{"id":66,"date":"2013-04-27T16:09:19","date_gmt":"2013-04-27T14:09:19","guid":{"rendered":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/?p=66"},"modified":"2013-04-27T20:06:44","modified_gmt":"2013-04-27T18:06:44","slug":"dubalen-archeologue","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/dubalen-archeologue\/","title":{"rendered":"Dubalen arch\u00e9ologue"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>Afin d&rsquo;\u00eatre coh\u00e9rent avec le titre m\u00eame de ce site et du Club, voici en exclusivit\u00e9 l&rsquo;article publi\u00e9 par Herv\u00e9 Barrouqu\u00e8re dans le Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 de Borda en 2012. Cet article retrace la carri\u00e8re d&rsquo;arch\u00e9ologue et de mus\u00e9ographe de Pierre Eudoxe Dubalen.<\/p>\n<p><i>Bull. Soc. Borda, <\/i>Dax, 2012, 137<sup>e<\/sup> ann\u00e9e, n\u00b0507, 3, 13 fig., p. 305-326.<\/p>\n<p>(extraction texte avec accord de l&rsquo;auteur \u00e0 partir de <a href=\"http:\/\/archeolandes.celeonet.fr\/documents\/dub2012.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/archeolandes.celeonet.fr\/documents\/dub2012.pdf<\/a>)<\/p>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>Dubalen arch\u00e9ologue : du terrain au mus\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p><b>R<\/b><b>\u00e9sum\u00e9 <\/b>&#8211; <em>Le nom du landais Pierre-Eudoxe Dubalen reste attach\u00e9 au Mus\u00e9e d&rsquo;Histoire Na\u00adturelle qui fit l&rsquo;orgueil de Mont-de-Marsan pendant plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle. Pourtant, le per\u00adsonnage est avant tout un chercheur dont le champ d&rsquo;investigation fut des plus larges. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de revenir sur deux facettes de ce parcours \u00e9clectique : la recherche arch\u00e9ologi\u00adque et la cr\u00e9ation et l&rsquo;\u00e9volution du Mus\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p><b>Mots cl<\/b><b>\u00e9s <\/b>&#8211; <em>Dubalen, Landes, Tursan, Aubagnan, arch\u00e9ologie, Brassempouy, Chalossien, Pr\u00e9\u00adhistoire, Protohistoire, tumulus, biface, tri\u00e8dre, urne.<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;arch\u00e9ologie de la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et du d\u00e9but du XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle est riche de grands noms, g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9s \u00e0 des d\u00e9couvertes d\u00e9sormais mondialement connues. Dans ces destin\u00e9es exemplaires, il convient d&rsquo;\u00e9voquer celle d&rsquo;un landais dont le parcours atypique justifie \u00e0 lui seul qu&rsquo;un article lui soit consacr\u00e9, lui dont la soif de connaissance n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gale que son attachement au pays. Il s&rsquo;agit de Pierre Eudoxe Dubalen.<\/p>\n<p>Aborder ce brillant chercheur dans une publication, c&rsquo;est prendre un risque : mal \u00e9treindre l&rsquo;ensemble d&rsquo;une \u0153uvre particuli\u00e8rement riche et vari\u00e9e. En effet, son approche des Landes est \u00e0 la fois celle d&rsquo;un arch\u00e9ologue, d&rsquo;un g\u00e9ologue, d&rsquo;un botaniste, d&rsquo;un entomologiste ou d&rsquo;un pal\u00e9ontologue. Son \u0153uvre a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 retrac\u00e9e par divers auteurs, aussi avons-nous choisi de nous concentrer sur un seul aspect de ses travaux, celui de l&rsquo;\u00e9tude des racines de l&rsquo;Humanit\u00e9 telles que les terrains landais le lui permirent de les discerner. Nous avons voulu \u00e9galement \u00e9voquer la cr\u00e9ation et l&rsquo;\u00e9volution du Mus\u00e9e d&rsquo;Histoire Naturelle de Mont-de-Marsan : ce projet fut la meilleure preuve du d\u00e9sir de Dubalen de l\u00e9guer mat\u00e9riellement \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 les r\u00e9sultats de recherches malheureusement incompl\u00e8tement publi\u00e9es.<\/p>\n<p><b>A) L&rsquo;homme de terrain<\/b><\/p>\n<p><i>1 &#8211; Quelques <\/i><i>\u00e9l\u00e9ments biographiques<\/i><\/p>\n<p>Pierre-Eudoxe Dubalen est n\u00e9 le 26 mars 1851 \u00e0 Montgaillard ; il meurt \u00e0 Montsou\u00e9 en 1936 (Fig. 1). Pharmacien de formation, il abandonne cette voie pour se consacrer \u00e0 l&rsquo;agriculture et \u00e0 l&rsquo;industrie. Il s&rsquo;int\u00e9resse d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;agronomie, acclimatant la vigne am\u00e9ricaine au Sud-Ouest ou se faisant le promoteur des premiers engrais chimiques. Directeur de la P\u00e9pi\u00adni\u00e8re d\u00e9partementale des Landes, chef du laboratoire agricole, il est m\u00e9daill\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises pour ses travaux. Chevalier du m\u00e9rite agri\u00adcole, officier d&rsquo;Acad\u00e9mie et chevalier de la L\u00e9gion d&rsquo;Honneur en 1925, Dubalen n&rsquo;a de cesse d&rsquo;\u0153uvrer pour la collectivit\u00e9. Chercheur pr\u00e9coce et \u00e9clectique, il se passionne pour toutes les sciences de la Terre. Il publie d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 21 ans un \u00ab Catalogue critique des oiseaux observ\u00e9s dans le d\u00e9partement des Landes, des Basses-Pyr\u00e9n\u00e9es et de la Gironde \u00bb (Dubalen, 1872) dans les Actes de la Soci\u00e9t\u00e9 Lin\u00e9enne de Bordeaux.<\/p><\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div>\n<div style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-67 aligncenter\" alt=\"dub1\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub1-300x210.jpg\" width=\"513\" height=\"358\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub1-300x210.jpg 300w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub1.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 513px) 100vw, 513px\" \/><\/a><\/div>\n<p style=\"text-align: center;\"><i>Fig. 1 &#8211; Deux photographies de Dubalen. (archives du Mus<\/i><i>\u00e9e Despiau-Wl\u00e9rick).<\/i><\/p>\n<p>Mais bien vite c&rsquo;est bien l&rsquo;arch\u00e9ologie qui va devenir son principal centre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pendant pr\u00e8s de 50 ans.