Paru initialement dans le bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon en 2006. Merci à l’auteur de l’article de nous avoir permis de le publier sur ce blog.

Les sépultures du Premier Age du Fer autour du bassin d’Arcachon et de la basse vallée de la Leyre (800-420 avant J.-C.), par Marie BILBAO – Première Partie

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Ce travail de recherche sur les sépultures du Premier Age du Fer de la basse vallée de la Leyre a été réalisé dans le cadre d’une maîtrise (année 2004-2005) soutenue  à l’université Michel de Montaigne (Bordeaux 3). Ce sujet, réalisé sous la direction d’A. Colin, a été choisi en relation avec la recherche actuelle : de nouveaux travaux sur le Premier Age du Fer sont en cours ou ont été réalisés récemment[1]. Il a donc été jugé nécessaire de réactualiser la synthèse sur ces sépultures mais aussi de reprendre les données anciennes qui jusque là n’avaient pas été exploitées à leur juste valeur.

Introduction

La région d’Arcachon a livré un nombre important d’ensembles funéraires datés du Premier Age du Fer. Ces nécropoles sont classées en deux types distincts (figure 1) :

les nécropoles tumulaires : une ou plusieurs sépultures sont installées sous un tumulus de terre.

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Figure 1 : Carte de répartition des sites funéraire du Premier Age du Fer de la basse vallée de la Leyre

les nécropoles de tombes en fosses (appelées aussi nécropoles de tombes plates) : le mobilier funéraire et les restes incinérés sont placés dans une fosse, creusée à même le sol. Aucun système de signalisation (comme les tumulus) n’est visible aujourd’hui mais l’on note la présence répétée de structures d’entourage en pierre ou en garluche, formant soit un demi-cercle soit un véritable petit enclos. Ces dernières sont toutefois mal appréhendées.

L’objectif de cet article est de présenter aux lecteurs à la fois les structures rencontrées, et ce de manière précise, mais aussi d’expliquer la méthode de travail utilisée, afin que ces derniers se familiarisent avec le travail qui incombe aux archéologues.

I – Environnement

Avant de se lancer dans la description des sites archéologiques étudiés, il est nécessaire de replacer ces nécropoles protohistoriques dans leur contexte environnemental, ce dernier étant indissociable de la réflexion archéologique.

  1. CONTEXTE GEOGRAPHIQUE ET SITES ARCHEOLOGIQUES

La reconstitution des paysages anciens est de première importance. On a pendant longtemps omis de prendre en considération les variations du paysage dans les études archéologique, ce qui a parfois amené à de mauvaises interprétations des données. Certaines régions peuvent être considérées comme relativement stables au niveau de leur environnement, mais notre région n’entre pas dans ce cadre. Elle subit en effet des changements extrêmement rapides, changements qui ont affecté bien évidemment l’implantation des hommes sur ce territoire. On ne peut pour illustrer ce fait que citer l’exemple des trois occupations successives du lac de Sanguinet, chaque occupation correspondant à l’élévation du niveau de l’eau[2].

Divers facteurs doivent être pris en considération lorsque l’on étudie la zone du bassin d’Arcachon :

  • la présence d’un cordon dunaire
  • les niveaux d’épandage sableux
  • les variations du niveau marin
  • l’évolution du trait de côte

a) Epandages sableux et dunes littorales.

La côte littorale girondine est caractérisée par un cordon dunaire important qui s’avance à l’intérieur des terres. La dune la plus célèbre est sans nul doute celle du Pilat, qui est la plus importante d’Europe et mesure entre 100 et 110 mètres de haut.

Il était jusque là communément admis que les dunes s’étaient mises en place aux époques préhistoriques. Cependant, en 2003[3], une étude a démontré que ces dernières étaient bien plus récentes et pouvaient être datées des périodes historiques. S’appuyant sur une méthode physique basée sur la luminescence (IRSL : « Infrared Stimulated Luminescence » ou luminescence infrarouge stimulée), les chercheurs ont défini deux générations de dunes.

La première génération s’est mise en place sur les sols gallo-romains durant le Haut Moyen-Age : ces dunes paraboliques ont envahi les zones côtières entre 500 et 1000 de notre ère. Peu visibles, on ne les remarque que sur les contreforts internes du cordon dunaire, notamment à l’ouest des étangs de Carcans et de Sanguinet. Elles correspondent au paléosol 3 de la dune du Pilat. Après l’an 1000, elles ont été recouvertes naturellement par les forêts (Moyen-Age « classique »).

