{"id":879,"date":"2017-08-18T23:47:04","date_gmt":"2017-08-18T21:47:04","guid":{"rendered":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/?p=879"},"modified":"2017-08-23T10:07:38","modified_gmt":"2017-08-23T08:07:38","slug":"une-autre-histoire-de-la-foret-landaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/une-autre-histoire-de-la-foret-landaise\/","title":{"rendered":"Une autre histoire de la for\u00eat landaise"},"content":{"rendered":"<p>Choqu\u00e9 comme beaucoup d&rsquo;autres \u00e0 juste titre par <a href=\"http:\/\/www.sudouest.fr\/2017\/08\/17\/pourquoi-a-t-on-plante-la-foret-des-landes-3701586-3390.php\">un article r\u00e9cemment paru dans le quotidien Sud Ouest et intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Pourquoi a-t-on plant\u00e9 la for\u00eat des Landes?\u00a0\u00bb<\/a>, l&rsquo;un de nous a d\u00e9cid\u00e9 de prendre le temps de r\u00e9diger un article sur le sujet.\u00a0 En effet, l&rsquo;article paru dans Sud Ouest est une succession de poncifs sur les Landes dont on aurait pu croire qu&rsquo;ils \u00e9taient seulement r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 des sites internet d&rsquo;entreprises foresti\u00e8res. Et encore. Nous vous proposons donc ce \u00ab\u00a0vademecum\u00a0\u00bb que tout amoureux de l&rsquo;histoire des Landes, notamment de son espace forestier, devrait<!--more--> prendre la peine de lire. Vous le verrez, pour les habitu\u00e9s de l&rsquo;Histoire sociale, \u00e9conomique et environnementale des Landes, il n&rsquo;y a pas de surprise, puisque tous les \u00e9l\u00e9ments d\u00e9crits sont publi\u00e9s pour certains depuis longtemps. Apparemment, certains journalistes l&rsquo;ignorent, plongeant \u00e0 leur tour dans l&rsquo;ignorance un grand public qui n&rsquo;acc\u00e8de pas \u00e0 des donn\u00e9es fiables et sourc\u00e9es, mais \u00e0 des articles grand guignolesques venus conforter des id\u00e9es fausses. Voici donc cette \u00ab\u00a0autre histoire\u00a0\u00bb. Seul b\u00e9mol, \u00e7a manque un peu d&rsquo;images ! \ud83d\ude09<\/p>\n<blockquote><p><strong>Une autre histoire de la for\u00eat landaise<\/strong><\/p>\n<p>par Herv\u00e9 Barrouqu\u00e8re (membre du <a href=\"http:\/\/www.archeolandes.com\">Centre de Recherches Arch\u00e9ologiques sur les Landes<\/a> et de la <a href=\"http:\/\/www.societe-borda.com\/\">Soci\u00e9t\u00e9 de Borda<\/a>)<\/p>\n<p>Il y a l\u2019histoire de la for\u00eat landaise, celle que tout le monde connait, celle que l\u2019on trouve sur des sites institutionnels, sur des sites d\u2019entreprises foresti\u00e8res, de comit\u00e9s touristiques ou dans des articles de presse mal renseign\u00e9s. Tout le monde sait ou a son avis sur la question. Tout le monde vous dira que les pins ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s pour assainir les mar\u00e9cages, \u00e0 cause des maladies, de la pauvret\u00e9, que c\u2019est un roi ou Colbert ou Napol\u00e9on ou Napol\u00e9on 3 ou des moines ou Chambrelent ou Br\u00e9montier qui a fait planter les pins. Que ces derniers sont peut-\u00eatre m\u00eame arriv\u00e9s d\u2019Am\u00e9rique. Et avant les pins, il y avait un grand marais et le d\u00e9sert. Etrange\u00a0: un d\u00e9sert, habituellement, c\u2019est plut\u00f4t sec. Bref, tout le monde le sait, tout le monde a tout compris, on ne va pas revenir l\u00e0-dessus. Et pourtant\u2026<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Document-1-page8.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-716\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Document-1-page8-1024x400.jpg\" alt=\"\" width=\"729\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Document-1-page8-1024x400.jpg 1024w, https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Document-1-page8-300x117.jpg 300w, https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/Document-1-page8-768x300.