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>2 &#8211; <i>Un arch<\/i><i>\u00e9ologue en herbe<\/i><\/p>\n<p>En 1874, il publie une note dans le bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 Arch\u00e9ologi\u00adque de Bordeaux (Dubalen, 1874). Il y indique que d\u00e8s 1870, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de dix neuf ans, il prospecte les coteaux autour de chez lui et classe des silex taill\u00e9s, issus principalement du Tursan. Surtout, on peut y lire sa motivation premi\u00e8re : r\u00e9unir \u00ab des mat\u00e9riaux pour servir \u00e0 l&rsquo;his\u00adtoire de l&rsquo;homme primitif dans ces contr\u00e9es \u00bb. On le voit, tr\u00e8s t\u00f4t Dubalen n&rsquo;est pas guid\u00e9 par la seule motivation de constituer une collection per\u00adsonnelle, mais il d\u00e9veloppe une v\u00e9ritable passion pour la recherche. \u00c0 cette \u00e9poque, il parcourt d\u00e9j\u00e0 les champs labour\u00e9s autour de Montsou\u00e9 et d\u00e9couvre plusieurs gisements du Pal\u00e9olithique moyen et sup\u00e9rieur : La Fauquille, les collines du Pouy par exemple (Fig. 2). Il n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 com\u00adparer les s\u00e9ries r\u00e9colt\u00e9es avec d&rsquo;autres ramass\u00e9es \u00e0 Tercis, Gamarde ou Laur\u00e8de afin de tenter de mettre en \u00e9vidence des courants migratoires et des \u00e9volutions typologiques. M\u00eame si son raisonnement et ses conclu\u00adsions sont aujourd&rsquo;hui d\u00e9pass\u00e9s, il faut les resituer dans une \u00e9poque o\u00f9 la discipline pr\u00e9historique est encore en pleine construction.<\/p>\n<p>Tout au long des ann\u00e9es 1870, ses prospections arch\u00e9ologiques conti\u00adnuent. Il vaudrait mieux utiliser d&rsquo;ailleurs le terme alors en vigueur, d&rsquo;excursions. En effet, au cours d&rsquo;une m\u00eame journ\u00e9e, le jeune Dubalen ramasse aussi bien des silex, qu&rsquo;il s&rsquo;attarde sur une orchid\u00e9e ou scrute un rapace afin de l&rsquo;identifier. Ses carnets de notes, conserv\u00e9s au Mus\u00e9e Despiau-Wl\u00e9rick, sont \u00e0 ce titre \u00e9clairants : il s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 tout simultan\u00e9ment : g\u00e9ologie, botanique, arch\u00e9ologie, zoologie. Mettant \u00e0 profit les avantages que lui procure son statut de propri\u00e9taire, il sollicite ses m\u00e9tayers afin que ceux-ci glanent \u00e9galement des vestiges sur les ter\u00adres cultiv\u00e9es ; on peut lire dans ses carnets des listes nominatives indi\u00adquant par personne le type d&rsquo;objet recueilli et le montant de la r\u00e9tribu\u00adtion accord\u00e9e en r\u00e9compense.<\/p>\n<p>3 &#8211; <i>Dubalen pr<\/i><i>\u00e9historien<\/i><\/p>\n<p>En 1880-1881, Dubalen commence v\u00e9ritablement \u00e0 se faire conna\u00eetre en entreprenant des fouilles \u00e0 la grotte de Brassempouy qu&rsquo;il venait de d\u00e9couvrir, apr\u00e8s la mise au jour d&rsquo;os et d&rsquo;outils lors de travaux par des ouvriers. Il a alors 30 ans. La campagne qu&rsquo;il m\u00e8ne, avec l&rsquo;appui d&rsquo;un autre grand chercheur landais, Joseph de Laporterie, lui permet de met\u00adtre en \u00e9vidence des t\u00e9moins int\u00e9ressants de l&rsquo;occupation pr\u00e9historique du site. Le Journal d&rsquo;Histoire Naturelle de Bordeaux s&rsquo;en fait l&rsquo;\u00e9cho l&rsquo;an\u00adn\u00e9e suivante, mais d\u00e9taille assez peu les d\u00e9couvertes <sup>(1)<\/sup>. Tout juste y lit-on que les objets se rapportent \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge du Renne et qu&rsquo;une t\u00eate de cheval sculpt\u00e9e y a \u00e9t\u00e9 mise au jour entre autres \u00e9l\u00e9ments et qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 en partie pr\u00e9sent\u00e9s lors de l&rsquo;exposition pr\u00e9historique des Quinconces (Bor\u00addeaux). Beaucoup plus d\u00e9taill\u00e9e est la notice parue en 1881 dans la revue<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>\u00a0<a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-68 aligncenter\" alt=\"dub2\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub2-300x275.jpg\" width=\"444\" height=\"408\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub2-300x275.jpg 300w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub2.jpg 447w\" sizes=\"(max-width: 444px) 100vw, 444px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"center\"><i>Fig. 2 &#8211; S<\/i><i>\u00e9rie d&rsquo;outils en silex ramass\u00e9s par Dubalen.<\/i><\/p>\n<p>\u00ab Mat\u00e9riaux pour l&rsquo;histoire Primitive et Naturelle de l&rsquo;Homme \u00bb dirig\u00e9e par Gabriel de Mortillet et Emile Cartailhac (Dubalen, 1881). Dubalen y pr\u00e9sente en trois pages l&rsquo;abondant mobilier recueilli, notamment les res\u00adtes de faune. Une planche d&rsquo;illustrations permet d&rsquo;appr\u00e9cier quelques \u00e9l\u00e9ments remarquables (Fig. 3).<\/p>\n<p>Le r\u00f4le jou\u00e9 par Brassempouy sera sans doute d\u00e9terminant sur la suite de sa longue carri\u00e8re. En effet, pour la premi\u00e8re fois, Dubalen se trouve face \u00e0 un ensemble de pi\u00e8ces coh\u00e9rent en place et non des bifaces c\u00f4\u00adtoyant des haches polies sur un champ labour\u00e9. Il apprend \u00e0 observer les couches, la patine des objets, leur positionnement, leur usure. Jusqu&rsquo;alors, il \u00e9tait conscient d&rsquo;avoir approch\u00e9 deux grandes p\u00e9riodes de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, ce qu&rsquo;il appelait en 1871 : \u00ab \u00e2ge des silex taill\u00e9s \u00bb et \u00ab \u00e2ge du silex poli et de la pointe de fl\u00e8che barbel\u00e9e \u00bb (Dubalen, 1874). D\u00e9sormais, il s&rsquo;ouvre \u00e0 des m\u00e9thodes d&rsquo;investigation plus pr\u00e9cises, tant dans la p\u00e9riodisation, que la nomenclature des objets, et \u00e9largit sa vision des temps pr\u00e9historiques. Il ne semble pas toutefois qu&rsquo;il ait mesur\u00e9 toute la richesse potentielle de ce gisement, puisqu&rsquo;il ne fouille qu&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 Brassempouy, o\u00f9 d&rsquo;autres chercheurs vont le supplanter. \u00c0 l&rsquo;occasion de<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub3.jpeg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-69 aligncenter\" alt=\"dub3\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub3-300x243.jpeg\" width=\"536\" height=\"433\" \/><\/a><\/p>\n<div>\n<p style=\"text-align: center;\"><i>Fig. 3 &#8211; Brassempouy <\/i>: <i>planche d&rsquo;illustrations.<\/i><\/p>\n<p>l&rsquo;excursion du congr\u00e8s national de l&rsquo;Association Fran\u00e7aise pour l&rsquo;Avan\u00adcement des Sciences, organis\u00e9e en 1892 \u00e0 Brassempouy, il commet une maladresse qui va lui attirer des inimiti\u00e9s et nuire \u00e0 sa notori\u00e9t\u00e9 nais\u00adsante, dans un milieu o\u00f9 les rivalit\u00e9s sont d\u00e9j\u00e0 exacerb\u00e9es. En effet, il dissimule \u00e0 ses coll\u00e8gues une statuette qui a \u00e9t\u00e9 mise au jour dans la journ\u00e9e, sans que la lumi\u00e8re soit faite sur les motifs de ce geste (Verg\u00e9s, 1987). Nous verrons que ce chercheur pourtant int\u00e8gre pr\u00eatera une nou\u00advelle fois le flanc, 20 ans plus tard, \u00e0 la critique de ses contemporains, mais int\u00e9ressons-nous \u00e0 son activit\u00e9.