A partir de 1450, au début du Petit Age Glaciaire, une deuxième génération de dunes, dites modernes, s’est mise en place et a recouvert et remanié celles de la génération précédente. Elles ont été fixées définitivement lors de l’implantation de la forêt de pins maritimes. Ces dunes sont connues pour avoir envahi villages (Cap de Buch, Lège, Mimizan) et cultures. De cette époque date la dune de la Grave, qui depuis s’est remise à bouger et a formé l’actuelle dune du Pilat.

Ces nouveaux résultats, contredisant les acquis précédents, posent la question de la présence ou non de dunes à l’époque qui nous intéresse.

Les études géologiques ont montré que l’époque protohistorique a connu des épandages éoliens, qui sont visibles également à Sanguinet, dans le Médoc mais aussi à la dune du Pilat. Les plus anciens se sont produits entre 2000 et 1000 avant J.-C. Il semble y avoir eu une alternance de périodes éoliennes et de périodes de développement de la végétation.

Une seconde étape d’épandage a eu lieu entre 750 et 200 avant J.-C. et concerne la période qui nous intéresse. Cette couche très modeste est peu visible au Pilat et n’a pas été trouvée dans le Médoc.

Pour autant, et malgré ce que l’on sait, on ne peut se permettre d’affirmer catégoriquement l’absence de dunes à ces périodes. Il est possible qu’elles aient disparu suite à l’érosion ou par la mise en place des générations de dunes postérieures. Il est toutefois plausible que le climat de l’époque ait empêché leur création.

b) Variation du niveau marin et évolution du trait de côte

L’évolution du niveau marin est un paramètre important dans la définition des paysages anciens, bien qu’il soit difficile de l’appréhender. Les schémas d’évolution qui sont généralement présentés sont linéaires mais il faut avoir conscience que chaque région a dû subir des micro-variations que nous ne sommes pas encore en mesure de détecter.

A l’heure actuelle, on sait seulement que le niveau marin est passé de -120 mètres à -12 mètres entre 18000 B.P.[4] et 6000 B.P. Par contre, il est maintenant admis que le trait de côte actuel est récent puisqu’il date du Petit Age Glaciaire » (1450 à 1850 environ). Les périodes antérieures ne devaient pas présenter un trait de côte aussi rectiligne. On peut imaginer un paysage tel que celui de la Charente maritime, au niveau des marais poitevins et du marais de Rochefort, c’est-à-dire beaucoup plus découpé, mais là encore il ne s’agit que d’hypothèses[5].

En revanche, pour la période qui nous concerne, nous ne sommes pas en mesure de savoir où se situait le rivage. On peut imaginer un trait de côte plus à l’ouest. Au fil du temps, l’érosion et la remontée du niveau marin auraient fait reculer la côte jusqu’à sa situation actuelle. Même en croisant ces données avec l’archéologie, notamment la découverte de sites à sel, il reste difficile d’appréhender le rivage ancien. La dune du Pilat a par exemple livré un niveau archéologique du Premier Age du Fer  contenant des augets, typiques de la production de sel. Il ne faut pas pour autant en déduire la proximité immédiate du bord de mer, les sites à sel pouvant être situés dans des zones marécageuses recevant l’influence de la marée[6].

Pendant longtemps, les reconstitutions de l’évolution du bassin ont été erronées puisque présentant une côte absolument rectiligne correspondant au littoral actuel. Malgré cette rectification, il nous est encore impossible de proposer une reconstitution de l’évolution du littoral aquitain pour la période qui nous intéresse.

c) Quelques données sur le couvert végétal

Dans les années 1990, L. Marambat[7] a effectué de nombreux prélèvements palynologiques en Gironde et a ainsi tenté de comprendre l’évolution du paysage végétal depuis la protohistoire.

Jusqu’au début de l’Age du Bronze, vers 1.600 avant J.-C., la chênaie mixte (chêne, orme, tilleul) est le groupe végétal dominant autour du bassin d’Arcachon. Elle se développe également sur les bords de la Leyre et autour de l’estuaire. C’est à cette époque que l’on remarque les premiers signes de dégradation du couvert forestier. Cette dégradation est caractérisée par un net recul du chêne. Au même moment apparaissent des espèces spécifiques de l’appauvrissement des sols : noisetier, bouleau. Les spectres polliniques mettent en évidence la présence de plantes rudérales[8] et de céréales, témoins d’une activité anthropique.

