Les prochaines Journées Nationales de l’Archéologie auront lieu les 17 et 18 juin prochains. Rendez-vous incontournable des passionnés d’archéologie, c’est l’occasion de partir à la rencontre de chercheurs, de visiter des sites ou d’assister à des conférences.

Depuis près d’un an, la directrice du Musée de Borda (Dax), Laëtitia Rodriguez, a rassemblé une solide équipe d’archéologues, issus aussi bien de l’archéologie préventive, que de l’université ou du milieu associatif. Plusieurs réunions ont eu lieu afin de mettre au point une programmation inédite pour les JNA. Le but : montrer que la question du peuplement ancien de Dax et de sa périphérie a été complètement renouvelée depuis 1986, année où fut produit le Plan d’Occupation des Sols Historique et Archéologique (POSHA) de la ville. Sans doute assistons-nous ici à la première étape d’un futur Atlas historique de Dax. Rappelons que celui de Mont-de-Marsan est en voie d’achèvement et devrait sortir entre fin 2017 et début 2018.

Voici donc en exclusivité le programme de ce moment exceptionnel :

Incroyable découverte révélée seulement aujourd’hui (source : dépêche APF : https://www.afp.com/fr/infos/334/un-megalithe-inedit-mis-au-jour-dans-les-landes) :

Un mégalithe inédit mis au jour dans les Landes.

APF_France_Nouvelle Aquitaine_Samedi 1er Avril 2017 (mis à jour à 13h15)

Une équipe d’archéologues amateurs a découvert dans les dunes côtières de la commune de Mimizan (Landes) un ensemble mégalithique étonnant. C’est au milieu du massif dunaire, après une des tempêtes hivernales caractéristiques de cette partie du golfe de Gascogne, qu’un groupe de chercheurs emmenés par l’archéologue Pierre Labedun s’est aperçu que l’action conjuguée du vent et des abondantes précipitations avait dévoilé un édifice jusque là non visible en raison de l’imposante couche de sable. Après plusieurs semaines de labeur, l’intégralité du mégalithe a été dégagée laissant apparaître un assemblage remarquable de blocs de pierre formant une sorte d’allée couverte.

D’orientation ouest-est, l’entrée du couloir se trouve côté océan. A l’opposé, au fond de l’édifice, une salle de petite taille se trouve presque complètement plongée dans l’obscurité. Pierre Labedun, qui prépare actuellement une publication sur cette découverte, nous apporte son interprétation : « Il est évident que nous ne sommes pas là en présence d’un dolmen ou d’une allée couverte liée au besoin de protéger un espace funéraire. Nous avons mis en évidence lors de la fouille de la salle côté est, la présence d’armatures de silex finement taillées issues de harpons. L’océan à l’époque de l’édification du monument, il y 5000 ans, était beaucoup plus proche qu’aujourd’hui dans cette zone, les vagues venaient lécher le bas de la dune juste devant. Cette structure est à la fois liée au culte de l’océan et probablement à une pratique archaïque du surf casting. » Les archéologues régionaux interrogés à ce sujet ne partagent pas tous cette interprétation et accusent le chercheur de surinterpréter ce qui ne serait qu’un dolmen comme il y en a tant dans l’ouest français. A peine décontenancé et dénonçant des querelles partisanes, Pierre Labedun estime être humble devant les données du terrain. Il va plus loin : « Quand on voit le succès du surf casting aujourd’hui et de la pêche en général depuis des siècles dans cette partie du sud-ouest, il est évident que c’est une pratique clairement inscrite dans l’inconscient collectif des Landais, voire même inscrite dans leur patrimoine génétique. Cela ne peut que constituer une réminiscence de pratiques préhistoriques. » A l’appui de son hypothèse audacieuse, le chercheur a livré un scoop : la découverte d’une gravure ornant le plafond de la salle est de l’édifice, peu équivoque et peu suspecte de surinterprétation. Pierre Labedun conclut : « Il y a fort à parier qu’il s’agissait d’une pêche saisonnière, pratiquée exclusivement lors de la remontée d’une variété disparue de poisson, la louvine bobarde, qui venait frayer au tout début du mois d’avril sur la côte landaise. »

Source : http://www.sudouest.fr/2017/02/23/en-bearn-la-langue-sifflee-des-bergers-revit-dans-un-college-de-laruns-3225802-4224.php?xtcr=2

