c’est autour du jeune homme…

« Au départ, il y avait autant de chasse aux sorcières qu’aux sorciers », raconte Ruud Priem, « mais Heinrich Kramer, un inquisiteur dominicain complètement fou, publie « Malleus maleficarum » vers 1490, un traité ciblant uniquement les femmes ». Une sorte de » Mein Kampf » avant l’heure…

Les femmes libertines, rebelles, folles, déficientes, guérisseuses, diseuses de bonne aventure ou celles dont la tête ne revient simplement pas à son voisin ou son curé sont dans la ligne de mire. Entre-temps, vers 1450, Gutenberg a révolutionné l’imprimerie et inventé la presse à bras. Les livres vont être produits en masse et les idées, y compris les plus abracadabrantes, se répandre comme de la poudre. Des pères la Vertu, obsédés par le mal, le sexe et les femmes diffusent leurs écrits délirants à la vitesse d’un cheval au galop.

La révolution de l’imprimerie lance aussi celle des lettres d’information, des crypto-journaux dont certains sont de vrais tabloïds avant l’heure.

Lettres d’information du XVIe siècle (C.F)

A la Une de ces lettres d’information, des compte-rendus d’exécutions de sorcières. Dans l’illustration de droite, à l’arrière-plan, un homme à genoux va être décapité. Le texte explique qu’il est le mari de l’une des deux sorcières brûlées vives et… l’amant de l’autre.

Boucs-émissaires

C’est dans ce contexte que Bruegel réalise le dessin préliminaire à l’estampe. La représentation qu’il donne des sorcières frappe les esprits, y compris ceux des autres artistes. Munies dès lors du balai, du chaudron et du chat, l’iconographie de ces déviantes ne bougera plus.

Pour se protéger de leurs maléfices, chacun s’organise comme il peut. On consulte en douce des sorcières pour annuler les sorts que d’autres auraient jetés, on prie fébrilement, on porte des amulettes. Rien de mieux que le mini-Evangile que l’on a toujours sur soi. Avec ce portable, on est hyper-connecté à Dieu.

Evangile de Saint-Jean, 1683, MAS, Anvers, avec une bague posée sur la vitrine pour donner une idée de sa taille (C.F)

Les sorcières ne poussent pas seulement aux vices. Elles sont responsables de tout ce qui cloche dans le monde.  Le lait tourné ? Un bébé mort-né ? Une infidélité ? Un incendie ? Un puits souillé ? Une récolte gâchée ? Un hiver très froid ? C’est la faute aux sorcières.

« Paysage d’hiver avec une trappe à oiseaux » de Pieter Bruegel le Jeune, d’après Bruegel l’Ancien, 1564-65 (Museum Mayer van den Bergh, Anvers)

Dans la partie gauche du tableau, des personnages pratiquent des sports d’hiver sur une rivière gelée : patinage, jeu de palets… Dans la partie droite, une planche en équilibre va  s’abattre sur des oiseaux, probablement pour être mangés, faute de vrai gibier.

Depuis le XIVe siècle, l’Europe est entré dans le Petit Age Glaciaire (PAG), une période de refroidissement climatique qui perdurera jusqu’au milieu du XIXe siècle, avec des hivers terribles, notamment dans la deuxième moitié du XVIe siècle. Seule explication : les sorcières ont mitonné dans leur chaudron de méchants nuages qui dérèglent le ciel.

A ces troubles climatiques, s’ajoutent des troubles sociaux. Les pauvres souffrent, meurent d’épidémie ou de faim. Pour contenir leurs révoltes, les rois comme les chefs de l’Eglise pointent les mêmes coupables : le diable et ses servantes. « Les autorités se servaient des femmes pour canaliser la fureur des masses », résume le conservateur. Si, pour Marx, la religion est l’opium du peuple, les sorcières en sont les boucs-émissaires.

Claire Fleury, envoyée spéciale à Bruges

Selon l’historien Jacques Rœhring, auteur de « Procès de sorcellerie aux XVIe et XVIIe siècle » (Ed. Trajectoire, 2016), cinquante mille femmes ont été exécutées en Europe.

« Les sorcières de Bruegel », jusqu’au 26 juin 2016, Sint-Janshospitaal, +32-(0)50-44-46-46

Après avoir connu un franc succès au Musée d’Aquitaine en 2015, l’exposition dédiée à l’ethnographe landais de la fin du XIXe siècle Félix Arnaudin posera ses valises pour 7 mois au Pavillon des Landes de Gascogne à Sabres (40). Le site du Conseil départemental des Landes s’en fait l’écho (source : http://www.landes.fr/agenda/exposition-felix-arnaudin.-guetteur-melancolique.-oeuvre-photographique-1874-1921-sabres ).