L’implantation humaine à l’Age du Bronze est plus importante qu’à la période Néolithique. La dégradation du couvert forestier est très marquée : on note une alternance d’espèces pionnières, comme le bouleau et le noisetier, et d’essences forestières (chêne). Cela « indique une suite de défrichements et de phases de reforestation, s’achevant sur le système des landes régressives à bruyère. »[9]  L’Age du Fer n’est pas représenté dans les spectres polliniques : les raisons ne sont pas clairement définies mais il peut s’agir d’un simple manque de prélèvements.

La mise en place de la Lande à bruyère date donc de l’âge du Bronze. Il semble que les populations des âges du Fer n’aient pas connu la chênaie mixte originelle.

  1. APPROCHE PHYSIQUE DU MILIEU

Le bassin d’Arcachon, situé administrativement dans le département de la Gironde, est géomorphologiquement identique à celui que l’on trouve dans les Landes[10]. C’est une zone où l’on rencontre divers éléments géologiques caractéristiques : tout d’abord, le sable, puis l’alios, la garluche et pour finir le fer des marais.

a) le sable landais

Il existe deux types de sables dans les Landes.

Le premier est le sable littoral, d’origine éolienne et de couleur claire. Il a été mis en place au Quaternaire par de forts vents d’ouest et recouvrit le plateau landais dans son intégralité. Il est aussi à l’origine des dunes continentales.

Le sable noir, quant à lui, est d’origine podzolique. Le podzol est une roche siliceuse couverte d’une végétation acidifiante. Sa couleur foncée provient de l’humus brut fourni par les feuilles et les tiges en décomposition.

b) L’alios (figure 2)

L’alios est « un agrégat de sable et de composés humo-ferriques  plus ou moins consolidés. »[11]  Il est composé à 96% de sable quartzeux et à 4% de composés humo-ferriques.

Selon H. Enjalbert, on peut distinguer[12] :

– l’alios humique : 0,1%  à  0,8%

– l’alios ferrugineux : 1%  à  4,6%

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Figure 2 : situation géologique de l’alios.

Il s’avère que l’alios est un composé podzolique au pH acide (entre 4 et 5), composé d’un taux important de carbone et d’un taux d’hydroxyde de fer le plus souvent inférieur à 1%, sauf exception.

En général, l’alios fait 40 à 60 centimètres d’épaisseur mais il peut parfois atteindre 1,20 mètre. Il se rencontre d’ordinaire sous 30 ou 40 centimètres de sable noir mais peut aussi bien affleurer ou ne se rencontrer qu’à 1,20 mètres de profondeur.

Le lessivage des sols podzoliques permet sa formation : les composés argileux et ferriques vont se fixer avec l’humus brut plus bas que l’horizon composé de sable noir. C’est également pourquoi une couche de sable blanc se rencontre entre le sable noir et l’alios. L’humus ayant migré, il reprend sa couleur d’origine.

c) La garluche

La garluche est un grès ferrugineux riche en fer, autrefois considérée comme appartenant à la famille des alios.  Elle est intimement liée à la nappe phréatique et se rencontre le long des cours d’eau se jetant dans la Leyre. Elle est composée de grains de quartz (environ 80%) cimentés par des oxy-hydroxydes de fer Fe2O3 (entre 18% et 21%) de couleur rouille.

Sa formation daterait de la période Boréale, soit aux alentours de 7.000-6.500 avant J.-C.

d) Le fer des marais

D’après N. Gourdon-Platel[13], l’existence du fer des marais est attestée mais il n’a jamais été retrouvé en place géologiquement. Il semble qu’il se soit formé dans des dépressions marécageuses à proximité des lacs landais mais là encore, les précautions de rigueur sont à prendre quant à cette hypothèse. Un seul échantillon a été étudié jusqu’à présent : le carbone 14 (14C) a été utilisé pour dater les éléments organiques  contenu dans la masse ferrique. Le résultat obtenu est le suivant : 2574-2294 avant J.-C. (âge calibré).