<\/p>\n<p>On peut dire que de 1870 \u00e0 1912, c&rsquo;est la Pr\u00e9histoire qui semble au centre de ses recherches :<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0 fouilles de l&rsquo;abri Dufaure \u00e0 Sorde d\u00e8s 1900,<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0 fouilles de la grotte de Rivi\u00e8re en 1911,<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0 prospection durant toute cette p\u00e9riode des collines du Tursan et de Chalosse pour compl\u00e9ter les s\u00e9ries de silex taill\u00e9s du Pal\u00e9olithique Inf\u00e9\u00adrieur et Moyen.<\/p>\n<p>Souhaitant faire conna\u00eetre sa contr\u00e9e au-del\u00e0 des limites du d\u00e9parte\u00adment, on le voit en 1901 donateur de silex taill\u00e9s \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;anthropo\u00adlogie de Paris <sup>(2)<\/sup>. En 1904 il adh\u00e8re \u00e0 la toute jeune Soci\u00e9t\u00e9 Pr\u00e9historique Fran\u00e7aise et en devient correspondant pour le d\u00e9partement des Landes.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Anim\u00e9 par la volont\u00e9 de promouvoir les trouvailles landaises et peut-\u00eatre aussi d\u00e9sireux d&rsquo;acqu\u00e9rir la reconnaissance de ses pairs, il \u00e9change des id\u00e9es avec les plus brillants pr\u00e9historiens de l&rsquo;\u00e9poque. La correspon\u00addance \u00e9crite de Dubalen, conserv\u00e9e en partie au Mus\u00e9e Despiau-Wl\u00e9rick (Mont-de-Marsan) montre \u00e0 quel point il est soucieux de communiquer, \u00e9changer, comparer. Mais c&rsquo;est aussi une \u00e9poque o\u00f9 les r\u00e9putations sont vite faites et d\u00e9faites dans cette discipline en plein essor, o\u00f9 les rivalit\u00e9s sont vives. Si le malheureux \u00e9pisode de Brassempouy n&rsquo;a pas laiss\u00e9 trop de traces, il n&rsquo;en sera pas de m\u00eame avec l&rsquo;affaire des \u00ab faux \u00bb de Rivi\u00e8re.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub4.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-70 aligncenter\" alt=\"dub4\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub4-300x203.jpg\" width=\"612\" height=\"414\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><i>Fig. 4- Photographie de Dubalen fouillant <\/i><i>\u00e0 Rivi\u00e8re en 1911. (archives du Mus\u00e9e Despiau-Wl\u00e9rick).<\/i><\/p>\n<p>En 1911, il d\u00e9cide d&rsquo;entamer la fouille d&rsquo;une grotte situ\u00e9e sur les ber\u00adges de l&rsquo;Adour \u00e0 Rivi\u00e8re, et mise au jour lors de travaux r\u00e9alis\u00e9s plus de 50 ans auparavant. Apr\u00e8s avoir obtenu une subvention du Comit\u00e9 des Travaux historiques et scientifiques<sup>(3)<\/sup> et de la Mairie de Mont-de-Marsan, il se lance en mars 1911 dans cette nouvelle aventure (Fig. 4). En octobre, il fait para\u00eetre dans le Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 Pr\u00e9historique Fran\u00e7aise un compte-rendu de quatre pages (Dubalen, 1911). Il y est fait \u00e9tat, outre la pr\u00e9sence d&rsquo;une industrie lithique et osseuse caract\u00e9ristique du Pal\u00e9olithi\u00adque sup\u00e9rieur, de ce que Dubalen appelle une \u00ab chim\u00e8re \u00bb, \u00e0 savoir un visage sch\u00e9matique grav\u00e9 sur plaquette d&rsquo;os, comme un masque en quel\u00adque sorte (Fig. 5). Dubalen, persuad\u00e9 de son authenticit\u00e9, livre dans son article tous les arguments qu&rsquo;il juge d\u00e9terminants en ce sens.<\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub5.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-71 aligncenter\" alt=\"dub5\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub5-219x300.jpg\" width=\"264\" height=\"361\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub5-219x300.jpg 219w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub5.jpg 501w\" sizes=\"(max-width: 264px) 100vw, 264px\" \/><\/a><\/p>\n<div>\n<p align=\"center\"><i>Fig. 5 &#8211; La <\/i><i>\u00ab chim\u00e8re \u00bb, montage explicatif \u00e0 partir de croquis de Dubalen <\/i>: <i>en haut, pr\u00e9sentation suppos\u00e9e de la fabrication, avec geste et sch<\/i><i>\u00e9ma directeur <\/i>; <i>en bas, la <\/i><i>\u00ab chim\u00e8re <\/i>\u00bb <i>telle que d<\/i><i>\u00e9couverte par Dubalen.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Seulement, cette d\u00e9couverte s&rsquo;est faite sur un site o\u00f9, de l&rsquo;aveu m\u00eame de Dubalen, des faux ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s, \u00e0 savoir d&rsquo;autres gravures suffi\u00adsamment douteuses dans leur aspect ou leur position pour \u00eatre \u00e9cart\u00e9es. La pol\u00e9mique qui va se prolonger durant quelques ann\u00e9es entre Dubalen, convaincu d&rsquo;avoir raison, et le grand pr\u00e9historien Henri Breuil, qui a cru deviner une supercherie, va entamer le cr\u00e9dit de Dubalen au sein de la communaut\u00e9 scientifique. Bien que b\u00e9n\u00e9ficiant de quelques soutiens, Dubalen ne r\u00e9ussit pas \u00e0 dissiper les soup\u00e7ons, et la controverse tourne au d\u00e9savantage de notre savant landais. Quant \u00e0 la question du faus\u00adsaire : qui \u00e9tait-il ? pourquoi agit-il de la sorte ? Dubalen, apr\u00e8s avoir enqu\u00eat\u00e9 pour conna\u00eetre l&rsquo;auteur des quelques pi\u00e8ces que lui-m\u00eame avait \u00e9cart\u00e9, nous donne un indice : il dit avoir obtenu des aveux d&rsquo;une \u00ab per\u00adsonne cultiv\u00e9e et nullement ignorante des questions relatives \u00e0 l&rsquo;Histoire Naturelle \u00bb. On peut l\u00e9gitimement supposer qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un chercheur local, s&rsquo;estimant peut-\u00eatre en position de concurrence ou nourrissant quel\u00adque ressentiment \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Dubalen, au point de vouloir le pi\u00e9ger.