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 729px) 100vw, 729px\" \/><\/a>(tir\u00e9 de\u00a0 \u00ab La fin du paradigme du d\u00e9sert landais : histoire de la v\u00e9g\u00e9tation et de l\u2019anthropisation \u00e0 partir de l\u2019\u00e9tude palynologique de quelques lagunes de la Grande-Lande \u00bb par Elodie Faure et Didier Galop\u00a0; voir plus loin dans l\u2019article)<\/p>\n<p><strong>1) Pourquoi avoir plant\u00e9 des pins\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Mais oui, pourquoi\u00a0? Pour soi-disant assainir les marais en buvant leur eau\u00a0? Un grand ch\u00eane en boit tout autant. Et un pin plant\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 il y a trop d&rsquo;eau va mal pousser si on ne creuse pas auparavant ce que les Landais appelaient des \u00ab\u00a0crastes\u00a0\u00bb ou des \u00ab\u00a0barrades\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire des foss\u00e9s. La loi de Napol\u00e9on 3 en 1857 dite d\u2019assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne n&rsquo;a jamais mentionn\u00e9 qu&rsquo;il fallait planter du pin, l\u2019empereur voulait juste rentabiliser l&rsquo;espace landais. La loi demandait en premier lieu de drainer, PUIS de mettre en culture les terrains vid\u00e9s du surplus d&rsquo;eau. L&rsquo;assainissement ayant \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 la charge des communes, qui \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque avaient la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;am\u00e9lioration du r\u00e9seau routier, celles-ci se retrouvaient g\u00e9n\u00e9ralement dans la g\u00eane pour planter les terrains assainis. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;aspect le plus important pr\u00e9vu par la loi : la vente aux ench\u00e8res (\u00ab\u00a0l\u2019ali\u00e9nation\u00a0\u00bb dans le texte) des communaux qui \u00e9taient majoritaires dans la Grande Lande. Durant les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes, beaucoup d&rsquo;hommes politiques et hommes d&rsquo;affaires (les m\u00eames personnes, en fait) s&rsquo;\u00e9levaient contre le r\u00e9gime communautaire des Landes de Gascogne et avan\u00e7aient que seule la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e \u00e9tait en mesure de faire avancer l\u2019\u00e9conomie. Lors de la mise aux ench\u00e8res des communaux, ce sont de riches familles bordelaises et parisiennes que furent les premi\u00e8res \u00e0 se servir : on les nommait les \u00ab\u00a0investisseurs \u00e9trangers\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. D&rsquo;ailleurs, il \u00e9tait question de \u00ab\u00a0coloniser\u00a0\u00bb les Landes de Gascogne. Et le mot \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque avait une connotation particuli\u00e8re\u00a0: \u00e0a la m\u00eame \u00e9poque, on colonise Asie et Afrique. Bref, personne n&rsquo;a tenu compte de l&rsquo;avis des Landais, ni m\u00eame de certains ing\u00e9nieurs agronomes qui demandaient qu&rsquo;un tiers des terrains soient laiss\u00e9s en lande pour que le basculement soit moins traumatisant. Le pin fut choisi car il poussait vite et \u00e9tait rapidement rentable. Surtout, il y avait un savoir-faire local pluris\u00e9culaire concernant les pins. La loi de 1857 n\u2019a pas fait na\u00eetre la for\u00eat landaise, elle a cr\u00e9\u00e9 une for\u00eat \u00e0 vocation industrielle. La for\u00eat spontan\u00e9e, elle, a toujours exist\u00e9 au cours de ces derniers 10\u00a0000 ans et existe toujours le long des cours d\u2019eau, l\u00e0 o\u00f9 les forestiers ne peuvent pas la remplacer par des pins.