En Béarn, la langue sifflée des bergers revit au collège de Laruns

Publié le . Mis à jour par Thomas Longué.
En Béarn, la langue sifflée des bergers revit au collège de Laruns
Au collège de Laruns, cette étrange langue sifflée a révélé ses bienfaits pédagogiques auprès des adolescents. (Quentin Top)

Les deux tiers des élèves de l’établissement de Laruns, en vallée d’Ossau, apprennent goulûment et avec fierté le langage disparu des bergers du village d’Aas

Les bergers du village d’Aas, en vallée d’Ossau, ont communiqué pendant des générations d’un flanc de montagne à l’autre grâce à une langue sifflée. C’est-à-dire une codification élaborée qui associait une modulation de sifflement à chaque lettre ou famille de lettres. Les temps modernes ont eu raison de cette culture ancestrale qu’on retrouve en certains endroits d’Europe et du monde.Comme dans l’île canarienne de La Gomera (Espagne), où elle est enseignée à partir du cours élémentaire.

Redécouverte in extremis en 1959 par un chercheur de l’Inra (voir les vidéos en fin d’article), alors qu’elle n’était plus guère utilisée, la langue sifflée des bergers d’Aas est enseignée au collège de Laruns depuis janvier 2015.L’université de Pau a aussi ouvert un cours en option de langue occitane et s’apprête à mettre cet enseignement en ligne.

Dans tout autre établissement scolaire de France ou de Navarre – n’est-on pas en Béarn ? –, ça leur vaudrait de passer un mauvais quart d’heure dans le bureau du principal, avec convocation des parents à la clé. Sauf qu’au sein du collège public Les Cinq Monts, à Laruns, siffler à tue-tête en plein cours, sous le regard bienveillant de leur professeur d’occitan, Nina Roth, est une activité plus qu’encouragée : elle figure au programme des deux tiers des 95 élèves.

« Le plus difficile, c’est de réussir à sortir un bruit »

Aux 43 collégiens en section bilingue français-occitan s’ajoute la quinzaine d’élèves inscrits en option occitan. Et il faut même parfois compter avec quelque « clandestin », comme l’appelle la prof qui le reconnaît à la façon dont il approche l’oreille de la porte de la classe.

Parmi eux se trouvent bien quelques-uns, appareillés dentaires ou pas, qui n’arrivent pas encore à tirer ces sifflements comme il en tombe dru des tribunes du stade Robert-Paparemborde quand, le dimanche, l’Olympique Ossalois est à côté de ses crampons. Mais ça viendra, Nina en est certaine, citant le cas de Paul, élève de quatrième : « Il n’avait pas émis un son en un an et demi, mais une fois que c’est sorti, il a acquis le niveau des autres en un mois. »

"Le plus difficile, c’est de réussir à sortir un bruit. Après, c’est pratiquement gagné"
« Le plus difficile, c’est de réussir à sortir un bruit. Après, c’est pratiquement gagné »

Crédit photo : Quentin Top

Baptiste, d’Aste, l’atteste en briscard : « Le plus difficile, c’est de réussir à sortir un bruit. Après, c’est pratiquement gagné. » Il est l’un des plus à l’aise du lot et le montre en « siulant » la phrase : « Hòu ! Alexis ! Porta tres botelhas de Coca e demanda tà Enzo de viener » (« Ho ! Alexis, apporte trois bouteilles de Coca et dit à Enzo de venir. »).

Et à propos de rugby, Baptiste explique qu’avec les minimes de l’Olympique, il est arrivé un jour au même Alexis de lui siffler de partir côté fermé, à l’insu de tous. L’intéressé ajoute, pour illustrer l’usage de la langue des bergers en dehors du collège : « Lors des repas de famille, c’est rare qu’on ne nous demande pas de siffler. »

La fierté de Titouan

À Laruns, l’apprentissage des élèves de cinquième bilingue se fait au cours de leurs deux heures d’occitan hebdomadaires. Comme pour tout autre cours, celui-ci commence par l’appel, son prénom constituant le premier mot qu’on apprend à siffler. S’en suivent des jeux de rôle dans la salle aux tables disposées en carré.