<\/p>\n<\/div>\n<p>Sans doute ne conna\u00eetrons-nous jamais le responsable de cette superche\u00adrie, mais il est \u00e0 pr\u00e9ciser que l&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait h\u00e9las riche en manipulations du genre : Glozel (France), Totana (Espagne), Piltdown (Angleterre)&#8230;<\/p>\n<div>\n<p>4 &#8211; <i>Dubalen protohistorien<\/i><\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 1912-1913 marquent un tournant dans les recherches me\u00adn\u00e9es par Dubalen. Doit-on y voir un effet de l&rsquo;affaire de la grotte de Rivi\u00e8re ? Toujours est-il qu&rsquo;il d\u00e9cide de se consacrer dor\u00e9navant \u00e0 ce qu&rsquo;il nomme \u00ab les tertres tumuliformes \u00bb, ainsi qu&rsquo;aux monuments m\u00e9ga\u00adlithiques landais. En effet, bien avant que le remembrement et l&rsquo;arase\u00adment de la moindre lev\u00e9e de terre ne les d\u00e9truisent dans les ann\u00e9es 1950-1970, de nombreux tumulus \u00e9taient visibles dans le sud des Landes, plus particuli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;est de la Chalosse et en Tursan. Trois tumuli sont d&rsquo;abord fouill\u00e9s \u00e0 Vielle-Aubagnan, Lacajunte et Arboucave. Quelques mois auparavant l&rsquo;abb\u00e9 Beaumont et J. de Laporterie fouillaient d\u00e9j\u00e0 un tumulus en 1912 \u00e0 Lacajunte. Apr\u00e8s une interruption, de 1914 \u00e0 1925, due \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale, les fouilles de tertres sur ces communes et d&rsquo;autres voisines (Samadet), seront men\u00e9es annuellement, apportant leur lot de trouvailles exceptionnelles pour une p\u00e9riode alors mal connue dans le Sud-Ouest, l&rsquo;\u00c2ge du Fer. Un tumulus de la lande Mespl\u00e8de \u00e0 Aubagnan qui renfermait des s\u00e9pultures particuli\u00e8rement riches, avec cotte de maille, javelot <i>soliferrum, <\/i>phiales en argent \u00e0 inscription en ib\u00e8re, fibules, torques et bien s\u00fbr, urnes fun\u00e9raires, procure \u00e0 Dubalen ses sa\u00adtisfactions les plus marquantes (Fig. 6).<\/p>\n<p>Des dizaines de s\u00e9pultures seront mises au jour durant cette p\u00e9riode, mais avec moins de fr\u00e9n\u00e9sie tout de m\u00eame que ne l&rsquo;avaient fait L\u00e9o Testut et Eug\u00e8ne Dufourcet qui, le 24 octobre 1884, \u00e9ventr\u00e8rent pas moins de 10 tumuli dans la journ\u00e9e pr\u00e8s d&rsquo;Estibeaux ! En 1926, alors \u00e2g\u00e9 de 75 ans, Dubalen fouille encore un tertre \u00e0 Aubagnan. M\u00eame s&rsquo;il privil\u00e9gie le tra\u00advail de terrain, il ne renonce pas \u00e0 contribuer \u00e0 la r\u00e9flexion th\u00e9orique. Ainsi, il propose d&rsquo;op\u00e9rer une distinction des tertres qu&rsquo;il rencontre, se\u00adlon trois types :<\/p>\n<p>1\u00b0 Tertres d&rsquo;habitation, avec ou sans pavage ;<\/p>\n<p>2\u00b0 Tertres s\u00e9pulcraux ;<\/p>\n<p>3\u00b0 Tertres mixtes : La moiti\u00e9 ouest pav\u00e9e, r\u00e9serv\u00e9e aux vivants ; la moiti\u00e9 est sans pavage parsem\u00e9e d&rsquo;urnes, r\u00e9serv\u00e9e aux morts.<\/p>\n<p>Cette typologie, conforme \u00e0 une th\u00e9orie en vogue \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, est aban\u00addonn\u00e9e depuis lors puisqu&rsquo;il est g\u00e9n\u00e9ralement admis maintenant que tous les tumuli sont des monuments fun\u00e9raires, l&rsquo;existence de tertres d&rsquo;habi\u00adtation pas plus que celle de tertres mixtes n&rsquo;ayant pu \u00eatre prouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans ses carnets, tout est not\u00e9, de la profondeur des vestiges \u00e0 la couleur des sols rencontr\u00e9s. De v\u00e9ritables coupes stratigraphiques sont m\u00eame r\u00e9alis\u00e9es, ainsi que des plans sommaires de chaque tertre avec l&#8217;emplacement des urnes fun\u00e9raires (Fig. 7).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub6.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-72\" alt=\"dub6\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub6-189x300.jpg\" width=\"340\" height=\"539\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub6-189x300.jpg 189w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub6.jpg 455w\" sizes=\"(max-width: 340px) 100vw, 340px\" \/><\/a><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><i>Fig. 6 &#8211; Extrait d&rsquo;un carnet de Dubalen faisant <\/i><i>\u00e9tat des objets d\u00e9couverts dans le tumulus n\u00b0 3 de la Lande de Mespl\u00e8de \u00e0 Aubagnan.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Conscient de d\u00e9truire les monuments qu&rsquo;il fouille, Dubalen veut garder scrupuleusement la m\u00e9\u00admoire de leurs structures. Cette d\u00e9marche qui consiste \u00e0 consigner le plus d&rsquo;informations possible est bien celle d&rsquo;un scientifique, et non celle d&rsquo;un simple collectionneur. \u00c0 cet \u00e9gard, il est \u00e9tonnant que les articles qu&rsquo;il a publi\u00e9s manquent souvent de pr\u00e9cisions et de d\u00e9tails.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub7.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-73\" alt=\"dub7\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub7-300x217.jpg\" width=\"572\" height=\"413\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub7-300x217.jpg 300w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub7.jpg 744w\" sizes=\"(max-width: 572px) 100vw, 572px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"center\"><i>Fig. 7 &#8211; Coupe stratigraphique d&rsquo;un des tumuli d&rsquo;Aubagnan.<\/i><\/p>\n<p><i>5 &#8211; Une passion toujours vivace pour la Pr<\/i><i>\u00e9histoire<\/i><\/p>\n<p>Le dernier combat de Dubalen sera celui de la reconnaissance d&rsquo;un nouveau faci\u00e8s du Pal\u00e9olithique, le \u00ab Chalossien \u00bb. Cr\u00e9ant ce concept en 1923, il veut absolument d\u00e9montrer que la Chalosse a \u00e9t\u00e9 le si\u00e8ge d&rsquo;une industrie originale de la pierre parmi les plus anciennes d\u00e9velopp\u00e9es par l&rsquo;Homme, dont l&rsquo;outil caract\u00e9ristique serait le tri\u00e8dre (Fig. 8). Mais la question fait d\u00e9bat \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 Pr\u00e9historique Fran\u00e7aise dont quelques membres veulent s&rsquo;assurer de l&rsquo;authenticit\u00e9 d&rsquo;une telle industrie. L&rsquo;un d&rsquo;eux, Andr\u00e9 Vayson de Pradenne, effectue une visite en 1927 dans les Landes. Celui-ci est tr\u00e8s critique lorsqu&rsquo;il rend compte de son inspection des collections du Mus\u00e9e de Mont-de-Marsan, puis des terrains ayant livr\u00e9 les pi\u00e8ces en cause. Il explique dans le d\u00e9tail les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la d\u00e9termination d&rsquo;un suppos\u00e9 faci\u00e8s chalossien : les rapprochements mor\u00adphologiques ne tiennent pas compte d&rsquo;aspects technologiques d&rsquo;une part, et d&rsquo;autre part les objets proviennent de ramassages de surface et non de r\u00e9elle position en stratigraphie (Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 Pr\u00e9historique Fran\u00ad\u00e7aise d&rsquo;octobre 1930). Recevant le renfort du pr\u00e9historien basque Eug\u00e8ne Passemard, Dubalen s&rsquo;accrochera pourtant \u00e0 ce concept de Chalossien jusqu&rsquo;au bout ; mais les progr\u00e8s de la recherche auront raison du Chalossien, qui n&rsquo;a pas d&rsquo;ind\u00e9pendance v\u00e9ritable.