<\/p>\n<p><strong>2) Plongeons dans le pass\u00e9\u00a0: la lande avant la for\u00eat industrielle.<\/strong><\/p>\n<p>Tout comme la for\u00eat industrielle, la lande n\u2019est pas un paysage apparu tout seul. Comme ailleurs, la lande \u00e9tait pr\u00e9sente par volont\u00e9 humaine. Ici, elle a \u00e9t\u00e9 patiemment entretenue par des d\u00e9frichements et des br\u00fblis tout le long du Moyen Age et de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime pour l&rsquo;extension de l&rsquo;activit\u00e9 pastorale. Chaque hiver, les bergers pratiquaient la \u00ab\u00a0bluhe\u00a0\u00bb ou la \u00ab\u00a0burle\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire de vastes \u00e9cobuages, pas toujours ma\u00eetris\u00e9s. La for\u00eat \u00e9tait conserv\u00e9e sur 20 \u00e0 30% des parcelles et le ch\u00eane y \u00e9tait essentiel. Il y c\u00f4toyait ch\u00e2taigners, aulnes, saules, fr\u00eanes, bouleaux etc. en proportion variable selon le relief et l\u2019humidit\u00e9 du sol. Des parcelles de pins naturelles (les s\u00e8gues) et sem\u00e9es (les pinhadars) \u00e9taient pr\u00e9sentes et permettaient la production de poix bien avant la R\u00e9volution. Les recherches arch\u00e9ologiques montrent que la poix \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 produites \u00e0 partir du pin des l\u2019Antiquit\u00e9 dans la r\u00e9gion de Sabres, Commensacq, Trensacq, Saugnac-et-Muret, mais aussi Liposthey, Vielle, Sanguinet etc.<\/p>\n<p>Les lagunes, appel\u00e9e improprement mar\u00e9cages, \u00e9taient int\u00e9gr\u00e9es parfaitement \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie locale par la p\u00eache qui y \u00e9tait pratiqu\u00e9e et par le besoin d&rsquo;eau pour les troupeaux. Peu profondes, leur fond \u00e9tait relativement plat et compact. En hiver, les intemp\u00e9ries les faisaient souvent d\u00e9border les unes dans les autres lorsque plusieurs se concentraient dans la lande humide. L\u2019\u00e9conomie agropastorale avait besoin de la lande pour nourrir les tr\u00e8s nombreux moutons et brebis de la Grande Lande. Il y en au plusieurs centaines de milliers\u00a0; certains avancent le chiffre d\u2019un million. Parqu\u00e9e le soir dans des bergeries de parcours, elles \u00e9taient essentielles pour la production du fumier. Le sol \u00e9tant sableux, facilement lessiv\u00e9 par les pluies et les mouvements de la nappe phr\u00e9atique, il ne retenait pas les \u00e9l\u00e9ments essentiels \u00e0 la pratique d\u2019une agriculture c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re intense pour les terrains. En effet, pas de repos des sols ici, le m\u00eame champ \u00e9tait utilis\u00e9 chaque ann\u00e9e\u00a0: d\u2019o\u00f9 le besoin \u00e9norme en fumier. Celui-ci \u00e9tait recueilli dans les bergeries de parcours qui appartenaient au propri\u00e9taire du troupeau et du champ. La lande, elle, \u00e9tait majoritairement communale depuis la R\u00e9volution. Avant, elle b\u00e9n\u00e9ficiait depuis le Moyen Age d\u2019un r\u00e9gime communautaire encadr\u00e9 par les paysans peu r\u00e9pandu en France. Sans lande, pas de fumier. Sans fumier, pas de c\u00e9r\u00e9ales pour le pain.<\/p>\n<p><strong>3) Et les dunes alors\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Des dunes se sont form\u00e9es dans l\u2019espace landais d\u00e8s la fin de la derni\u00e8re glaciation, il y a plus de 12\u00a0000 ans. A cette \u00e9poque, d\u2019importantes temp\u00eates venues de l\u2019ouest napp\u00e8rent le sol du sable que l\u2019on peut voir aujourd\u2019hui sous nos pieds en nous baladant en for\u00eat dans la Grande Lande, loin de l\u2019oc\u00e9an. Des dunes imposantes se devinent dans le paysage \u00e0 Sabres (le Piou Romiou) ou \u00e0 Cazalis (le Douc) pour ne citer que les plus imposantes. Progressivement, avec