Cette exposition basée sur les très nombreuses photographies prises par Arnaudin est d »une richesse exceptionnelle, tant dans les réglages réalisés avant tirage par l’équipe derrière cette exposition (les négatifs sont sur plaques de verre) que dans la mise en situation des paysages (Arnaudin cherchait déjà un effet panoramique). Par ailleurs, un ouvrage publié pour l’occasion est disponible dans toutes les bonnes librairies. Enfin, pour rappel, nous consacrâmes ici même il y a trois ans un post sur le travail de Félix Arnaudin et sur la mise en ligne de ses photographies : http://clubdubalen.fr/blog/loeuvre-photographique-darnaudin/

Exposition | Félix Arnaudin. Le guetteur mélancolique. Œuvre photographique 1874-1921 à Sabres

01-04-2016 au 11-11-2016

Exposition | Félix Arnaudin. Le guetteur mélancolique. Œuvre photographique 1874-1921 à SabresD’avril à novembre 2016, l’écomusée de Marquèze accueillera l’exposition co-produite avec le Musée d’Aquitaine, « Félix Arnaudin. Le guetteur mélancolique. Œuvre photographique, 1874-1921 ».

Un voyage passionant dans les Landes du 19e siècle, celles que Félix Arnaudin, infatigable arpenteur et amoureux de sa lande, a su immortaliser au moment même où ce territoire connaissait de profondes mutations. Au Pavillon, dans le train et dans le quartier de Marquèze, les clichés de l’imagier de la Grande Lande vous plongeront au cœur d’un paysage disparu, celui de la lande rase et de ses bergers échassiers, ou simplement méconnu, révélé ici au travers de plus d’une centaine de photographies.

Infos pratiques
A l’Écomusée de Marquèze
Ouvert tous les jours du 1er avril au 11 novembre 2016
Route de la Gare | 40630 Sabres
Tél. : 05 58 08 31 31
ecomusee-marqueze@parc-landes-de-gascogne.fr
www.marqueze.fr

Certes, ce n’est pas l’Aquitaine méridionale, mais la démarche entreprise par les archéologues de l’ADANE est suffisamment intéressante pour que nous la relayions ici (source : http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Loisirs/Patrimoine-tourisme/n/Contenus/Articles/2016/03/25/Des-archeologues-veulent-venir-fouiller-nos-caves-2664543 – voir aussi ce lien : http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2013/08/19/L-etude-des-caves-pour-lire-la-ville-1582746) :

Des archéologues veulent venir fouiller nos caves

25/03/2016 05:41
L’Adane intervient chez les particuliers, à leur demande. « Mais nous ne gardons rien », insiste la présidente.

Les archéologues de l’Adane invitent les Niortais à les laisser visiter leurs caves médiévales… dans l’espoir de dessiner le Niort du Moyen Age.

Existe-t-il une cave sous votre maison ? A quoi ressemble-t-elle ? Est-elle voûtée ? A-t-elle été en partie comblée ? S’étend-elle sous d’autres maisons ou sous la rue ?… Voici les questions que les fouilleurs de l’Association pour le développement et l’archéologie sur Niort et les environs, l’ Adane, aimeraient poser à tous les habitants de Niort. Pourquoi ? « Nous voulons essayer de reconstituer le dessin du parcellaire de Niort au Moyen Age », ambitionne la présidente de l’association Marie-Claude Bakkal-Lagarde, archéologue professionnel au sein de l’Institut national de recherches archéologiques préventives, l’ Inrap.

Pourquoi passer par les caves ? « Il n’existait aucun cadastre à cette époque, nous n’avons donc aucun document pour savoir comment était organisée la ville. En revanche, les gens avaient le droit de creuser au droit de leur propriété, ils trouvaient dans leur sous-sol la pierre nécessaire à la construction de leurs maisons. Évidemment, ça leur coûtait bien moins cher que de faire venir les pierres des carrières extérieures. Comme ils creusaient au droit de leurs parcelles, ces creusements nous donnent une idée de ce qu’il y avait au-dessus. »
Autrement dit, le dessin des caves répond à l’occupation en surface de l’époque. Comme une empreinte fossilisée.