D’abord dubitative, la principale juge qu’avec le langage sifflé « on tient une pépite du point de vue pédagogique »

Le résultat est bluffant. Alliant une jolie connaissance du béarnais à une belle technique sifflée, Amélia, passée par la Calandreta de Biost (l’école en occitan de Béost), se mue en oiseau siffleur de la forêt tropicale : « Hòu ! Louis, demanda tà Alexis d’aperar lo mètge tà Amélia » (« Ho ! Louis, demande à Alexis d’appeler le médecin pour Amélia. » ). Il y a de la fierté chez Titouan, d’Aas : « Le grand-père de mon grand-père était berger siffleur. » Chez Jade : « En sifflant, on se démarque et l’on fait revivre une langue qui était morte. »

Nina Roth fait fréquemment entendre à ses élèves les enregistrements sifflés de Philippe Biu, le prof de fac expert en la matière (lire l’encadré ci-dessous).

Philippe Biu, responsable de la section d'occitan à l'université de Pau, est l'expert de référence en matière de langue sifflée.
Philippe Biu, responsable de la section d’occitan à l’université de Pau, est l’expert de référence en matière de langue sifflée.

Crédit photo : Quentin Top

Il est plus difficile de comprendre ce que siffle l’autre que de siffler soi-même. Or, note l’enseignante, « les élèves s’intercomprennent mieux que nous car ils sont habitués à s’écouter. »

Dire que la principale des collèges de Laruns et d’Arudy, Élise Coulon, était conquise d’avance serait mentir. « Quand on m’a parlé de langue sifflée, en 2015, j’étais un peu dubitative, avoue-t-elle. En même temps, je connaissais l’enseignante qui pilotait le groupe et sa très haute valeur pédagogique. Aujourd’hui, notre objectif est de mettre le langage sifflé à disposition de l’apprentissage des autres langues, de l’espagnol, de l’occitan et, pourquoi pas, de l’anglais. On est bien sur un projet de tressage des langues. »

"Il est plus difficile de comprendre ce que siffle l’autre que de siffler soi-même"
« Il est plus difficile de comprendre ce que siffle l’autre que de siffler soi-même »

Crédit photo : Quentin Top

La principale entrevoit aussi les bienfaits de la « corporalité » de la langue des bergers. Car on siffle comme on chante : debout, à pleins poumons. En surmontant ses inhibitions, ce qui est un bel effort en plein âge ado. Pour toutes ces raisons, elle considère qu’avec le langage sifflé, « on tient vraiment une pépite du point de vue pédagogique ».

Échange scolaire

Quelques collégiens ont rencontré le « découvreur » des siffleurs d’Aas. Dans un occitan impeccable, Adèle raconte que René-Guy Busnel (lire ci-contre) a tiqué en apprenant que, là-bas, dans les Pyrénées, on tentait de faire entrer dans de jeunes têtes un langage qui servait à rentrer les vaches du temps où le téléphone portable n’existait pas. « Je crois qu’il a un peu changé d’avis quand on lui a montré qu’on savait siffler », affirme-t-elle.

langage siffle Aas par sibilinguaeÀ côté de « Raconte ta vallée », un projet de documentaire Web dans toutes les langues pratiquées au collège, il y a le rêve d’un échange avec les scolaires de La Gomera, l’île des Canaries peuplée de siffleurs.

Voilà pourquoi, en cours de langage sifflé à Laruns, Nina Roth ne s’en étonne plus : même les élèves décrocheurs s’accrochent !

>> La langue sifflée de La Gomera

À chaque lettre sa modulation

La langue sifflée des bergers d’Aas est basée sur une technique de transposition qui permet de s’exprimer en épelant les lettres de mots à l’aide de sifflements codifiés. Il s’agit de substituer aux voyelles a, e, i, o et u quatre modulations distinctes. Il en va de même pour des groupes de consonnes, sachant que, par exemple, pain (« pan ») et chien (« can ») se sifflent de manière identique, le contexte et l’intuitivité permettant de comprendre le sens exact de la phrase.