le radoucissement du climat, la fonte des imposants glaciers du nord de l\u2019Europe lib\u00e9r\u00e8rent de grosses quantit\u00e9s d\u2019eau qui firent remonter le niveau de l\u2019oc\u00e9an de plusieurs dizaines de m\u00e8tres et reculer le trait de c\u00f4te vers l\u2019est de plusieurs dizaines de kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p>Une seconde p\u00e9riode de formation de dunes intervint entre la fin de la Pr\u00e9histoire et l\u2019Antiquit\u00e9. Ce sont les immenses dunes de la c\u00f4te, totalement bois\u00e9es aujourd\u2019hui. Elles \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en partie bois\u00e9es durant l\u2019Antiquit\u00e9 et le Moyen Age, m\u00eame si des temp\u00eates menaient r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 mal cette for\u00eat et d\u00e9pla\u00e7aient le sable d\u2019autres dunes form\u00e9es dans un troisi\u00e8me temps.<\/p>\n<p>A la fin du Moyen Age, un troisi\u00e8me cycle de formation de dunes est intervenu et ces dunes rest\u00e8rent mobiles jusqu\u2019au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. Pourquoi sont-elles rest\u00e9es dans les esprits comme \u00ab\u00a0danger\u00a0\u00bb permanent pour les Landes\u00a0? C\u2019est surtout par une mauvaise compr\u00e9hension des \u00e9v\u00e8nements. Au XVIIIe si\u00e8cle, c\u2019est une p\u00e9riode de p\u00e9joration climatique int\u00e9gr\u00e9e dans la derni\u00e8re phase du fameux \u00ab\u00a0Petit Age Glaciaire\u00a0\u00bb qui s\u2019est abattu sur l\u2019Europe d\u00e8s la fin du Moyen Age. Des temp\u00eates malm\u00e8nent les dunes c\u00f4ti\u00e8res et rendent instables les terrains. Des hameaux sont abandonn\u00e9s, mais, \u00e9tonnements, quand on plonge dans les sources comme le fit Bernard Saint-Jours il y a un si\u00e8cle, on remarque que ces abandons se firent moins \u00e0 cause du sable la plupart du temps, qu\u2019\u00e0 cause d\u2019une remont\u00e9e soudaine de la nappe phr\u00e9atique \u00e0 proximit\u00e9 des \u00e9tangs c\u00f4tiers. Ces derniers s\u2019\u00e9taient form\u00e9s pour la plus grosse partie \u00e0 cause de la deuxi\u00e8me phase d\u2019installation des dunes et dans une moindre mesure, la troisi\u00e8me\u00a0: les cours d\u2019eau c\u00f4tiers ne pouvant plus acc\u00e9der \u00e0 l\u2019oc\u00e9an, ils d\u00e9bord\u00e8rent ennoyant les berges. Des courants, exutoires de ces \u00e9tangs, finirent par se former et atteindre difficilement l\u2019oc\u00e9an en se frayant un chemin entre les dunes. Au XVIIIe si\u00e8cle, les pr\u00e9cipitations, accompagn\u00e9es d\u2019importants mouvements de sables au niveau des dunes blanches n\u00e9cessit\u00e8rent les premiers travaux d\u2019ensemencement destin\u00e9s \u00e0 fixer les dunes mouvantes. Des Landais, avant l\u2019ing\u00e9nieur des Ponts et Chauss\u00e9es Br\u00e9montier, avaient d\u00e9j\u00e0 entrepris ces travaux\u00a0: ce sont les fr\u00e8res Desbiey. Mais c\u2019est Br\u00e9montier qui restera dans l\u2019histoire, car dans la l\u00e9gende noire qui \u00e9tait en train de se construire, les Landais ne pouvaient \u00eatre que soumis \u00e0 la Nature, \u00e0 l\u2019eau et aux dunes. Mais celle-ci ne menac\u00e8rent jamais d\u2019avancer loin \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres. Il y eut une exag\u00e9ration sans doute volontairement entretenue, la m\u00eame qui pr\u00e9valait quand les Landais de la Grande Lande furent d\u00e9crits comme pauvres, maladifs, voire sauvages et volontiers d\u00e9voreurs d\u2019enfants.