L‘Écomusée de la Vallée d’Aspe, propose les rencontres anthropologiques en Béarn qui se tiendront ce samedi 11 octobre à 14 h 30 à la mairie de Sarrance. Elles seront dirigées par Bernard Traimond, professeur émérite à l’Université de Bordeaux qui est déjà venu en vallée d’Aspe lors des rencontres Historiques du Fort du Portalet.Parmi les quatre intervenants Patricia Heiniger-Casteret, maître de conférences à l’université de Pau, traitera du patrimoine culturel et immatériel en Béarn et en Aquitaine.
La langue béarnaise
Colette Milhe, docteur en anthropologie, présentera Bourdieu et ses étranges relations à la langue béarnaise. Michèle Pedezert, chercheuse en anthropologie, proposera le thème devenir « vieux au village : elle s’appuiera sur une enquête dans un village rue du Béarn. Bernard Traimond, évoquera l’anthropologue béarnais, Gérard Althabe (1932-2004). Dix ans après sa disparition, on constate la vitalité de la pensée d’Althabe, ce Béarnais qui a pu être défini comme un « révolutionnaire de l’anthropologie », mérite d’être mieux connu.
Ces intervenants auront à cœur de faire partager leurs connaissances.
Entrée gratuite.
Martine Lacout Loustalet
L’anthropologue Bernard Traimond est par ailleurs bien connu de nos amis landais pour avoir à plusieurs reprises étudié les relations sociales dans la Grande Lande et publié à ce titre dans le Bulletin de la Société de Borda.
Le maire Jean Baucou semblait heureux, cet après-midi, après avoir reçu un coup de fil du président de la commission « qualité » de l’Association des plus beaux villages de France. Ce dernier lui a confirmé que la cité béarnaise entourée de remparts allait rentrer dans le cercle, très fermé et envié, des plus beaux village de France.La commune rejoint ainsi des villages aux noms prestigieux comme Domme en Dordogne, Cordes-sur-Ciel dans le Tarn, Collonges-la-Rouge en Corrèze. Elle devient le 158ème village à obtenir ce label, et le premier en Béarn, sachant que dans les Pyrénées-Atlantiques, seules les communes basques d’Ainhoa, La Bastide-Clairence et Sare peuvent se prévaloir de ce label.
L’aboutissement d’une démarche initiée il y a deux ans par la commune, auprès de l’Association, qui a étudié le dossier, et envoyé cet des « inspecteurs » vérifier que tous les critères, de beauté, de patrimoine, mais aussi de dynamisme associatif et économique, étaient bien remplis. L’Association des plus beaux villages de France distingue des communes de moins de 2000 habitants.
Progressivement, le domaine chronologique pris en compte par la recherche archéologique s’amplifie jusqu’à englober des périodes « récentes » du 20e siècle. Le quotidien Sud Ouest évoque aujourd’hui dans un article les prospections subaquatiques entreprises dans le but de repérer et répertorier les vestiges du fameux Mur de l’Atlantique, vaste dispositif défensif mis en place par les Allemands sur la côte française lors de l’Occupation. Le littoral aquitain a connu lui aussi l’installation d’infrastructures destinées à se prémunir d’un éventuel débarquement Allié. Celui-ci aura bien lieu, mais en Normandie… Voici donc un aperçu de l’article (source : http://www.sudouest.fr/2014/08/30/dans-le-secret-des-blockhaus-sous-marins-1655606-1504.php) :
Dans le secret des blockhaus sous-marins
L’érosion a envoyé par le fond une batterie complète aménagée en 1943 et 1944. Ses éléments ont été répertoriés par une équipe d’archéologues plongeurs.