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub8.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-74\" alt=\"dub8\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub8-300x226.jpg\" width=\"422\" height=\"317\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub8-300x226.jpg 300w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub8.jpg 735w\" sizes=\"(max-width: 422px) 100vw, 422px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"center\"><i>Fig. 8 &#8211; Tri<\/i><i>\u00e8dre <\/i>\u00ab <i>chalossien <\/i>\u00bb. <i>Dessin Fr. Millet.<\/i><\/p>\n<p><b>B) Du terrain au Mus<\/b><b>\u00e9e<\/b><\/p>\n<p>Les collections de Dubalen ne se limitent pas \u00e0 l&rsquo;arch\u00e9ologie. En effet, dans un premier temps, c&rsquo;est l&rsquo;histoire naturelle qui se taille la part du lion (plantes, insectes, fossiles). L&rsquo;arch\u00e9ologie est repr\u00e9sent\u00e9e principale\u00adment par des outils de la Pr\u00e9histoire, des plus anciens (bifaces ou hachereaux) aux plus r\u00e9cents (haches polies, pointes de fl\u00e8ches en silex).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><i>I\u00a0 -Le Mus<\/i><i>\u00e9e<\/i><\/p>\n<p>En 1885, Dubalen installe sa collection arch\u00e9ologique, d\u00e9j\u00e0 riche de plusieurs centaines d&rsquo;objets, dans le local que lui fournit la ville de Mont-de-Marsan. C&rsquo;est le premier acte de la cr\u00e9ation du Mus\u00e9e. L&rsquo;ann\u00e9e sui\u00advante est cr\u00e9\u00e9 un mus\u00e9e municipal \u00e0 partir de cette collection et de celles d&rsquo;histoire naturelle. Le mus\u00e9um d&rsquo;Histoire Naturelle est am\u00e9nag\u00e9 dans une pi\u00e8ce du th\u00e9\u00e2tre municipal (Fig. 10). Il y reste une quinzaine d&rsquo;an\u00adn\u00e9es, avant de devoir d\u00e9m\u00e9nager. En effet, le local ne permet plus d&rsquo;ac\u00adcueillir les nouveaux objets issus soit des recherches de Dubalen, soit d&rsquo;achats divers (animaux naturalis\u00e9s) ; en 1889, le Conseil G\u00e9n\u00e9ral des Landes autorise le Mus\u00e9e \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer les collections de min\u00e9ralogie et de pal\u00e9ontologie r\u00e9unies par Andr\u00e9-Eug\u00e8ne Jacquot et F\u00e9lix-Victor Raullin pour l&rsquo;\u00e9tablissement de la carte g\u00e9ologique du d\u00e9partement. Le transfert s&rsquo;impose : il a lieu au tout d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, dans le \u00ab Palais Pascal-Duprat \u00bb, actuel H\u00f4tel de Ville, alors am\u00e9nag\u00e9 pour accueillir le mess des officiers. Tout le deuxi\u00e8me \u00e9tage sera consacr\u00e9 aux collections rassem\u00adbl\u00e9es par Dubalen (Fig. 9).<\/p>\n<p>Le volume occup\u00e9 par les objets de fouille finit par devenir cons\u00e9\u00adquent. Dans les m\u00eames salles, ces derniers c\u00f4toient tant\u00f4t des \u0153uvres d&rsquo;art, tant\u00f4t des pi\u00e8ces g\u00e9ologiques ou des collections d&rsquo;entomologie. De quelques s\u00e9ries de bifaces, pointes de fl\u00e8ches et haches polies \u00e0 l&rsquo;\u00e9po\u00adque du th\u00e9\u00e2tre, on est d\u00e9sormais pass\u00e9 \u00e0 un mus\u00e9e \u00e0 vocation patrimo\u00adniale g\u00e9n\u00e9raliste. La section arch\u00e9ologique comprend des s\u00e9ries typolo\u00adgiques d\u00e9taill\u00e9es pour le Pal\u00e9olithique inf\u00e9rieur ou moyen (industries dites Chell\u00e9ennes et Chalossiennes, termes abandonn\u00e9s depuis), le Pa\u00adl\u00e9olithique sup\u00e9rieur (o\u00f9 l&rsquo;os abonde en plus des outils en silex, sans oublier des plaquettes grav\u00e9es). Le N\u00e9olithique est bien repr\u00e9sent\u00e9 avec des s\u00e9ries de haches polies (Fig. 10). D&rsquo;un point de vue volum\u00e9trique, c&rsquo;est incontestablement l&rsquo;\u00c2ge du Fer qui domine avec le mobilier fun\u00e9\u00adraire issu de la fouille des tumuli du sud des Landes. Quelques meules \u00e0 grain rotatives de la p\u00e9riode antique, ainsi que de la c\u00e9ramique et des lampes de la m\u00eame \u00e9poque sont aussi \u00e0 mentionner, ainsi que, \u00e0 l&rsquo;instar de beaucoup de mus\u00e9es de l&rsquo;\u00e9poque, quelques objets exotiques : des di\u00adzaines de fl\u00e8ches, per\u00e7oirs, perles en coquille d&rsquo;\u0153uf d&rsquo;autruche de la r\u00e9\u00adgion saharienne (probablement Bab-Merzouka).<\/p>\n<p>\u00c0 travers certains objets, on peut deviner une volont\u00e9 permanente de la part de Dubalen d&rsquo;\u00eatre didactique ou de transmettre le plus d&rsquo;infor\u00admations possible. Nous avons choisi deux exemples (Fig. 11) pour illus\u00adtrer cette pr\u00e9occupation.<\/p>\n<p>II convient d&rsquo;\u00e9voquer ici une autre supercherie sans doute assum\u00e9e que l&rsquo;on doit \u00e0 Dubalen. Dans l&rsquo;ouvrage collectif Nos <i>Landes, <\/i>publi\u00e9 en 1927, Dubalen fait figurer le dessin (fig. 23, p. 59) d&rsquo;une bien curieuse \u00e9p\u00e9e \u00e0 antennes, alors expos\u00e9e au mus\u00e9e et cens\u00e9e provenir d&rsquo;un tumulus du Tursan (Fig. 12).<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub9.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-75\" alt=\"dub9\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub9-236x300.jpg\" width=\"441\" height=\"560\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub9-236x300.jpg 236w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub9.jpg 788w\" sizes=\"(max-width: 441px) 100vw, 441px\" \/><\/a><\/p>\n<div>\n<p align=\"center\"><i>Fig. 9 &#8211; Le th<\/i><i>\u00e9\u00e2tre municipal et le Palais Pascal-Duprat au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. (cartes postales).<\/i><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>Il s&rsquo;agit en r\u00e9alit\u00e9 non pas d&rsquo;une \u00e9p\u00e9e \u00e0 antennes, mais d&rsquo;un astucieux montage utilisant trois objets en fer rouilles et d\u00e9\u00adform\u00e9s : une premi\u00e8re fibule en guise d&rsquo;antennes, une deuxi\u00e8me en guise de poign\u00e9e et de garde et une probable extr\u00e9mit\u00e9 de javelot en guise de lame ! On se demande ce qui a bien pu pousser Dubalen \u00e0 ce montage, sinon une fois encore le d\u00e9sir de vouloir montrer la richesse des tumuli du Tursan. Si la protohistorienne Gabrielle Fabre a \u00e9t\u00e9 abus\u00e9e (Fabre, 1952, Fig. 1 p. 61), l&rsquo;attention des chercheurs modernes n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 prise en d\u00e9faut.