<\/p>\n<p><strong>4) Quand le pin s\u2019impose<\/strong><\/p>\n<p>Le pin, pr\u00e9sent naturellement, d\u00e9j\u00e0 exploit\u00e9 durant l\u2019Antiquit\u00e9 pour sa poix, apparemment d\u00e9j\u00e0 sem\u00e9 d\u00e8s la fin du Moyen Age, \u00e0 nouveau exploit\u00e9 pour la poix par Colbert sous Louis XIV, vint comme une \u00e9vidence boiser les dunes qui n\u2019\u00e9taient pas encore fix\u00e9es. Il y eut \u00e9norm\u00e9ment de publicit\u00e9 autour de cette action. Les landes de Gascogne, suppos\u00e9es mal utilis\u00e9es par des Landais inaptes, devinrent alors le terrain de tous les possibles pour des investisseurs fortun\u00e9s. Tentatives d\u2019acclimatation de l\u2019arachide, du chameau (eh oui, si les Landes \u00e9taient un d\u00e9sert, il leur fallait les chameaux), du riz (et des buffles qui vont avec), du m\u00e9rinos etc. furent souvent des exp\u00e9riences sans lendemain. Tout fut imagin\u00e9, m\u00eame de puissants canaux d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la navigation, sur mod\u00e8le du canal du Midi, du nord au sud, reliant bassin d\u2019Arcachon et Adour, voire Garonne et Adour\u00a0!<\/p>\n<p>Les Landais, jamais interrog\u00e9s sur leur vie, leurs envies, la mani\u00e8re dont ils tir\u00e8rent habilement parti de leur terroir, \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s au mieux en indig\u00e8nes passifs, qualifi\u00e9s de \u00ab\u00a0hottentots de la France\u00a0\u00bb, au pire, \u00e0 la faveur du darwinisme, comme cha\u00eenon manquant entre l\u2019homme et le singe. C\u2019est dans ce contexte que la loi de Napol\u00e9on 3 fut promulgu\u00e9e en 1857. Non que l\u2019empereur adh\u00e9ra aux id\u00e9es re\u00e7ues pr\u00e9c\u00e9dentes, mais il fallait bien que toute la France produise, participe \u00e0 l\u2019effort national pour int\u00e9grer le pays dans la R\u00e9volution Industrielle, dans laquelle l\u2019Angleterre avait d\u00e9j\u00e0 un train d\u2019avance. M\u00eame si un ing\u00e9nieur des Ponts et Chauss\u00e9es local, Henri Crouzet, avait d\u00e9velopp\u00e9 des tests concluants sur la mani\u00e8re de mettre en place un autre fonctionnement \u00e9conomique, respectueux des usages locaux, diversifi\u00e9 dans les cultures et les usages,\u00a0 en ne misant pas sur la suppression de l\u2019\u00e9levage et donc de toute la lande, c\u2019est un autre mod\u00e8le qui fut choisi, celui de Chambrelent, plus exp\u00e9ditif dans la mise en valeur des terrains. Un \u00e9v\u00e8nement lointain allait acc\u00e9l\u00e9rer les choses, une guerre\u00a0: la Guerre de S\u00e9cession aux Etats-Unis. Le sud est en guerre contre le nord qui m\u00e8ne un embargo pour l\u2019\u00e9touffer \u00e9conomiquement et le pousser vers la d\u00e9faite. Hors, ce sud exploite la r\u00e9sine et envoie ses produits d\u00e9riv\u00e9s (essence de t\u00e9r\u00e9benthine et colophane) vers l\u2019Europe. Il y a un march\u00e9 \u00e0 prendre et il sera tr\u00e8s lucratif.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, l\u2019espace sera d\u00e9volu \u00e0 la monoculture du pin. Pour la premi\u00e8re fois, les parcelles furent interdites aux troupeaux, pour la premi\u00e8re fois la lande se cloisonna par la pose de centaines de kilom\u00e8tres de cl\u00f4tures destin\u00e9es \u00e0 prot\u00e9ger les jeunes plants des pr\u00e9cieux pins. D\u2019apr\u00e8s un souvenir local, rapport\u00e9 par l\u2019ancien pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 de Borda, le Dr Peyresblanques, lors d\u2019une visite \u00e0 Marqu\u00e8ze de la soci\u00e9t\u00e9 savante, pr\u00e8s de vingt bergers se donn\u00e8rent la mort \u00e0 Pontenx-les-forges en dix ans, suite \u00e0 l\u2019application de la loi de Napol\u00e9on 3. On mesure assez mal encore aujourd\u2019hui le d\u00e9sastre humain que repr\u00e9senta cette loi, notamment en terme d\u2019exode rural ou de d\u00e9classement des propri\u00e9taires laboureurs, puisque c\u2019est le discours utilitariste des forestiers qui se r\u00e9percute, dans lequel on nous livre la version selon laquelle ils tir\u00e8rent les Landes de la pauvret\u00e9 et du d\u00e9sert.