Au vu du paysage marin qui déroule ses fastes depuis la dune du Pilat, on a peine à croire qu’il y a soixante-dix ans, les passes du bassin d’Arcachon étaient hérissées de canons de l’armée allemande. Le temps a fait son œuvre sur le mur de l’Atlantique, qu’aucun soldat allié n’a eu besoin d’escalader dans ces contrées. La batterie des Gaillouneys – du nom de la maison forestière de l’autre côté de la dune – a maintenant disparu sous les flots.L’ensemble était fort de 18 blockhaus, répartis sur environ 500 mètres de linéaire. Ils verrouillaient l’entrée sud du Bassin. Seul l’un d’entre eux est encore totalement découvert à marée basse – par un coefficient de marée de 60, la moyenne. Trois autres barbotent dans le clapot, à l’étale de basse mer, comme des récifs de bord de plage. Le reste ? Immergés à une dizaine de mètres de profondeur, les énormes blocs de béton et de ferraille ne sont plus troublés par les déferlantes depuis des années, voire des décennies.
BIODIVERSITÉ – Des abris à faune
Les chasseurs sous-marins connaissent souvent les blockhaus, qui abritent une faune très riche et très variée. Celle-ci y est fixée par la grande diversité des espèces. Le béton a été colonisé par des murs d’anémones bijoux et d’anémones marguerites et par toute la gamme des crustacés : étrilles, dormeurs, araignées de mer, homards etc. Au hasard des cavités, on trouve aussi des seiches, des congres, des raies torpilles, des poulpes, des hippocampes, des crevettes bouquets, des tacauds etc.
Pour en embrasser la réalité, il faut être plongeur. Et, de préférence, se pencher sur la carte exhaustive du site, publiée il y a quelques jours par le Gramasa (Groupe de recherches archéologiques sur le mur de l’Atlantique secteur Arcachon) et vendue dans quelques magasins spécialisés. Il s’agit de la mouture actualisée d’un travail qui avait connu son premier aboutissement il y a dix ans, en 2004. Un travail de titan aquatique, affiné au fil de 300 relevés. Tout ou presque y figure : les coordonnées GPS des casemates, leur architecture intérieure, la distance qui les sépare, les points les plus et les moins profonds au droit de chacune des structures, etc.
La plongée dans les archives
Le Gramasa, installé à Gujan-Mestras, sur la rive sud du Bassin, est l’artisan majeur du dévoilement de ces fortifications, « le complexe immergé du mur de l’Atlantique le plus important identifié à ce jour en Europe », selon Marc Mentel, son président. Il y a une quinzaine d’années encore, ces bunkers sous-marins étaient livrés aux jeux des passionnés et/ou des farfelus, ils n’étaient pas l’objet d’une science bien établie. « On en sait moins sur ces constructions que sur le moindre détail des châteaux forts. Ou des villas gallo-romaines », s’étonne toujours Marc Mentel.
L’intéressé a longtemps traqué le poisson autour des abris de béton des Gaillouneys, sans en saisir les dédales. Il a appris à plonger il y a trente ans sur ces masses sombres qui émaillent les fonds. C’est en mémoire de Denis Sirven, plongeur émérite avec lequel il a longuement palmé sur les lieux, qu’il a décidé de remédier aux lacunes sur le sujet.
En 1998, il s’y est attelé avec toute la rigueur méthodique du professeur de physique-chimie qu’il est, dans l’eau mais surtout sur la terre ferme. Il s’est mis en quête de tous les documents qui avaient trait aux ouvrages défensifs du Bassin, par exemple aux archives de la Marine nationale à Rochefort, en Charente-Maritime, comme au siège du service historique de la Défense, à Vincennes en banlieue parisienne. Il a aussi déniché de vieilles photos aériennes auprès de l’IGN, l’Institut de l’information géographique. Le Graal ? Les plans allemands, sur lesquels il a enfin mis la main.
Il a validé ces plongées dans la paperasse en vérifiant in situ avec Laurent Prades, un autre adepte des profondeurs contaminé par le virus. Depuis cet épisode et la publication de la première carte, le Gramasa n’eut de cesse d’accumuler les connaissances historiques. Sur les systèmes de fixation des canons à l’intérieur des casemates, par exemple. Le Département des recherches archéologiques sous-marines, le Drassm – un service de l’État – a appuyé ses recherches. La station marine d’Arcachon de l’université Bordeaux 1 aussi. Des études et des fouilles ont été diligentées. Leur apport permet aujourd’hui à une nouvelle carte de voir le jour. « Mais on ne sait encore rien ! », tempère Marc Mentel.
