Le service archéologique de la CUB est encore à l’honneur dans les colonnes du quotidien Sud Ouest (source : http://www.sudouest.fr/2014/07/19/166-sepultures-mises-au-jour-1619772-2780.php). En fait, il s’agit du second article en quelques jours relatif à la même découverte, à savoir celle de l’ancien cimetière de l’église paroissiale de Saint-Pierre-de-Bruges; nous en rapportions déjà l’info (http://clubdubalen.fr/blog/le-service-archeologique-de-la-cub-33-ne-chome-pas/). Doit-on y voir un besoin de communiquer pour convaincre les élus de l’intérêt de pérenniser une telle structure?

166 sépultures mises au jour

Deux tombes de l’époque mérovingienne se trouvaient dans le périmètre proche de l’église Saint-Pierre.

166 sépultures mises au jour
Juliette Masson (à gauche), archéologue médiéviste sur le site de l’église Saint-Pierre de Bruges, début juillet, aux côtés d’Hélène Réveillas, archéo-anthropologue. © Photo

photo C.M.

christine morice

c.morice@sudouest.fr

Elles étaient là, presque à portée de main, enfouies sous la terre à une profondeur de 25 à 40 centimètres pour la plupart. 166 sépultures ont été découvertes près de l’église Saint-Pierre de Bruges, lors des fouilles archéologiques opérées d’avril à juillet par l’équipe du Service d’archéologie préventive de la CUB que dirige Christophe Sireix. Le chantier avait été lancé dans le cadre du projet d’aménagement de la place de l’église mené par la municipalité.

Un ancien cimetière

La grande majorité de ces tombes datent soit du Moyen Âge (certainement à partir du XIIe siècle), soit de l’époque moderne (entre la fin du XVe siècle et la fin du XVIIIe siècle) selon Juliette Masson, archéologue médiéviste qui a dirigé l’équipe sur place. Les ossements sont généralement en bon état de conservation et, parmi les défunts, toutes les générations sont représentées, du nouveau-né au vieillard.

La découverte la plus importante a eu lieu quelques jours avant la fin du chantier : les archéologues ont mis à jour deux tombes datant de l’époque mérovingienne (entre le Ve et le VIIe siècle). Ce n’est pas vraiment exceptionnel puisqu’une telle trouvaille a eu lieu récemment à Villenave-d’Ornon ou ailleurs, mais l’étude de ces vestiges intéresse tout particulièrement les chercheurs.

Selon Hélène Réveillas, archéo-anthropologue qui a travaillé à Bruges, ces deux tombes ont été repérées grâce à leur « bâtière », un couvercle en pierre, en forme « de toit » affleurant à environ 40 centièmes de profondeur. Ils étaient placés chacun sur un sarcophage « trapézoïdal », se présentant lui-même d’un seul bloc taillé dans le calcaire. Ces tombeaux, très anciens, gisaient côte à côte, au sud de l’église Saint-Pierre.

En fait, la découverte de ces sépultures n’est pas une surprise puisqu’un cimetière se trouvait autrefois près de cette église présentant des parties romanes.

Fioles et épingles

Ceci dit, rien ne prouve, selon Hélène Réveillas, que les deux sépultures d’époque mérovingienne aient été enfouies dans un cimetière. La jeune femme préfère parler d’un « espace funéraire ». « Nous étions alors en pleine campagne. On ignore aussi, si un lieu de culte se trouvait à cet endroit. »

Les éléments mis à jour ont été transportés au dépôt du Service régional d’archéologie de Pessac où se trouve une ostéothèque.

Ils feront l’objet d’études portant notamment sur les rites funéraires, la mise en place des paroisses ou encore les pathologies pouvant être repérées sur les restes des défunts. On s’interroge aussi sur la présence de linceuls, de vêtements.

Les archéologues ont trouvé deux coquilles Saint-Jacques percées dans deux tombes médiévales ainsi que des éléments laissant à penser que des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle ont été inhumés là, avec leur canne.

Des épingles, une boucle de ceinture, des boutons en os et des fioles, des orcels, ayant certainement contenu de l’eau bénite ont également été prélevés à l’intérieur des différentes sépultures qui perdent, ainsi, un peu de leur mystère.

860 personnes dont des scolaires ont visité le chantier pendant les recherches.

 

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