<\/p>\n<p>En quelques phrases, c\u2019est l\u2019historien Jean-Pierre Lescarret qui, dans la conclusion d&rsquo;un tr\u00e8s bon article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Parcs, bordes, parcours et bergers dans la Grande Lande au temps de l&rsquo;agro-pastoralisme\u00a0\u00bb, nous r\u00e9sume la situation\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Mais l&rsquo;histoire est \u00e9crite par les vainqueurs. Ecrite \u00e0 double titre : parce qu&rsquo;ils la font, parce qu&rsquo;ils l&rsquo;interpr\u00e8tent \u00e0 leur mani\u00e8re. L&rsquo;histoire \u00e9conomique de la Grande Lande a trop \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par les forestiers et les marchands d&rsquo;histoire. Sans doute la for\u00eat a-t-elle eu ses heures de gloire, mais pour les communaut\u00e9s villageoises le prix \u00e0 payer a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s lourd. L&rsquo;agro-pastoralisme avait g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une civilisation, le pin a \u00e9t\u00e9 le fondement d&rsquo;une \u00e9conomie, ce qui est tout autre chose.<\/em>\u00a0\u00bb (Bull. de la Soc. de Borda, n\u00b0449, 2e trimestre 1998)<\/p>\n<p><strong>6) Finalement, quelle fut l\u2019histoire de la for\u00eat landaise\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>La Grande Lande n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un d\u00e9sert au cours de ces 10\u00a0000 derni\u00e8res ann\u00e9es. La for\u00eat s\u2019y est d\u00e9velopp\u00e9e comme nous le montrent de nombreuses \u00e9tudes pal\u00e9oenvironnementales et les populations s\u2019y sont tr\u00e8s t\u00f4t install\u00e9es comme le montre l\u2019arch\u00e9ologie. D\u00e8s la fin du N\u00e9olithique, on assiste aux premiers d\u00e9frichements. Ainsi naquit la lande. Tr\u00e8s vite, le paysage va s\u2019ouvrir, laissant de plus en plus de place aux troupeaux dont on comprit tr\u00e8s vite l\u2019int\u00e9r\u00eat\u00a0: fumier, laine et dans une mesure moindre, viande et lait. La for\u00eat \u00e9tait cependant majoritairement conserv\u00e9e\u00a0: elle \u00e9tait le refuge du gibier, sans doute des divinit\u00e9s\u00a0; on y trouvait le bois des cabanes et du chauffage, puis le combustible des fours de potier et de bronzier. Durant l\u2019Antiquit\u00e9, gr\u00e2ce aux Romains apportant de nouveaux savoir-faire, on se mit \u00e0 exploiter la r\u00e9sine en br\u00fblant des b\u00fbches de pin dans des installations rudimentaires pour en tirer la poix. Celle-ci \u00e9tait transport\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019embouchure de la Leyre, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans les entrep\u00f4ts de la cit\u00e9 de Boios, actuel hameau de Biganos. De l\u00e0, la poix partait par bateaux vers Bordeaux et plus loin encore\u00a0: un chargement de poix dont la provenance \u00e9tait sans doute landaise fut retrouv\u00e9 dans l\u2019\u00e9pave d\u2019un bateau antique coul\u00e9 entre la France et l\u2019Angleterre. Pour cette exploitation, largement r\u00e9pandue comme le montrent les recherches men\u00e9es, sacrifia sans doute beaucoup de pins. D\u00e8s lors, le rapport entre lande et for\u00eat s\u2019inversa\u00a0: le Moyen Age fit le choix du mod\u00e8le agropastoral dans lequel les fameux investisseurs du XIXe si\u00e8cle, ne virent qu\u2019archa\u00efsme et pauvret\u00e9. Pourtant, des fortunes se construisirent patiemment ici\u00a0: miel, cire, laine, agneaux pouvaient finir par rapporter beaucoup g\u00e9n\u00e9rations apr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rations. Mais on parlait peu d\u2019argent et on le montrait peu, hors lors des paris, courant ici, car il fallait bien que nos \u00absauvages\u00a0\u00bb eurent quand m\u00eame quelques vices, bien r\u00e9els cette fois.