Le fer des marais est composé de granules de fer alors que les grains de quartz, présents dans la garluche à 80%, sont en très faible quantité. Son taux en fer est très important : il est de l’ordre de 82%.

Le fer des marais a été exploité dès le Deuxième Age du Fer dans la région, comme l’atteste le nombre important de scories trouvées sur le site de l’Estey du Large sous les eaux du lac de Sanguinet. Le fanum du site de Losa (1er-4ème siècle), également sous les eaux du lac a été édifié dans ce matériau : sa construction aurait nécessité 30 tonnes de ce minerai[14].

  1. LE RESEAU HYDROGRAPHIQUE DE LA LEYRE

La question du drainage de la lande a longtemps interrogé. D’après les sérieuses études menées par H. Enjalbert dans les années 1960[15], et contrairement à ce que l’on pensait jusqu’alors, le débit de la Leyre et des cours d’eau landais ainsi que la déclinaison du terrain n’est pas un frein au drainage. D’autres hypothèses concernant l’imperméabilité du terrain (qu’il s’agisse d’alios ou d’argile) ont aussi été remises en question, car il n’existe pas un horizon unique dans le sous-sol landais.

Le mauvais drainage de la lande est en réalité dû à l’insuffisance du réseau hydrographique. Ce dernier est trop jeune et ne possède pas assez de ramifications. « Si la lande est mal drainée, c’est peut-être parce qu’elle est en marge des grandes rivières du Bassin aquitain »[16]. Les Landes s’étendent entre la Garonne au nord et l’Adour au sud. Seule la Leyre y prend sa source et se jette dans le bassin d’Arcachon.

  1. Enjalbert a également démontré que les interfluves possédaient trois zones bien distinctes (figure 3) avant les travaux d’assainissement du 19ème siècle :

– La première (A) se situe sur les abords des cours d’eau. C’est une zone bien drainée qui évacue rapidement les eaux hivernales mais qui devient très sèche en été. En effet, au printemps, les eaux retenues par le sol remontent rapidement vers la surface. Cette zone n’est absolument pas propice à la culture.

– La seconde zone (B) subit un drainage imparfait. Elle peut être inondée l’hiver pendant de très courtes périodes. En été, elle ne s’assèche pas. C’est dans cette zone que la mise en culture est la plus judicieuse. C’est aussi là que l’on trouve les implantations humaines.

– La troisième zone (C) est très mal drainée, c’est la Haute-Lande. Elle est inondée l’hiver, parfois jusqu’à avril ou mai.

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Figure 3 : les zones de drainages de la Leyre, d’après H. Enjalbert.

  1. Conclusion

Voici pour finir un rappel des points les plus importants de cette étude :

– Le bassin d’Arcachon et sa région environnante ont beaucoup évolué : ces changements ont pu influencer l’installation des populations.

– Ces changements ont affecté la représentativité des sites : nombreux sont ceux engloutis sous le sable ou les eaux (exemples du Pilat et de Sanguinet).

– L’étude du réseau de drainage des Landes a permis de donner un aspect pratique à l’implantation des nécropoles : ces dernières sont situées dans une zone qui ne subit aucune inondation mais qui est trop sèche pour favoriser les implantations humaines.

 

II – Historiographie

Les premiers travaux archéologiques sur les ensembles funéraires de la basse vallée de la Leyre sont anciens. Les découvertes sont généralement liées au développement de la voirie. En 1829, F.-V. Jouannet décrit succinctement une découverte importante qui aurait eu lieu sur le tracé de la route nationale franchissant la Leyre au niveau de Lamothe-Biganos[17]. Malheureusement, les informations qu’il nous livre sont imprécises et ne nous permettent absolument pas d’appréhender le site en question. Malgré cela, la description du mobilier retrouvé nous amène à nous poser des questions quant à la datation du site : si les nécropoles tumulaires du secteur sont datées du Premier Age du Fer, on ne peut exclure une utilisation plus tardive, de l’époque gallo-romaine[18].