<\/p>\n<p>2 &#8211; <i>Les vicissitudes du mus<\/i><i>\u00e9e<\/i><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort de Dubalen en 1936, plusieurs conservateurs se succ\u00e8\u00addent : son coll\u00e8gue et ami Pierre Lummau jusqu&rsquo;en 1946, puis Maurice Prat jusqu&rsquo;en 1960. Les ann\u00e9es qui suivent voient le passage d&rsquo;Henri Mougel qui sera \u00e9galement le premier conservateur du Mus\u00e9e Despiau Wl\u00e9rick naissant (en 1968), un inventaire des collections pr\u00e9historiques est dress\u00e9 par le chercheur Claude Thibault. Mais le mus\u00e9e, plus du tout aux normes en vigueur ni au go\u00fbt de l&rsquo;\u00e9lite culturelle locale davantage s\u00e9duite par la c\u00e9l\u00e9bration de la sculpture figurative, ferme une premi\u00e8re fois ses portes en 1970. Les collections sont transf\u00e9r\u00e9es dans une des maisons romanes acquises par la ville, rue Maubec. Le nouveau conser\u00advateur Guy Pueyo entreprend alors un tri drastique : en effet, le \u00ab nou\u00adveau \u00bb Mus\u00e9e Dubalen doit ouvrir dans une deuxi\u00e8me maison romane situ\u00e9e \u00e0 50 m\u00e8tres du donjon Lacataye, sur plusieurs niveaux ; mais la partie arch\u00e9ologique ne devra en occuper qu&rsquo;un seul. L&rsquo;inauguration a lieu en 1972. En 1977, est enfin nomm\u00e9 un conservateur professionnel : Armand-Henri Amann. Il tente un r\u00e9am\u00e9nagement mais doit faire face \u00e0 de gros probl\u00e8mes de conservation d&rsquo;une partie des collections. Finale\u00adment, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, le conservateur du Patrimoine du d\u00e9\u00adpartement des Landes, Philippe Camin, est contraint de fermer ce qui reste du Mus\u00e9e Dubalen, pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. Les collections arch\u00e9ologiques seront d\u00e9sormais rel\u00e9gu\u00e9es dans les r\u00e9serves du Mus\u00e9e Despiau Wl\u00e9rick, o\u00f9 elles se trouvent encore aujourd&rsquo;hui, au dernier \u00e9tage du donjon Lacataye (Fig. 13).<\/p>\n<p>En une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, la collection arch\u00e9ologique patiemment ras\u00adsembl\u00e9e pendant 40 ans par Dubalen, augment\u00e9e des dons et des achats effectu\u00e9s par ses successeurs, ne conna\u00eet pas moins de trois d\u00e9m\u00e9nage\u00adments. On imagine ais\u00e9ment les cons\u00e9quences sur la conservation de cer\u00adtaines pi\u00e8ces, fragiles par nature, comme des urnes fun\u00e9raires de l&rsquo;\u00c2ge du Fer par exemple. Mais d&rsquo;autres p\u00e9rip\u00e9ties ont atteint l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de cette collection. D\u00e8s l&rsquo;Occupation, des d\u00e9gradations ou des disparitions d&rsquo;objets sont remarqu\u00e9es. Durant un temps, bon nombre d&rsquo;objets ont \u00e9t\u00e9 enfouis et dissimul\u00e9s sous des tas de sable pour \u00e9viter un pillage.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub10.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-76\" alt=\"dub10\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub10-208x300.jpg\" width=\"374\" height=\"539\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub10-208x300.jpg 208w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub10.jpg 480w\" sizes=\"(max-width: 374px) 100vw, 374px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"center\"><i>Fig. 10 &#8211;\u00a0\u00a0 Quelques objets de la collection Dubalen (1 <\/i>: <i>pointes solutr<\/i><i>\u00e9enes de Montaut ; 2 <\/i>: <i>haches polies du N\u00e9olithique <\/i>; 3 : <i>hache bipenne et sph<\/i><i>\u00e9ro\u00efde perfor\u00e9s, N\u00e9olithique <\/i>; 4 : <i>haches de l&rsquo;Age du Bronze).<\/i><\/p>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub11.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-77 aligncenter\" alt=\"dub11\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub11-198x300.jpg\" width=\"345\" height=\"522\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub11-198x300.jpg 198w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub11-676x1024.jpg 676w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub11.jpg 709w\" sizes=\"(max-width: 345px) 100vw, 345px\" \/><\/a><\/p>\n<div>\n<p align=\"center\"><i>Fig. 11 &#8211; 1 &#8211; urne en cours de fouille o<\/i><i>\u00f9 l&rsquo;on distingue le d\u00e9p\u00f4t osseux surmont\u00e9 d&rsquo;un petit vase offrande <\/i>; 2 &#8211; <i>silex portant tous les renseignements n\u00e9cessaires<\/i><i> pour comprendre sa localisation, tant g<\/i><i>\u00e9ographique que g\u00e9ologique.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub12.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-78\" alt=\"dub12\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub12-269x300.jpg\" width=\"415\" height=\"462\" srcset=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub12-269x300.jpg 269w, http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub12-920x1024.jpg 920w\" sizes=\"(max-width: 415px) 100vw, 415px\" \/><\/a><\/p>\n<div>\n<p style=\"text-align: center;\"><i>Fig. 12 &#8211; <\/i><i>\u00ab L&rsquo;\u00e9p\u00e9e \u00e0 antennes <\/i>\u00bb <i>du Tursan <\/i>: <i>en haut \u00e0 gauche telle que pr\u00e9sent\u00e9e dans <\/i>Nos Landes, <i>au centre dans un ouvrage de Gabrielle Fabre. A droite, morphologie courante de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e a antennes durant Y Age du Fer. En bas, le montage de \u00ab l&rsquo;\u00e9p\u00e9e <\/i>\u00bb <i>de Dubalen \u00e0 partir de diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments.<\/i><\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub13.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-79\" alt=\"dub13\" src=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/dub13-300x200.jpg\" width=\"653\" height=\"434\" \/><\/a><\/p>\n<div>\n<p style=\"text-align: center;\"><i>Fig. 13 &#8211; Meuble dans lequel sont entrepos<\/i><i>\u00e9es plusieurs s\u00e9ries de silex glan\u00e9s sur des sites du Pal\u00e9oli\u00adthique inf\u00e9rieur et moyen. Dessus, six urnes fun\u00e9raires sont accompagn\u00e9es de deux vases offrande.