Des fouilles prometteuses

L’Adane a déjà « expertisé » une quinzaine de caves dans Niort. Elle a agi dans la discrétion, « chez des amis ou des connaissances », explique la fouilleuse. Et ces explorations d’essai se sont révélées prometteuses. « Ces premières visites nous ont confirmé qu’il y a un véritable potentiel. On a par exemple visité des caves beaucoup plus grandes que les maisons qui, aujourd’hui, se trouvent au-dessus. »
L’association est maintenant prête à enclencher une véritable campagne de relevés en faisant appel au grand public. « Il suffit que les gens nous accueillent chez eux, on prend toutes les mesures de la cave, on fait quelques photos… Quelque temps plus tard, on leur remet une synthèse de notre rapport. »
Marie-Claude Bakkal-Lagarde sait que, si la population joue le jeu, il y a de chances que la pêche soit fructueuse. Surtout dans les quartiers du Donjon et Saint-Hilaire. « Des caves, il y en a évidemment beaucoup ! », jubile d’avance l’archéologue qui sait que Niort est creusée de partout. « On pourrait même trouver des caves à deux voire trois niveaux. » Elle a aussi conscience de l’ampleur de la tâche : pendant la Seconde Guerre mondiale, on avait recensé les caves susceptibles d’accueillir la population en cas de bombardement. On en avait compté environ quatre cents.
L’exploration sera passionnante. Mais longue : « Pour avoir une bonne vision du sous-sol niortais, il nous faudra sept ou huit ans. »

nr.niort@nrco.fr

Adane, Association pour le développement et l’archéologie sur Niort et les environs, 11, rue de l’Aumônerie à La Crèche.
Contact : Marie-Claude Bakkal-Lagarde
au 06.66.92.77.81,
ou adane@laposte.fr.
Site : adane.canalblog.com

Emmanuel Touron

Du nouveau à la villa antique de Plassac (33) (source : http://www.sudouest.fr/2016/03/25/de-nouvelles-decouvertes-a-la-villa-gallo-romaine-2311999-3039.php) :

De nouvelles découvertes à la villa gallo-romaine

Spécialiste mondiale de la peinture romaine, Alix Barbet s’est penchée pendant plusieurs mois sur des fragments de la villa de Plassac.
Spécialiste mondiale de la peinture romaine, Alix Barbet s’est penchée pendant plusieurs mois sur des fragments de la villa de Plassac. ©archives J. J.

L’archéologue Alix Barbet a identifié des décors peints de plafond rarissimes et reconstitué de nouveaux motifs.

Jérôme Jamet j.jamet@sudouest.fr

«C’est une découverte rarissime », s’enthousiasme Jacques Dubourg, le président de l’Association des amis du vieux Plassac qui gère le musée de la villa gallo-romaine. Cette découverte, on la doit à Alix Barbet, l’éminente spécialiste de peinture murale romaine, qui s’est penchée depuis l’hiver dernier sur près de 200 fragments issus de la villa antique et répartis dans une vingtaine de caisses. Assistée de l’archéologue de l’Inrap Hélène Silhouette, Alix Barbet est parvenue à restituer un détail de décor de plafond peint à fond blanc.

« C’est un décor que l’on ne retrouverait qu’au palais de Constantin à Trêves, en Allemagne », indique Alix Barbet qui a présenté ses travaux à Paris lors du 28e colloque de l’Association française pour la peinture murale antique. Son intervention s’intitulait « Plassac, peintures fragmentaires revisitées ».

Publication

« Ça a beaucoup impressionné, confie Alix Barbet. Il s’agit d’un motif du IVe siècle recomposé que personne, moi la première, n’avait compris jusqu’à présent. Cela prouve qu’au IVe siècle, on retrouve les mêmes décors d’un bout à l’autre de l’Empire romain », poursuit l’archéologue qui compte publier ses découvertes.

Pour Jacques Dubourg, qui loue « l’œil extraordinaire, époustouflant » d’Alix Barbet, cette comparaison avec le palais de Trêves confirme que le site de Plassac « n’est pas une petite villa, mais un vrai palais aristocratique, avec tout le confort, des salles chauffées, etc. »

Restauration

Au total, Alix Barbet a reconstitué six nouveaux panneaux et en a recomposé deux qui étaient exposées dans les vitrines du musée de Plassac. Aux côtés d’un amour guidant deux dauphins ou d’un vieillard barbu, de nouveaux motifs muraux peints sont apparus : un lion bondissant, Léda et le cygne qu’a incarné Zeus pour séduire la jeune femme.

Ces nouveaux décors seront envoyés au mois de mai au Centre d’étude des peintures murales romaines de Soissons où elles seront restaurées. « L’Association des amis du vieux Plassac va financer cette opération. Nous espérons les récupérer en mars 2017, avant l’ouverture de la saison pour les exposer. Ce sera l’une des plus belles collections de panneaux, il y en aura près d’une vingtaine. »