Un peu plus tard, au début du 20ème siècle, le docteur B. Peyneau, qui est aussi le maire de la commune de Mios, entreprend la fouille d’un nombre considérable de sites archéologiques en Pays de Buch. Entre 1913 et 1917, ses recherches se portent surtout sur les ensembles funéraires du Premier Age du Fer. La qualité de son travail est inégale mais on ne peut critiquer son étude des structures funéraires, plus ou moins précise mais tout de même d’une grande qualité. Quoi qu’il en soit, il publia à la suite de ses travaux « Découvertes archéologiques en Pays de Buch »[19], qui reste l’ouvrage de référence pour l’étude de la région. Son travail sur les structures funéraires est précis comparé à ce que l’on trouve généralement à l’époque. Il décrit chaque structure en donnant les dimensions et même le type de terrain sur lequel elle est implantée.

Il faut ensuite attendre les années 1970 pour que le mobilier archéologique issu des fouilles de B. Peyneau soit de nouveau étudié. La majorité du mobilier, conservé au Musée Océanographique et Archéologique d’Arcachon, a en effet été réétudié par A. Coffyn et J.-P. Mohen. Ce travail aboutit à la publication de l’ouvrage : « Les nécropoles hallstattiennes de la région d’Arcachon »[20]. Pour autant, l’exploitation du texte originel de B.Peyneau n’est que partielle. La confrontation avec les ensembles funéraires situés aux alentours n’est également que peu poussée.

En 1980, J.-P. Mohen publie une thèse intitulée « L’Age du Fer en Aquitaine », travail qui reprend en partie son étude sur les sites de la basse vallée de la Leyre. Il s’agit d’une des premières synthèses régionales concernant le Premier Age du Fer. Un catalogue des sites est présenté, ainsi que le mobilier, qui est à la fois décrit et présenté. On assiste aussi à une tentative de classification des céramiques et du mobilier métallique qui conduit à l’élaboration d’une chronologie qui commence juste à être remise en cause par de nouveaux travaux de recherche, concernant notamment le mobilier métallique.

Une nouvelle étude s’est révélée nécessaire afin de prendre en compte de nouvelles découvertes archéologiques, datées des années 1970 et 1980. L’expansion urbaine amena à mettre au jour de nouvelles nécropoles de tombes en fosses, qui sont invisibles dans le paysage actuel et qui ne peuvent être découvertes que grâce aux travaux urbains. La fouille la plus récente concerne la nécropole du Martinet (commune de Salles) dont les dernières fouilles sont datées de 2002.

III – Les sites archéologiques

Voici une brève présentation des sites archéologiques pris en compte dans ce sujet de maîtrise :

Nom du site : Certes

Commune : Audenge

Type : tumulus isolé

Description : Découvert en 1931, nous n’avons que peu d’informations sur ce tumulus. Le mobilier a été donné à B. Peyneau par la suite. Le tumulus est situé sur la rive droite de la Leyre, à cent mètres du ruisseau de Certes. Il semble qu’il ne contenait qu’une sépulture.

 

Nom du site : Bos de Caubet

Commune : Biganos

Type : nécropole tumulaire

Description : Cette nécropole a été intégralement fouillée par B. Peyneau. Elle est installée sur la rive droite de la Leyre, sur les bords du ruisseau de la Mole et sur un terrain argileux dépourvu d’alios. Les trois tumulus qui la composent n’abritaient qu’une sépulture chacun.

 

Nom du site : Lamothe

Commune : Biganos

Type : nécropole tumulaire

Description : Les tumulus ont été détruits lors de la construction de la route reliant La Teste et Bordeaux entre 1816 et 1819. Un matériel important fut sorti de terre puis perdu. F.-V. Jouannet nous décrit succinctement ce mobilier mais cela ne nous permet pas de le dater précisément. B. Peyneau pense qu’il s’agit d’une nécropole du Premier Age du Fer. Une réutilisation à l’époque gallo-romaine n’est pas à exclure.

 

Nom du site : Houn de la Peyre

Commune : Biganos

Type : nécropole tumulaire

Description : La nécropole est située sur la rive droite de la Leyre et surplombe le ruisseau de la Mole. Elle est elle aussi composée de trois tumulus contenant chacun une sépulture. C’est la seule nécropole dont les tumulus présentent une structuration interne en garluche. Malheureusement, l’organisation des blocs entre eux nous est inconnue.