<\/i><\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1950, lorsque Prat officie en tant que conservateur, les classes qui se succ\u00e8dent en visite voient quelques \u00e9l\u00e8ves chahuteurs proc\u00e9der l\u00e0 encore \u00e0 des d\u00e9gradations ou des vols. Les ann\u00e9es 1970 se singularisent par d&rsquo;autres formes d&#8217;emprunt :<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0 le pr\u00e9historien palois Georges Laplace, alarm\u00e9 par des rumeurs de d\u00e9gradation des collections, voire de leur mise au rebut, cela dans un contexte de tensions importantes entre certains \u00e9rudits locaux et le con\u00adservateur Amann, accepta de se voir confier plusieurs caisses de mobilier afin de les \u00ab mettre en s\u00fbret\u00e9 \u00bb au Mus\u00e9e d&rsquo;Arudy. On ignore o\u00f9 ce mo\u00adbilier se trouve actuellement, car la Conservatrice du mus\u00e9e d&rsquo;Arudy, interrog\u00e9e \u00e0 ce sujet d\u00e9clare ne pas retrouver trace de ce mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0 le chercheur Jean-Pierre Mohen vient \u00e0 Mont-de-Marsan afin de dres\u00adser l&rsquo;inventaire des objets de l&rsquo;\u00c2ge du Fer contenus dans la collection Dubalen, en vue de documenter la th\u00e8se qu&rsquo;il pr\u00e9pare alors sur l&rsquo;Aqui\u00adtaine. N&rsquo;ayant pas termin\u00e9 au bout de trois jours, il d\u00e9cide de charger sa voiture de caisses du mobilier le plus int\u00e9ressant et de l&#8217;emporter au mus\u00e9e des Antiquit\u00e9s nationales \u00e0 Saint-Germain-en-Laye, o\u00f9 il travaille, pour l&rsquo;\u00e9tudier tranquillement. Aujourd&rsquo;hui, ce mobilier n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 restitu\u00e9 au mus\u00e9e de Mont-de-Marsan, et serait toujours aujourd&rsquo;hui \u00e0 Saint-Germain-en-Laye, mais plusieurs tentatives r\u00e9centes pour essayer de d\u00e9bloquer la situation se sont heurt\u00e9es \u00e0 un certain immobilisme.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>4 &#8211; <i>Les collections en d<\/i><i>\u00e9tail<\/i><\/p>\n<p>Que sait-on pr\u00e9cis\u00e9ment du contenu de la collection arch\u00e9ologique Dubalen ? D&rsquo;apr\u00e8s Pueyo, qui a puis\u00e9 dans les archives du mus\u00e9e certai\u00adnes informations cruciales, plus de 5 000 silex avaient \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s au fonds du mus\u00e9e, provenant de pr\u00e8s de 100 localit\u00e9s. \u00c0 ces silex, il est possible d&rsquo;ajouter quelques centaines de restes de faune, d&rsquo;os taill\u00e9s, grav\u00e9s. En 1926, dans la pr\u00e9face d&rsquo;un ouvrage (de Paniagua, 1926), Dubalen pr\u00e9tend qu&rsquo;il a exhum\u00e9 \u00ab trois ou quatre cents urnes fun\u00e9raires \u00bb dans sa carri\u00e8re. Un peu plus loin dans le texte, il d\u00e9taille : \u00ab urnes \u00e0 mammelon, et de toute forme, jamais deux pareilles, \u00e9p\u00e9es \u00e0 antennes, \u00e0 cran (&#8230;), grandes fibules \u00e0 disques verticaux avec nombreuses incrustations, collier en ar\u00adgent dor\u00e9 o\u00f9 se voient des lettres nombreuses en saillie, au repouss\u00e9, contenu dans une cotte de maille, pommeau d&rsquo;\u00e9p\u00e9e avec ornementation en grand relief, diad\u00e8me avec ornementation de m\u00eame style dans l&rsquo;urne voisine, grande plaquette disco\u00efde \u00e0 bouton central, perle de verre jaune perfor\u00e9e avec incrustation de bleu, etc. \u00bb. Cette abondance peut \u00e9tonner, surtout quand on connait le volume occup\u00e9 actuellement par l&rsquo;\u00c2ge du Fer dans les r\u00e9serves. En fait, la collection a \u00e9t\u00e9 victime de ce qu&rsquo;il est convenu d\u2019appeler l&rsquo;\u00e9rosion mus\u00e9ographique, terme qui recouvre pudi\u00adquement les pertes et les bris dus aux d\u00e9m\u00e9nagements et aux manipula\u00adtions successives, aux vols, etc. Au milieu des ann\u00e9es 1970, un inventaire de plus de la collection pr\u00e9historique est men\u00e9 par le chercheur Michel Lenoir. Mais aucun des inventaires successifs qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis n&rsquo;a pu \u00eatre retrouv\u00e9.<\/p>\n<p>Outre les enrichissements dus \u00e0 Lummau, soit plusieurs s\u00e9ries de cen\u00adtaines de silex de la r\u00e9gion de Mont-de-Marsan, les r\u00e9serves du Mus\u00e9e Despiau-Wl\u00e9rick renferment aussi des objets issus de recherches r\u00e9cen\u00adtes. Ce sont par exemple ceux issus de la fouille men\u00e9e sur la n\u00e9cropole de Sarbazan en 1954-55 et ceux de l&rsquo;op\u00e9ration r\u00e9alis\u00e9e par Xavier Schmitt \u00e0 l&#8217;emplacement de l&rsquo;esplanade du Mus\u00e9e en 1975. De cette derni\u00e8re, proviennent une vingtaine de cartons remplis de tessons et des poches contenant des objets m\u00e9talliques, le tout pour une chronologie s&rsquo;\u00e9chelonnant de la fin de l&rsquo;\u00c2ge du Bronze \u00e0 l&rsquo;Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<p><i>5 &#8211; Un renouveau ?<\/i><\/p>\n<p>Actuellement, la collection arch\u00e9ologique Dubalen conna\u00eet un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, sous l&rsquo;effet conjugu\u00e9 de plusieurs circonstances. D&rsquo;abord, en 2011 et 2012 le Conseil g\u00e9n\u00e9ral des Landes a organis\u00e9 un cycle de mani\u00adfestations (\u00ab Le temps de l&rsquo;arch\u00e9ologie \u00bb) destin\u00e9es \u00e0 faire conna\u00eetre l&rsquo;ar\u00adch\u00e9ologie landaise : expositions, conf\u00e9rences, animations. \u00c0 cette occasion, plusieurs objets de la collection Dubalen ont \u00e9t\u00e9 montr\u00e9s au public, d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;abbaye d&rsquo;Arthous \u00e0 Hastingues, puis \u00e0 Sabres pour l&rsquo;exposi\u00adtion sur l&rsquo;\u00c2ge du Fer intitul\u00e9e \u00ab Six pieds sous terre&#8230; \u00bb. \u00c0 l&rsquo;initiative des coordinateurs de l&rsquo;exposition de Sabres <sup>(4)<\/sup>, quelques objets ont \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9s. Il faut remonter 20 ans en arri\u00e8re pour trouver trace d&rsquo;une d\u00e9marche identique, lorsque Philippe Camin, conservateur d\u00e9partemen\u00adtal, fit restaurer plusieurs objets m\u00e9talliques remarquables, notamment des \u00e9p\u00e9es \u00e0 antennes et une partie de la fameuse cotte de maille d&rsquo;Aubagnan. Localement, des initiatives particuli\u00e8res ont r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9veiller la curiosit\u00e9 des Landais pour le patrimoine arch\u00e9ologique du Tursan. Il faut souhaiter que ce regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat sera durable.