Également à la fac, bientôt sur le Net

Ses doigts dans la bouche comme un gavroche, le sifflement strident qu’émet Bernard Miqueu, 65 ans, l’un des étudiants siffleurs, déchire l’air de l’amphi de la fac de lettres de Pau. Et quelques paires de tympans présents. C’est jour de rentrée pour la session de langage sifflé. Deux dames de l’Université du temps libre, assises dans les travées, l’ignoraient ; à présent, elles le savent, alors que Bernard Miqueu se tourne vers elles : « On peut monter jusqu’à 140 décibels, vous savez. »
Pour elles, Bernard venait de moduler « Adishatz », le terme de salutation le plus courant en béarnais-gascon. Car c’est dans cette langue que sifflaient jadis les fameux bergers d’Aas, un hameau des Eaux-Bonnes, en vallée d’Ossau. Servis par la configuration de leur montagne verte, ils pouvaient dialoguer jusqu’à 2,5 km de distance. Et c’est également en béarnais qu’elle renaît de ses cendres, dix-huit ans après qu’a disparu son ultime locuteur ossalois, qui était une locutrice : Anne dite Nétou Palas, née Carrerette, décédée le 25 octobre 1999.
La langue de Nétou, la bergère d’Aas, présente sur une plateforme Net universelle, qui l’aurait imaginé ? Pas même le scientifique René-Guy Busnel, sans qui ce parler spécifique se serait éteint dans l’indifférence. En 1959, cet acousticien, aujourd’hui âgé de 102 ans, révéla au monde l’existence de ce singulier langage sifflé qui était en voie d’extinction.
Occitan, option sifflé
Il existe quelque 6 000 langues de par le vaste monde, dont 60 à 80 sont sifflées, explique Philippe Biu, professeur d’occitan et de langue sifflée. C’est en 2006, dans l’archipel des Canaries, au large du sud du Maroc, qu’un enseignant béarnais à la retraite, Gérard Pucheu, est allé rechercher sur l’île de La Gomera la technique oubliée, tel un Indiana Jones aventurier de la langue perdue. Le silbo gomero, classé au Patrimoine immatériel de l’humanité, y est enseigné dès le cours préparatoire.
Une décennie plus tard, l’université de Pau et des Pays de l’Adour est la seule en Europe à proposer un tel enseignement, en complément aux options de langue occitane. Philippe Biu initie une poignée d’élèves à cette discipline a priori peu académique. Elle est en passe de devenir une matière optionnelle, via sa mise en ligne sur la plate-forme numérique Mook : « Le langage sifflé pourra ainsi être choisi par n’importe quel étudiant », se réjouit Philipe Biu, qui a déjà eu des contacts avec des élèves étrangers, américains en particulier.
Mais, à la notable exception de Bernard, qui vient de prendre la présidence de l’association Lo Siular d’Aas (1), il s’avère que la plupart des étudiants intéressés par le langage sifflé ne parlent pas l’occitan. Aussi, Philippe Biu préfère-t-il modestement parler d’atelier de pratique à propos de cette option libre.
(1) Se prononce « lou sioula d’Aas », « le siffleur d’Aas » en béarnais d’Ossau. Dans le reste du Béarn siffler se dit plutôt « shiular » (« chioula »).

Des fouilles archéologiques sont actuellement menées par la société Eveha à Mont de Marsan (Landes). Un des enjeux est de comprendre l’implantation de la trame urbaine de la ville à la fin du Moyen Age, au moment où l’habitat longtemps cantonné à la zone de confluence, noyau primitif du castelnau, déborde sur la rive gauche de la Midouze. Le quotidien Sud Ouest revient ce jour sur les premiers résultats (source : http://www.sudouest.fr/2017/02/22/le-moyen-age-resurgit-dans-la-rue-de-la-gourotteune-sauvegarde-par-l-etude-3218596-3452.php) :

Mont-de-Marsan : le Moyen Âge resurgit dans la rue de la Gourotte

Publié le par Yoann Boffo.
Mont-de-Marsan : le Moyen Âge resurgit dans la rue de la Gourotte
Une équipe de six archéologues cherche à dater précisément l’occupation de la rive sud de la Midouze.

pascal bats / « sud ouest »

Avant l’arrivée de la nouvelle résidence, une équipe d’archéologues fouille dans le passé des lieux

Les deux pieds plantés dans la gadoue, le grattoir à la main, six archéologues du bureau d’études privé Éveha raclent le passé. Patiemment, les couches de terre laissent apparaître un mur ici, un puits là-bas.

>> En images. Mont-de-Marsan : des fouilles archéologiques en plein centre-ville

Ils disposent de cinq semaines avant le début des travaux de construction des 20 logements de la nouvelle résidence Les Arceaux (lire aussi ci-contre). Avec un mystère à éclaircir : de quand date exactement l’installation des Montois sur cette rive de la Midouze ? « Il y a déjà eu beaucoup de fouilles sur le bras de terre entre les deux rivières, la zone urbaine d’origine. Au sud, c’est presque la première fois, explique Olivier Ferullo, ingénieur à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). On espère comprendre comment ça a commencé. » Comment et pourquoi des habitants du XIVe siècle se sont-ils installés à cet endroit ?