 

Nom du site : Les Gaillards

Commune : Biganos

Description : Il s’agit d’une nécropole très étendue qui n’a été fouillée que partiellement par B. Peyneau. Des fouilles de sauvetage ont été entreprises dans les années 1980 lors de l’établissement d’un lotissement dans la zone. La nécropole est distante de huit-cent mètres de la Leyre. Cette nécropole est la plus importante de notre zone d’étude : elle a livré dix-neuf tumulus mais il est possible que certains aient été détruits. Le nombre de sépultures ne peut être correctement appréhendé : B. Peyneau l’a lui-même avoué, la fouille de ce site n’a pas été menée selon une bonne méthode et de nombreuses données ont été perdues. Il est toutefois intéressant de remarquer qu’un tumulus de cette nécropole a livré une sépulture gallo-romaine.

 

Nom du site : Balanos Les Couyouns

Commune : Le Teich

Type : nécropole de tombes en fosses

Descripition : Située sur la rive gauche de la Leyre, au niveau de l’autoroute reliant Bordeaux à Arcachon, cette nécropole a fait l’objet de fouilles préventives en 1974 et 1975. Elle n’a pas été fouillée en intégralité mais a tout de même livré quinze sépultures.

 

Nom du site : Pujaut

Commune : Mios

Type : nécropole tumulaire

Description : la nécropole est située sur la rive gauche de la Leyre, à proximité du marais du Rebec. Elle regroupe huit tumulus, contenant une ou plusieurs sépultures chacun. Elle a livré au total seize sépultures. Elle semble organisée en deux lignes parallèles. Un des tumulus se distingue par son importance : il mesure en effet trente-quatre mètres de diamètre pour deux mètres cinquante de haut.

 

Nom du site : Truc du Bourdiou

Commune : Mios

Type : nécropole de tombes en fosses

Description : La nécropole est située à environ quatre cent mètres de la Leyre mais également à proximité du ruisseau de la Saye, situé au fond d’un ravin. Elle est positionnée en hauteur par rapport au fleuve, à vingt mètres au dessus de ce dernier. Cinquante-trois sépultures ont été découvertes mais la nécropole n’est pas connue dans son intégralité. Elle a également subi de nombreux dommages lié à l’extraction de sable pratiquée sur la zone archéologique. Les tombes sont parfois entourées de murets en garluche (à différencier des cercles de pierres ou de garluche). De nombreuses fosses remplies de charbon ont également été mises au jour.

 

Nom du site : Castandet

Commune : Mios

Type : tumulus isolé

Description : Le tumulus est situé sur la rive gauche de la Leyre, et nous ne savons que très peu de choses de ce dernier, excepté le fait qu’il ne contenait qu’une sépulture.

Nom du site : Berceau

Commune : Mios

Type : nécropole tumulaire

Description : Cette nécropole est située sur la rive gauche de la Leyre, à proximité d’un marais et de sources naturelles. B. Peyneau n’a fouillé qu’un seul tumulus sur les quatre qu’il avait répertorié mais ce dernier est relativement éloigné des trois autres. Il ne renfermait qu’une sépulture.

 

Nom du site : Coularre

Commune : Mios

Type : tumulus isolé.

Description : fouillé par B. Peyneau en 1926, non publié.

 

Nom du site : Camping Municipal

Commune : Mios

Type : indéterminé

Description : Des fouilles  préventives ont été menées lors de la pause de câbles électriques dans le camping. Le site est situé sur la rive droite de la Leyre, à moins de cent mètres de celle-ci. Elle est aussi située à proximité du ruisseau de l’Andron. Les fouilles ne nous permettent pas d’appréhender les structures funéraires de manière claire : des sondages ont été faits à la pelle mécanique et le mobilier a été ramassé par tamisage.

 

Nom du site : Bourg de Salles

Commune : Salles

Type : indéterminé

Description : Le site a été découvert lors de travaux chez des particuliers à l’époque de B. Peyneau. Ce dernier a récupéré le mobilier d’une sépulture. Aujourd’hui, l’endroit est complètement couvert de constructions. Là encore, le site est situé à proximité de la Leyre, sur un plateau sablonneux.