Une érosion spectaculaire
L’examen attentif des photos aériennes a reconstitué le travail de sape de l’érosion. La dune a reculé au fil des ans, elle a abandonné les blockhaus sur la plage avant qu’ils ne plongent dans la passe. « Après-guerre, le recul a été d’environ 17 mètres par an en moyenne pendant vingt ans. Le trait de côte s’est avéré plus stable par la suite. Il y a aussi eu des phases de réengraissement de la plage », résume Marc Mentel. Issue des données du Gramasa, l’infographie ci-contre retrace ces oscillations erratiques. C’est une tendance, pas un relevé effectué selon un protocole scientifique incontestable.
Celle-ci illustre néanmoins la problématique générale de l’érosion du rivage, en Aquitaine comme en Charente-Maritime. Mais elle procède aussi d’une situation très particulière. À la sortie du Bassin, où le courant latéral à la plage est puissant, la dégringolade sous-marine des bunkers a sans doute modifié le jeu normal des éléments. Le sable a tendance à s’amasser en conche au nord des blockhaus alors que le sud, proche de la plage du Petit Nice – bien connue des Bordelais – est de plus en plus décapé.
Si cette dynamique se poursuit, viendra probablement le jour où toutes les casemates auront rejoint le monde du silence. Mais elles resteront accessibles aux plongeurs, les forts courants les préservant de l’ensablement. Et elles seront à jamais colonisées par la vie, des anémones aux congres, bien loin de leur mission d’origine.
À l’instar d’une série télévisée, chaque journée passée sur les fouilles de la place Vialolle permet d’écrire un scénario différent.
À la fin de la semaine dernière, la petite équipe du service archéologique de la CUB, conduite par David Hourcade, était partie en week-end, contente certes d’avoir découvert quelques bricoles, mais déçue de ne pas avoir découvert la villa gallo-romaine. Et puis, lundi matin, dès les premiers coups de pelleteuse, le miracle s’est produit. Avec beaucoup de précautions, et à leur plus grande joie, les chercheurs ont pu mettre à jour, à 1,20 m de profondeur et sur 0.5 à 1 m d’élévation, les bases de cette fameuse villa, recherchée depuis une semaine.
Une nouvelle qui fait du bruit
Attendue par les archéologues mais aussi par les historiens, la découverte d’une partie de cette villa, qui permettait aux Romains fortunés de venir prendre des bains et se faire masser, a drainé du monde dès mardi matin. Alain Turby, le maire, et une partie du Conseil municipal ont ainsi accueilli Stéphane Peyrichou, chef de la Direction bâtiment et moyens (DBM) de la CUB, Pierre Régaldo du SRA (Service régional de l’archéologie) dépendant de la Drac Aquitaine (Direction régionale des affaires culturelles), sans oublier les historiens de la commune que sont Yves Castex et Jean-Paul Grasset, adjoint en charge du patrimoine.
Que faire de la découverte ?
Cette question occupe les esprits des nombreuses personnes s’intéressant à cette découverte. C’est Alain Turby qui lance les premières idées.
« En fonction de l’intérêt que représente cette découverte, tant pour la ville, la CUB, la région, que pour les services en charge de la conservation du patrimoine (DRAC), plusieurs pistes commencent à se dessiner. La plus simple consisterait à reproduire, sous forme de dessin, l’emplacement exact de la villa sur le parking, après réfection. » Selon le maire, « l’autre idée, beaucoup plus ambitieuse, serait de reconstruire, au niveau du sol, le bâti, tel qu’il existe sous terre. Cela aurait pour conséquence de condamner tout ou une partie du parking et, si cette solution était retenue, il faudrait peut-être réfléchir au devenir du foyer municipal, dont l’état commence à désirer ».