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es sur le couvert v\u00e9g\u00e9tal, gr\u00e2ce aux pr\u00e9l\u00e8vements de pollens dans les tourbes des lagunes (voir le graphique en premi\u00e8re page), sont pr\u00e9cises et nous montrent une toute autre vision de ce que serait la for\u00eat landaise si demain, le pin n\u2019\u00e9tait pas replant\u00e9 partout. Car oui, contrairement \u00e0 une assertion r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sur des pancartes en bord de for\u00eat landaise dans les mois qui suivirent la temp\u00eate de janvier 2009, il y a une for\u00eat sans les forestiers. Mais ce n\u2019est pas la for\u00eat industrielle dont ils sont les z\u00e9lateurs, car le pin ne serait que secondaire sans l\u2019intervention humaine, derri\u00e8re des ch\u00eanes vrais ma\u00eetres de l\u2019espace landais.<\/p>\n<p><strong>7) En conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Voici des indications bibliographiques en vrac sur lesquelles repose ce court article sur un sujet qui vaudrait bien un livre\u00a0:<\/p>\n<p>_ <strong>Histoire de la for\u00eat landaise, du d\u00e9sert \u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019or<\/strong>, de Jacques Sargos, publi\u00e9 aux \u00e9ditions Horizon Chim\u00e9rique, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement<\/p>\n<p>_ <strong>Voyage au c\u0153ur des Landes<\/strong>, de Jacques Sargos, publi\u00e9 en 1984 aux \u00e9ditions Horizon Chim\u00e9rique<\/p>\n<p>_ <strong>Le pin de la discorde<\/strong>, de Francis Dupuy, publi\u00e9 aux \u00c9ditions de la Maison des sciences de l&rsquo;homme en 1996, consultable en ligne<\/p>\n<p>_ <strong>Clochers et troupeaux : les communaut\u00e9s rurales des Landes et du Sud-Ouest avant la R\u00e9volution<\/strong>, d\u2019Anne Zink, publi\u00e9 par les Presses Universitaires de Bordeaux en 1997, consultable en ligne<\/p>\n<p>_ <strong>L&rsquo;imaginaire contemporain des Landes de Gascogne<\/strong>, par Marie-Dominique Ribereau-Gayon, paru aux \u00e9ditions du CTHS en 2011<\/p>\n<p>_ <strong>La Grande Lande\u00a0: histoire naturelle et g\u00e9ographie historique<\/strong>, actes du colloque de Sabres de 1981, publi\u00e9s par le CNRS en 1985, dont une partie est consultable en ligne<\/p>\n<p>_ <strong>De la lagune \u00e0 l\u2019airial, le peuplement de la Grande Lande<\/strong>, actes du colloque de Sabres de 2008, publi\u00e9s par Aquitania en 2011.<\/p>\n<p>_ <strong>Landes et Chalosses<\/strong>, ouvrage collectif paru aux \u00e9ditions du SNERD en 1984<\/p>\n<p>_ les diff\u00e9rents actes de colloques parus dans la collection \u00ab\u00a0Colloques et travaux\u00a0\u00bb publi\u00e9s par le Parc Naturel R\u00e9gional des Landes de Gascogne<\/p>\n<p>_ les bulletins de la Soci\u00e9t\u00e9 de Borda<\/p>\n<p>_ les ouvrages de Pierre Toulgouat<\/p>\n<p>_ les donn\u00e9es sur le peuplement ancien des Landes mises en ligne sur Archeolandes ou sur le Club Dubalen.<\/p>\n<p>Pour finir, m\u00eame si \u00e7a parait un peu ardu de prime abord, voici la conclusion de l\u2019article \u00ab\u00a0La fin du paradigme du d\u00e9sert landais : histoire de la v\u00e9g\u00e9tation et de l\u2019anthropisation \u00e0 partir de l\u2019\u00e9tude palynologique de quelques lagunes de la Grande-Lande\u00a0\u00bb par Elodie Faure et Didier Galop (labo GEODE, Univ.Toulouse 2), paru dans l\u2019indispensable \u00ab\u00a0De la lagune \u00e0 l\u2019airial\u00a0\u00bb cit\u00e9 plus haut, actes du colloque de Sabres (nov. 2008), Aquitania, Pessac, 2011, pp.43-59\u00a0:<\/p>\n<h5>\u00ab\u00a0<em>Sur\u00a0 l\u2019histoire\u00a0 