Un article paru dans Sud Ouest (source : http://www.sudouest.fr/2016/04/20/la-sorcellerie-sabbatique-n-a-pas-du-tout-existe-2335854-4018.php) annonce la présentation prochain d’un ouvrage prometteur sur la répression subie au Pays Basque au XXe, euh…non, pardon, au XVIIe siècle. 😉

Entre Inquisition et soupçons des autorités publiques vis-à-vis d’un territoire frontalier insaisissable dans sa culture et ses pratiques, l’auteur démêle le vrai du faux pour mieux remettre en cause certaines idées reçues quant à la chasse aux sorcières qui s’est déroulée au début du XVIIe siècle, tant dans les provinces basques du nord que dans celles du sud. A l’instar de ce que répètent régulièrement les mouvements néopaïens ou la Wicca, l’auteur réfute l’existence pour cette période de pratiques démoniaques, la sorcellerie étant avant tout histoire de pratiques de guérison (ou d’envoûtements) mi-magiques, mi-herboristes. La sorcière en basque, « sorgin », serait étymologiquement, d’après le linguiste Michel Morvan dans « Les origines linguistiques de la langue basque » rien de moins que Read More →

Un ouvrage sur les Cascarots/Kaskarots (population marginale de la côte basque assimilée à tort aux cagots) récemment sorti développe une hypothèse plutôt audacieuse sur leur origine : les Cascarots seraient ni plus ni moins que les descendants des morisques expulsés d’Espagne entre le XVI et le XVIIe siècle… Exit l’hypothèse communément admise par les historiens selon laquelle les Cascarots descendaient de bohémiens venus s’installer dans cette partie du Pays Basque, balayant tout « mystère » autour de cette question. Le quotidien Sud Ouest revient sur cette étonnante révélation (source : http://www.sudouest.fr/2016/03/11/un-ouvrage-eclaircit-le-mystere-des-cascarots-2297390-4099.php) :

Saint-Jean-de-Luz : un ouvrage éclaircit le mystère des Cascarots

Jacques Sales et son ouvrage, devant le clocher atypique de Ciboure, où se devine l’influence des Morisques.
Jacques Sales et son ouvrage, devant le clocher atypique de Ciboure, où se devine l’influence des Morisques. ©

photo S. L.

Jacques Sales a rédigé un livre qui entend mettre un terme aux supputations sur les origines de cette mystérieuse communauté

sylvain lapique

saintjeandeluz@sudouest.fr

On a tout dit et tout écrit sur les Cascarots. Qu’ils étaient des Cagots, des Bohémiens, des indigents de petite vertu ou encore… des Cathares ! Dans une très sérieuse encyclopédie, on peut même lire en face de « Cascarots » : « Nom donné aux pêcheurs de Ciboure ». Ni plus ni moins.

Jacques Sales a décidé de siffler la fin de la récré. Dans son ouvrage « étude sur les Cascarots de Ciboure », l’historien amateur se livre à une démonstration étayée sur les origines de cette mystérieuse population, dont le souvenir hante encore la mémoire collective des habitants de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. « J’aime la recherche et je voulais en finir avec les idées toutes faites, lance-t-il. Certaines théories ne tiennent pas la route, mais se propagent malgré tout, car on vit dans un monde de copié-collé. Or comme dit le proverbe : mille fois répété n’est pas vérité. »

Des Morisques aux Cascarots

Jacques Sales a donc mis de côté les a priori pour replonger dans les textes. Les archives de la Casa Velazquez de Madrid, les travaux des chercheurs espagnols, la généalogie cibourienne, la correspondance et la littérature de l’époque… Et selon lui, le doute n’est plus permis : les Cascarots étaient bien des Morisques, ces maures convertis au catholicisme en Espagne et chassés de la péninsule au tournant des XVIe et XVIIe siècles.

Selon les estimations, entre 500 000 et 900 000 Morisques auraient quitté l’Espagne entre 1520 et 1614, au gré des ordonnances des royaumes d’Espagne. Certains par le Nord-Est et la Catalogne, pour regagner le Maghreb via les ports français d’Agde et Marseille. D’autres par la Navarre pour passer les cols pyrénéens, sous l’influence notamment d’Henri IV – « l’Angela Merkel de l’époque », sourit Jacques Sales -, qui leur a ouvert les portes de son royaume, non sans arrière-pensées militaires et diplomatiques.

En 1610, on en dénombre 3 000 entre Saint-Jean-de-Luz et Ciboure. Ce sont eux, puis leurs descendants, que l’on nommera Cascarots à partir du XVIIIe siècle.