La cathédrale de Lecture et son contexte d’implantation antique ont les honneurs du quotidien Sud-Ouest. L’avantage de l’été est que la presse régionale prend le temps de publier des chroniques patrimoniales ou historiques, parfois de qualité (surtout quand les articles sont signés par des spécialistes et non des stagiaires qui font ce qu’ils peuvent).
patrimoine Chaque lundi durant l’été, les grands sites du Gers dévoilent un pan méconnu de leur histoire. Pour découvrir les autres secrets des pierres, rendez-vous sur place… Aujourd’hui, la cathédrale de Lectoure. Si l’édifice n’avait pas subi autant d’outrages, on n’aurait jamais découvert les tauroboles du IIe siècle
Du monument emblématique de Lectoure, il a bien failli ne rien rester ou presque. Si aujourd’hui elle continue de se dresser fièrement au milieu de la ville, d’abriter sur son parvis chaque dimanche après la messe, un fort sympathique apéritif offert par les paroissiens, de faire rouspéter les autochtones à la gorge fragile car il souffle toujours dans ses alentours immédiats, un vent fripon, et d’inspirer les peintres du dimanche, la cathédrale Saint-Gervais l’a échappé belle…Sachez tout d’abord que si on l’appelle communément ainsi, son nom complet est « cathédrale Saint-Gervais Saint-Protais », car elle est dédiée aux deux vertueux.
Vue imprenable
L’imposant monument mérite à lui seul le détour, ne serait-ce que pour admirer sa nef monumentale et son chœur, découvrir le musée d’Art sacré qui présente l’une des plus remarquables collections d’objets liturgiques, de reliquaires, d’images pieuses, de sépultures et de chasubles, ou grimper au sommet de son clocher qui offre, du haut de ses 45 mètres et de ses 240 marches, une vue imprenable sur la vallée du Gers et la chaîne des Pyrénées. Mais ce joyau d’histoire et d’architecture revient de loin. Car à la suite des démêlés tragiques de Jean V d’Armagnac avec le roi Louis XI, la ville fut assiégée, pillée et incendiée. La cathédrale, qui dans la partie est de la ville fait partie des fortifications et abritait ses derniers défenseurs, en prit particulièrement pour son grade, puisque la façade, le clocher et la nef furent en grande partie démolis. Pendant des mois, Lectoure incendiée, démolie, vidée de ses habitants, est une ville fantôme. Aux XVe et XVIe siècles, on remet peu à peu la cathédrale sur pieds, mais patatras, les guerres de religion fichent tous les efforts par terre, car les partisans de la religion réformée, qui sont maîtres de Lectoure, entreprennent alors de démolir méthodiquement les édifices religieux. La cathédrale, dont la reconstruction n’était pas terminée, voit ses voûtes abattues et le mur sud presque rasé…
Saint-Gervais Saint-Protais devra ensuite subir les dommages de la Révolution, durant laquelle on jette à bas du clocher les douze statues représentant les huit prophètes de l’Ancien Testament et les quatre évangélistes, tandis qu’on prend un malin plaisir à marteler les ornements du portail…
Une incroyable collection
Il n’est donc pas exagéré de dire que la cathédrale s’en sort bien ! Mais en fin de compte, si la vieille dame n’avait pas été ainsi outragée, on n’aurait sans doute jamais découvert lors des travaux de reconstruction du chœur de la cathédrale et dans les ruines de l’ancienne église Saint-Thomas qui l’avait précédée, la vingtaine d’autels tauroboliques en marbre, sculptés à l’effigie des taureaux sacrifiés, qui constituent aujourd’hui une des plus importantes collections au monde.
Une fois que vous aurez quitté la cathédrale, prenez donc à gauche et courrez au musée Eugène-Camoreyt. C’est pour l’essentiel un musée lapidaire et archéologique qui regroupe des vestiges préhistoriques, gaulois, gallo-romains et en particulier les fameux autels tauroboliques, preuve que bien avant l’édification de la cathédrale, les cultes avaient déjà trouvé leur lieu de prédilection pour leur pratique…