L’Histoire du littoral gascon est à l’honneur dans le quotidien Sud-Ouest (source : http://www.sudouest.fr/2017/12/27/et-l-albatros-sombra-dans-les-passes-du-bassin-4066218-2733.php?xtcr=7) qui revient sur la parution d’un article fort instructif dans le dernier numéro du bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch :

En 1891, « L’Albatros » sombrait dans les passes du Bassin

Publié le . Mis à jour par DAVID PATSOURIS d.patsouris@sudouest.fr.
En 1891, « L’Albatros » sombrait dans les passes du Bassin
Le naufrage de « L’Albatros » tel qu’il fut dessiné et publié dans « La Gironde illustrée ».

image collection michel jacques

Dans le dernier bulletin de la revue historique, Michel Boyé revient sur le naufrage de « L’Albatros » le 28 décembre 1891, où périrent onze des douze hommes de l’équipage.

Ce lundi 28 décembre 1891, « L’Albatros », navire de pêche à vapeur affrété par la Société des Pêcheries de l’Océan, rentre à Arcachon. Alors qu’il manœuvre pour entrer dans les eaux du Bassin, une lame le met de travers. Et très vite, un second coup de mer le chavire.

Il est midi. Seul un des douze hommes d’équipage sauve sa peau. C’est ce naufrage que l’historien Michel Boyé, sur une idée de Michel Jacques, a choisi de raconter dans un article du dernier bulletin de la Société historique et archéologique du bassin d’Arcachon et du Pays de Buch qui vient de paraître.

« L’Albatros » est la quatrième unité de la Société des Pêcheries de l’Océan créé par Harry Scott Johnston. Il a été construit par les chantiers John Elder & Co de Glasgow (Écosse) et a été lancé en 1872.

Avant son naufrage, « L’Albatros » avait déjà failli couler en avril 1879 quand une lame des passes du Bassin le secoua tant qu’un boulon pénétra la grande roue d’engrenage et la cassa ! Après une heure et demie de lutte contre les brisants, le bateau se sauva en jouant avec ses ancres et la marée qui montait.

Ceux qui étaient à bord de « L’Albatros » le 28 décembre 1891 eurent moins de chance. Quand le second coup de mer, dans les passes sud du chavira le navire, sept hommes « furent engloutis d’un coup », raconte le journal « L’Avenir d’Arcachon » le 5 janvier 1892. Pour les cinq autres, impossible de se tenir à la quille du bateau. Trois marins disparurent alors. Au milieu des vagues, Gabriel Lesfauries passa un aviron à Jean Castets. « Mais Castets, perdant ses forces, sombra à son tour ».

Trois morts et huit disparus

Le journaliste a recueilli le témoignage de Gabriel : « Pendant une demi-heure, il vit la quille qui était en l’air. Puis il ne vit plus. » Gabriel se voit emporté quand il aperçoit le vapeur « Le Cormoran ». Le navire vient vers lui en prenant tous les risques, lui lance une corde et le sauve : « On le hissa transi de froid et sans vêtements. »

La mer rendra trois corps quelques semaines plus tard. Bilan : trois morts et huit disparus, dont cinq Bretons, deux Testerins et cinq Arcachonnais. Ils laissent neuf veuves et vingt-six orphelins. Deux familles ont dû attendre le jugement du tribunal de Bordeaux du 25 mars 1902 pour achever leur deuil avec l’inscription du décès de deux des Arcachonnais, Jean Bagat et Jean Castets.

Voilà pourquoi il fallut attendre le 28 mai 1892 pour que la ville d’Arcachon accorde aux Pêcheries de l’Océan un terrain au cimetière pour y élever un monument en hommage à ses marins péris en mer.

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