Le quotidien Sud Ouest évoque une initiative des plus séduisantes : publier mémoires et thèses consacrés au Pays Basque. Un travail d’une ampleur somme toute colossale : un travail universitaire répond à des règles particulières, tant dans la formulation que dans le plan ou la structuration de l’ensemble. Les auteurs (ou l’éditeur) auront sans doute un gros travail à entreprendre pour réécrire certains de ces travaux. A moins d’en rester à un choix en amont des travaux qui nécessiteront le moins de reprise, comme semble le sous entendre la dernière partie de l’article, ce qui serait fort dommage. (source : https://www.sudouest.fr/2018/05/06/une-collection-pour-sortir-la-science-des-greniers-5033895-4344.php)

Pays basque : une collection pour sortir la science des greniers

Publié le . Mis à jour par Pierre Penin.
Pays basque : une collection pour sortir la science des greniers
Patrice Cassagnard, Egoitz Urrutikoetxea, Peio Etcheverry-Ainchart et Xarles Bidegain.

B. Lapègue

Combien de mémoires et thèses sur le Pays basque dorment dans les universités ? Les Presses de l’UPPA, Elkar et Euskaltzaindia s’associent pour ouvrir ces travaux au public.

Ils ne le présentent pas ainsi mais c’est un projet politique : considérer que  la connaissance universitaire doit s’échapper de ses cénacles, et l’amener vers un public plus large. C’est ce que font les Presses universitaires de Pau et Pays de l’Adour (Puppa), les éditions Elkar et Euskaltzaindia (Académie de la langue basque). Les trois entités se sont associées pour créer une nouvelle collection dédiée aux meilleurs travaux scientifiques sur le Pays basque. L’historien Egoitz Urrutikoetxea l’inaugure avec son ouvrage dédié à « La politique linguistique de la Révolution française », et son attitude vis-à-vis de la langue basque.

Le livre coédité offre aux lecteurs son mémoire de master 2. « Je l’ai soutenu en 2016, à l’université Paris 7. C’est le fruit d’un travail de deux ans. » Egoitz Urrutikoetxea postule naturellement « que l’Histoire permet d’éclairer la réalité d’aujourd’hui ». Ses recherches l’amènent à nuancer l’idée enracinée d’une Révolution point d’ancrage du vaste mouvement d’uniformisation linguistique, qui marginalisa les langues régionales. Comme toujours, la réalité est complexe et l’auteur donne à la comprendre.

« Du jamais vu »

Les Puppa, Elkar et Euskaltzaindia ont jugé intéressant de proposer cette voie de compréhension à un vaste lectorat. Le texte originel s’y prêtait d’ailleurs sans retouche : « L’élégance du style n’est pas commune au monde des masters », relève Xarles Bidegain, campé sur une longue expérience de la chose académique avec Euskaltzaindia. « C’est certes un pavé, mais pas en béton armé. Un travail très accessible. » Pour les éditions Elkar, Peio Etcheverry-Ainchart savoure la rencontre des éditions universitaire et commerciale : « On entend souvent qu’il y aurait une connaissance noble et une autre plus fruste que l’édition commerciale incarnerait. » Leur union ici égratigne l’idée reçue.

Pour le directeur des Puppa, Patrice Cassagnard, « ce partenariat, c’est du jamais vu ». L’universitaire ne doute pas que le premier ouvrage de la collection « trouvera son public ». « Ça encouragera les prochaines publications. Il y a beaucoup de choses très intéressantes à faire. » Travailler avec une maison d’édition populaire va finalement dans le sens du service public de la connaissance que peine parfois à incarner l’université.

S’associer aux universités

Des travaux d’un grand intérêt dorment dans les greniers des universités de France et d’Espagne. « On ne peut pas travailler sans l’aide des universités qui sont propriétaires de travaux », souligne l’éditeur. Tous croient au tissage progressif d’un véritable réseau du savoir, qui dépoussiérera des thèses oubliées mais précieuses sur le Pays basque et exercera une veille sur les recherches en cours et à venir. Un comité scientifique chapeaute la collection qui couvre des champs aussi divers que l’histoire, la littérature, la sociologie, l’économie, la linguistique… pour embrasser la société dans sa globalité.

Certainement les coéditeurs auront-ils à vulgariser certaines études pour en élargir l’audience. « Il y a des choses d’une très grande technicité qui ne sont pas traduisibles et n’ont pas vocation à sortir du champ universitaire », convient Xarles Bidegain. Ce ne sont pas ceux visés par la collection. Pas plus que les sommes monumentales qui nécessiteraient plusieurs volumes. Mais des textes à la fois exigeants et « lisibles » qui éclairent le Pays basque d’aujourd’hui.

 

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