 

Nom du site : Le Martinet

Commune : Salles

Type : nécropole de tombes en fosses

Description : Cette nécropole n’a pas été fouillée en intégralité. Une première mention de mobilier funéraire date de 1860. Le site fut ensuite « perdu », jusqu’à ce que des travaux sur le complexe sportif ne mettent au jour des structures funéraires du Premier Age du Fer. Plusieurs campagnes préventives révélèrent vingt-deux sépultures. Toutefois se pose la question de la relation entre ces structures mises au jour au début du 20ème siècle : en effet, le mobilier découvert à cette époque, sur les pentes du ruisseau du Martinet, est assez éloigné de la zone couverte par les sépultures dégagées depuis les années 1980. Peut-être existe une autre nécropole à proximité…

Comme nous venons de le montrer, il existe plusieurs types de structures funéraires dont nous ne possédons souvent que des données lacunaires : si le mobilier est en grande partie conservé, les fouilles anciennes et les fouilles préventives ne nous permettent pas de les comprendre complètement. Pour appréhender les structures, il a fallu comparer avec les autres sites funéraires connus dans les environs, ce qui nous a permis de mieux interpréter les dires de B. Peyneau. Toutefois, une grande partie de ce travail a consisté en l’étude précise du mobilier archéologique.

Repères bibliographiques

ENJALBERT (H.) :

                1960 : Les Pays Aquitains, T1 : le modelé et les sols, thèse de 3ème cycle, Bordeaux, janvier 1956, Bordeaux, 1960.

ESCUDE-QUILLET (J.-M.) :

1998 : Du complexe Pyrénéen au complexe Aquitain : la fin de l’Age du Bronze et l’Age du Fer de l’Aquitaine méridionale, thèse de doctorat, université Toulouse le Mirail, 1998.

LAPORTE (L.) (dir.) :

1998 : L’estuaire de la Charente de la protohistoire au Moyen-Age, DAF, 72, Paris, 1998.

MARAMBAT (L.) :

                1995 : Paysages de la façade atlantique girondine et de la Saintonge au post-glaciaire. L’empreinte de l’homme, Cahiers du Quaternaire, 21, Paris, 1995, p.83-101.

MOHEN (J.-P.) :

1972 : « Rapport entre les habitats et les nécropoles du Premier Age du Fer en Gironde », in Actes du 1er colloque archéologique de la 4ème section de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris, 1972, Paris 1975, p.32-36.

1980 : L’Age du Fer en Aquitaine, du VIIIe au IIIe siècle avant J.-C., MSPF, 14, Paris, 1980.

MOHEN (J.-P.), COFFYN (A.) :

1970 : Les nécropoles hallstattiennes du bassin d’Arcachon, vol. XI, Bibliotheca Praehistorica Hispana, Madrid, 1970.

PEYNEAU (B.) :

                1926 (a) : Découvertes archéologiques dans le pays de Buch, Tome 1 : depuis l’âge de la pierre jusqu’à la conquête romaine, Bordeaux, 1926.

1926 (b) : Découvertes archéologiques dans le pays de Buch, Tome 2 : depuis la conquête romaine jusqu’à nos jours, Bordeaux, 1926.

Notes :

[1] Escudé-Quillet (J.-M.), 1998 ; Béhague  (B.) (à venir)

[2] Cette dernière ne pouvait en effet plus se déverser dans la mer.

[3] Tastet (J.-P.), 2004.

[4] BP = Before Present. Terme généralement employé dans les parutions scientifiques. Le « présent » correspond à l’année 1950.

[5] Données issues d’un entretien avec D. Coquillas.

[6] C’est notamment le cas en Charente Maritime – voir Laporte (L.), 1998.

[7] Marambat (L.),  1995

[8] une plante rudérale est une plante qui croît dans les endroits où il y a eu occupation humaine, notamment dans les ruines. Exemple : l’ortie.

[9] Marambat (L.), 1995, p.98.

[10] Mention est faite bien sûr du paysage et non du département au sens strict.

[11] Enjalbert (H.), 1960, p.316-317.

[12] H. Enjalbert plaçait la garluche dans la catégorie des alios. Aujourd’hui, la garluche est une catégorie à part.

[13] CRP2A, laboratoire de Physique Appliquée à l’Archéologie, Université Bordeaux 3.

[14] Données recueillies lors de la conférence de N. Gourdon-Platel, le 6 mai 2005 à Sanguinet.

[15] Enjalbert (H.), 1960.

[16]  Enjalbert (H.), 1960, p.247.

[17] Communication à l’intention de la Société Royale des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux (avril 1829).

[18] Fait avéré sur un tumulus fouillé récemment. De plus, on note la proximité du site antique de Boios.

[19] Peyneau (B.), 1926.

[20] Mohen (J.-P.), Coffyn (A.), 1970.

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