de\u00a0 la\u00a0 v\u00e9g\u00e9tation,\u00a0 les \u00a0donn\u00e9es\u00a0 polliniques d\u00e9montrent l\u2019existence d\u2019une couverture foresti\u00e8re\u00a0 importante\u00a0 et\u00a0 diversifi\u00e9e\u00a0 (ch\u00eane,\u00a0 orme,\u00a0 tilleul, fr\u00eane, h\u00eatre) durant la premi\u00e8re moiti\u00e9 de l\u2019Holoc\u00e8ne. <\/em><\/h5>\n<h5><em>(\u2026) Le d\u00e9but de l\u2019Holoc\u00e8ne est caract\u00e9ris\u00e9 par l\u2019existence d\u2019une importante pin\u00e8de (l\u2019 \u201cancienne pin\u00e8de\u201d du g\u00e9ographe Louis Papy) qui n\u2019a \u00e9t\u00e9\u00a0 remplac\u00e9e\u00a0 par\u00a0 une\u00a0 ch\u00eanaie\u00a0 riche\u00a0 en\u00a0 arbres\u00a0 et\u00a0 arbustes\u00a0 h\u00e9liophiles\u00a0 que\u00a0 vers\u00a0 8000-7500\u00a0 avant\u00a0 le\u00a0 pr\u00e9sent. Bien que soumise \u00e0 des d\u00e9boisements r\u00e9guliers \u00e0 partir du N\u00e9olithique final, cette couverture foresti\u00e8re a\u00a0 persist\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aube du Moyen\u00a0 \u00c2ge, p\u00e9riode \u00e0 partir de laquelle une intensification des activit\u00e9s humaines a entra\u00een\u00e9 dans certains secteurs sa disparition pour laisser la place aux landes.<\/em><\/h5>\n<h5><em>Enfin, pour ce qui est des rythmes et processus de l\u2019anthropisation de la Grande-Lande, les donn\u00e9es palynologiques indiquent une anthropisation ancienne, remontant \u00e0 la premi\u00e8re moiti\u00e9 du N\u00e9olithique ancien pour une p\u00e9riode constituant encore un point aveugle au niveau des connaissances arch\u00e9ologiques. \u00c0 partir du\u00a0 N\u00e9olithique\u00a0 final,\u00a0 l\u2019occupation\u00a0 semble\u00a0 p\u00e9renne. <\/em><\/h5>\n<h5><em>Elle s\u2019intensifie d\u00e8s la Protohistoire, pour atteindre un point\u00a0 culminant\u00a0 durant\u00a0 la\u00a0 p\u00e9riode\u00a0 m\u00e9di\u00e9vale.\u00a0 Ces rythmes\u00a0 font\u00a0 \u00e9cho\u00a0 \u00e0\u00a0 ceux\u00a0 observ\u00e9s\u00a0 dans\u00a0 le\u00a0 Sud\u00a0 de l\u2019Aquitaine,\u00a0 en\u00a0 particulier\u00a0 sur\u00a0 le\u00a0 versant\u00a0 nord\u00a0 des Pyr\u00e9n\u00e9es\u00a0 occidentales.\u00a0 L\u2019image\u00a0 de\u00a0 la\u00a0 Grande-Lande s\u2019en trouve ainsi quelque peu modifi\u00e9e : loin d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 un espace marginal ou inhospitalier, elle appara\u00eet au\u00a0 contraire\u00a0 comme\u00a0 un \u00a0zone\u00a0 sans\u00a0 doute\u00a0 dens\u00e9ment peupl\u00e9e et exploit\u00e9e d\u00e8s la fin du N\u00e9olithique.<\/em>\u00a0\u00bb<\/h5>\n<p><u>Holoc\u00e8ne\u00a0:<\/u> \u00e8re qui a d\u00e9but\u00e9 apr\u00e8s la derni\u00e8re glaciation il y a 10\u00a0000 ans et dans laquelle nous vivons toujours.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Choqu\u00e9 comme beaucoup d&rsquo;autres \u00e0 juste titre par un article r\u00e9cemment paru dans le quotidien Sud Ouest et intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Pourquoi a-t-on plant\u00e9 la for\u00eat des Landes?\u00a0\u00bb, l&rsquo;un de nous a d\u00e9cid\u00e9 de prendre le temps de r\u00e9diger un article sur le sujet.\u00a0 En effet, l&rsquo;article paru dans Sud Ouest est une succession de poncifs sur <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/une-autre-histoire-de-la-foret-landaise\/\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[67,6],"tags":[74,11,76,77,75],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/879"}],"collection":[{"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=879"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/879\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":924,"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/879\/revisions\/924"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}