Abel Hugo, le frère de « l’autre », écrit d’ailleurs en 1813 dans « La France pittoresque » : « On trouve dans le Pays basque une race d’hommes que les habitants considèrent comme descendants des Sarrasins, et qu’ils désignent sous les noms de Agotac et Cascarotac. En les examinant de près, on distingue dans leur physionomie les caractères un peu affaiblis du sang africain ; ils ont même gardé quelques coutumes étrangères. »

Notamment une curieuse danse avec grelots et bâtons, au son d’une flûte à trois trous et d’un tambour joués simultanément par un même musicien. Toute ressemblance est bien évidemment fortuite…

Identité perdue

à travers le destin de cette communauté, Jacques Sales aborde la grande question de l’assimilation, avec ce qu’elle comporte d’identités perçues et d’identités perdues. Il déconstruit les amalgames, raccourcis et fantasmes qui se sont installés au fil des siècles dans l’imaginaire collectif, jusqu’à entraîner la confusion actuelle.

On a d’abord pris les Cascarots pour des Cagots, car ils appartenaient de fait à la marge de la société. Puis pour des Bohémiens, car ils se sont longtemps fait passer pour des membres de cette communauté afin d’échapper aux persécutions des autorités espagnoles. On les a résumés, enfin, à une vision romantique de femmes à la beauté sauvage, charriant les paniers de poissons frais entre les ports et les marchés de la côte, tout en vendant leurs charmes à l’occasion… « Aujourd’hui, certains Cibouriens se revendiquent Cascarots uniquement parce que l’un de leurs ancêtres était pêcheur, sourit Jacques Sales. Mais s’il est vrai que beaucoup ont trouvé de petits boulots dans la pêche, d’autres étaient charpentiers, artisans et même, pour ceux qui sont arrivés avec de l’argent, capitaines de navire… »

Environ 300 Morisques ont ainsi fait souche à Ciboure, se mariant au fil des siècles à des Basques ou des Gascons, adoptant les coutumes et la langue locales, jusqu’à en égarer leur identité propre.

Une identité que Jacques Sales leur rend aujourd’hui avec un malin plaisir.

« étude sur les Cascarots de Ciboure », de Jacques Sales, 62 pages, 16 euros. Disponible sur les plateformes Internet de vente en ligne, à la librairie Louis-XIV de Saint-Jean-de-Luz et en libre consultation dans les bibliothèques de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure.

 

La monographie tant attendue sur la cité de Saint-Emilion (33) à l’époque médiévale va sortir. Et comme il se doit, jusqu’au 22 avril, son prix est de 24,50€ au lieu de 29 ! BON DE SOUSCRIPTION ICI
Plus d’infos sur l’ouvrage (infos éditeur) :
couvSaintEmilionWEB

Saint-Émilion
Une ville et son habitat médiéval
(XIIe-XVe siècles)

Service du Patrimoine et de l’Inventaire
Région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes.

Par un collectif d’historiens, historiens d’art et archéologues : David Souny, Agnès Marin, Pierre Garrigou Grandchamp, Frédéric Boutoulle
Avec la collaboration de : Pierre Régaldo-Saint Blancard et Anne-Laure Napoléone
Photographe : Adrienne Barroche
Dessinateur : Lionel Duigou

Collection Cahiers du patrimoine
324 pages, 349 illustrations
Grand format : 21 x 27 cm
Couverture cartonnée avec jaquette

Si la renommée de Saint-Émilion s’est fondée sur la réputation de ses vins, sur la qualité de ses paysages et sur ses monuments religieux, un patrimoine plus discret et tout aussi remarquable demeure méconnu : le bâti civil et l’architecture domestique de la cité médiévale. Il suffit pourtant d’une simple déambulation pour percevoir ici et là, au détour des rues et des escaliers de la ville, des vestiges d’habitations datant du Moyen Âge, dont la densité ne laisse pas de surprendre.
Fruit d’un travail collectif associant historiens, historiens d’art et archéologues, l’ouvrage révèle cette architecture en la replaçant dans son contexte urbain médiéval. La diffusion des équipements d’hygiène et de confort étonne, comme les preuves d’équipements collectifs de drainage et d’assainissement. Au delà de la compréhension de l’architecture civile, c’est tout le quotidien des Saint-Émilionnais du Moyen Âge et leur cadre de vie parfois raffiné qui se révèlent aux lecteurs.
La forte concentration de ces vestiges sur les XIIe et XIIIe siècles met en lumière l’apogée d’une ville dont tout indique qu’elle avait alors atteint, au terme d’une forte croissance démographique et économique, la deuxième place dans la hiérarchie urbaine du Bordelais.

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