De la pelleteuse à la truelle

Les fouilles ont démarré la semaine dernière. Des engins de chantier ont d’abord « décapé » le niveau contemporain, pour faire resurgir le passé. L’œil de l’archéologue stoppe les machines. Pas besoin de chercher très profond. « 30 centimètres à peine en-dessous du niveau actuel, on retrouve des vestiges maçonnés ou en creux. Des murs ou des trous ayant servi à planter des poteaux, par exemple », explique Céline Michel Gazeau, responsable de l’opération pour Éveha. Des indications précieuses pour tenter de reconstituer les plans des édifices d’autrefois, comprendre leur fonction et, peut-être, tenter de leur donner une date.

Sud Ouest

Démarre alors un travail plus manuel. Les instruments se font plus fins. Il s’agit de dégager les constructions repérées et, éventuellement, de mettre à jour des objets, des ossements d’animaux, ou des restes de grains. « On ne travaille pas, non plus, au pinceau. Plutôt à la pelle ou à la pioche », explique Céline Michel Gazeau. « C’est finalement un travail de jardinier, illustre Jean-Luc Piot, d’Éveha. On jardine l’histoire. »

Il s’agit d’engranger un maximum de données. « Tout ce qui peut donner des indications de temps est prélevé. Le contexte de la découverte nous intéresse plus que l’objet en lui-même. Il en dit souvent davantage », explique Céline Michel Gazeau. Le but est de comprendre, pas de remplir des musées. « On procède aussi à des relevés topographiques pour comprendre l’organisation de l’espace et voir comment les bâtiments ont pu évoluer au fil des époques », poursuit-elle. Tout est numéroté, emballé dans des sachets en plastique et expédié auprès de spécialistes pour analyse.

Travail de long terme

Démarre alors la partie immergée de l’iceberg : le travail d’interprétation. Après les fouilles, les découvertes sont confrontées aux archives. En l’occurrence, le règlement de police édicté par Mont-de-Marsan au XIVe siècle pourrait donner des indications. « Il interdisait, notamment, de jeter les déchets dans les rues. Donc les gens de l’époque le faisaient. Comment ont-ils réagi ? Va-t-on retrouver des déchets dans les arrière-cours ? », se demande Jean-Luc Piot.

Sud Ouest

Les travaux actuels viendront confirmer ou infirmer les hypothèses émises lors de fouilles plus anciennes et seront commentés par le reste de la communauté scientifique. « Pour l’instant, on pense trouver des vestiges du Moyen Âge. Mais qui sait ? Peut-être trouvera-t-on des traces plus anciennes. Là, on ferait évoluer la recherche », indique Céline Michel Gazeau.

Les informations surgies du passé peuvent aussi aider à penser la ville du présent. « Comment intégrer l’ancien au milieu de nos constructions contemporaines ? Comment vivre mieux dans la ville ?, liste Jean-Luc Piot. Tirer les leçons du passé peut fournir des éléments de réponse. » Les Montois du Moyen Âge ont encore beaucoup à nous apprendre.

Une sauvegarde par l’étude

Le déclenchement de fouilles archéologiques avant un chantier est décidé par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). « Plusieurs zones d’intérêt archéologique sont définies à Mont-de-Marsan. On sait que ce quartier a été fondé au Moyen Âge. Lorsque le projet d’aménagement de la résidence a été déposé, en 2013, il a fait l’objet d’un dossier à la Drac », fait savoir Olivier Ferullo, ingénieur à la Drac.

Première étape : sonder le sol. Vérifier qu’il y a bien quelque chose à étudier, à quelle profondeur et dans quel état de conservation. « Si ce diagnostic est positif et après l’obtention du permis de construire, on lance les fouilles. » Une fois les cinq semaines de recherche écoulées, les archéologues sont contraints de laisser la place au chantier. « On recouvre avec précaution, on aplanit », détaille Céline Michel Gazeau. C’est le principe de la sauvegarde par l’étude. « On accepte des destructions, mais on garde la mémoire », explique Jean-Luc Piot. Les murs du Moyen Âge ne seront plus visibles, mais dans un siècle, les archéologues du futur sauront toujours qu’ils sont là, dessous.