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Par ailleurs, le Mus\u00e9e de Mont-de-Marsan \u00e9tant labellis\u00e9 \u00ab Mus\u00e9e de France \u00bb, il devra, conform\u00e9ment aux dispositions r\u00e9glementaires, pro\u00adc\u00e9der au r\u00e9colement de ses collections pour 2014 au plus tard. Dans ce cadre, il serait judicieux qu&rsquo;un inventaire pi\u00e8ce \u00e0 pi\u00e8ce soit r\u00e9alis\u00e9. Cela permettra peut-\u00eatre de red\u00e9couvrir certains objets que l&rsquo;on croyait per\u00addus. D\u00e9j\u00e0, un inventaire sp\u00e9cifique des pi\u00e8ces issues de la grotte de Bras-sempouy (fouille 1880-1881) a \u00e9t\u00e9 entrepris par la structure mus\u00e9ographique de la Maison de la Dame \u00e0 Brassempouy.<\/p>\n<p><b>Conclusion<\/b><\/p>\n<p>Dubalen se r\u00e9v\u00e8le ainsi un personnage aux multiples facettes. Dot\u00e9 d&rsquo;une assurance confinant \u00e0 l&rsquo;ent\u00eatement, il s&rsquo;est parfois fourvoy\u00e9 dans des interpr\u00e9tations douteuses. En voulant hisser ses ch\u00e8res Landes en t\u00eate des r\u00e9gions o\u00f9 se sont manifest\u00e9es le plus brillamment les civilisa\u00adtions pr\u00e9historiques, il s&rsquo;est laiss\u00e9 entra\u00eener \u00e0 quelques imprudences. S&rsquo;il a cru bon parfois de forcer un peu la r\u00e9alit\u00e9, son sens de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9vaut n\u00e9anmoins. La cr\u00e9ation du Mus\u00e9e de Mont-de-Marsan en est la preuve la plus flagrante.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est devenu ce mus\u00e9e ? Une partie de l&rsquo;Histoire humaine du d\u00e9par\u00adtement des Landes, des temps recul\u00e9s de la Pr\u00e9histoire jusqu&rsquo;au Moyen \u00c2ge, se trouve concentr\u00e9e actuellement dans une pi\u00e8ce d&rsquo;un peu moins de 40 m<sup>2<\/sup>. Elle m\u00e9riterait sans doute un meilleur sort. En effet, la valeur patrimoniale de cet ensemble est loin d&rsquo;\u00eatre n\u00e9gligeable. D&rsquo;abord, elle porte t\u00e9moignage de cette p\u00e9riode de transition entre le cabinet de cu\u00adriosit\u00e9 des \u00e9rudits du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et le mus\u00e9e du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ensuite, elle conserve des exemplaires uniques issus de fouilles. \u00c0 cette valeur patri\u00admoniale, s&rsquo;ajoute une valeur documentaire. En confrontant les carnets de Dubalen avec des objets aujourd&rsquo;hui d\u00e9pourvus d&rsquo;indication de prove\u00adnance, il devrait \u00eatre possible de r\u00e9attribuer tel vase ou tel torque au tumulus dont il a \u00e9t\u00e9 extrait, et replacer ces t\u00e9moins dans leur contexte d&rsquo;origine. Les progr\u00e8s consid\u00e9rables des connaissances sur les pratiques fun\u00e9raires de l&rsquo;\u00c2ge du Fer depuis un si\u00e8cle pourraient alors permettre d&rsquo;interpr\u00e9ter ces contexte avec profit, ce que ne pouvait faire notre sa\u00advant landais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. La t\u00e2che n&rsquo;est pas ais\u00e9e, une tentative tr\u00e8s par\u00adtielle a eu lieu en 1986 pour la s\u00e9pulture de la lande Mespl\u00e8de \u00e9voqu\u00e9e plus haut (Roux et Coffyn, 1987). Cette entreprise rest\u00e9e sans lendemains m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre reprise de mani\u00e8re syst\u00e9matiquement. Il est souhaita\u00adble aussi que les restaurations continuent, notamment pour des \u00e9l\u00e9ments de parure remarquables en bronze (fibules, bracelets d&rsquo;armilles). Enfin, il faut esp\u00e9rer le retour des objets dispers\u00e9s dans d&rsquo;autres mus\u00e9es, la s\u00e9rie qui se trouve \u00e0 Saint-Germain-en-Laye notamment. Ainsi, hommage m\u00e9rit\u00e9 serait rendu \u00e0 la m\u00e9moire d&rsquo;un chercheur \u00e0 la curiosit\u00e9 insatiable dont les Landes peuvent s&rsquo;honorer.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; <b>Notes<\/b>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>1\u00a0 &#8211; Journal d&rsquo;Histoire Naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, n\u00b0 9, 30 septembre 1882, p.122.<\/p>\n<p>2\u00a0 &#8211; \u00ab M. de Mortillet pr\u00e9sente et offre au nom de M. Dubalen des silex taill\u00e9s provenant du d\u00e9partement des Landes \u00bb, <i>Bull. Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;anthropologie de Paris, <\/i>1901, V\u00b0 S\u00e9rie, t. 2, p. 333.<\/p>\n<p>3\u00a0 &#8211; \u00ab M. Capitan propose (&#8230;) de demander \u00e0 M. le Ministre de vouloir bien accorder \u00e0 M. Dubalen, repr\u00e9sentant le Mus\u00e9e et la Commission, une somme telle qu&rsquo;il puisse ex\u00e9cuter com\u00adpl\u00e8tement les fouilles dans la grotte de Rivi\u00e8re. Adopt\u00e9 \u00bb. Comit\u00e9 des Travaux historiques et scientifiques (CTHS), <i>Bulletin arch\u00e9ologique du CTHS, <\/i>1910, p. CLXII.<\/p>\n<p>4\u00a0 &#8211; Marie Bilbao et Herv\u00e9 Barrouqu\u00e8re.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; <b>Bibliographie<\/b>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<p>Cabannes Gabriel, 1931. Galerie des Landais, Chabas \u00e9d., t. 3, p. 82-87.<\/p>\n<p>Camin Philippe, Le mus\u00e9e Despiau-Wl\u00e9rick de Mont-de-Marsan, <i>Le Festin, <\/i>n\u00b016, d\u00e9c. 1995.<\/p>\n<p>Dubalen Pierre-Eudoxe, 1872. Catalogue critique des oiseaux observ\u00e9s dans les d\u00e9partement des Landes, des Basses-Pyr\u00e9n\u00e9es et de la Gironde, <i>Actes de la Soci\u00e9t\u00e9 Lin\u00e9enne de Bordeaux, <\/i>t. XXVIII.<\/p>\n<p>Dubalen Pierre-Eudoxe, Quelques mots sur les silex taill\u00e9s dans le d\u00e9partement des Landes,<\/p>\n<p><i>Bulletin de la Soci<\/i><i>\u00e9t\u00e9 Arch\u00e9ologique de Bordeaux, <\/i>t. 1, ao\u00fbt 1874.<\/p>\n<p>Dubalen Pierre-Eudoxe, 1881. Les abris sous roche de Brassempouy (Chalosse, Landes), <i>Ma\u00adt<\/i><i>\u00e9riaux pour l&rsquo;Histoire naturelle et primitive de l&rsquo;Homme, <\/i>p. 284-286.<\/p>\n<p>Dubalen Pierre-Eudoxe, La grotte de Rivi\u00e8re (Landes), <i>Bull. Soc. Pr\u00e9historique Fran\u00e7aise, <\/i>1911, vol. 8, n\u00b0 10, p. 638-641.<\/p>\n<p>Dubalen Pierre-Eudoxe, Tombes aquitaniques, <i>Revue des Etudes Anciennes, <\/i>XVI, 2, 1914, p. 217-218.<\/p>\n<p>Dubalen Pierre-Eudoxe, 1924. Le Pr\u00e9-chell\u00e9en de la Chalosse (Chalossien), proc\u00e8s-verbaux des s\u00e9ances, <i>Soc. Linn\u00e9enne de Bordeaux, <\/i>t. LXXV.<\/p>\n<p>Dubalen Pierre-Eudoxe, 1925. Tertres tumuliformes de Lacajunte, Arboucave et communes voisines, <i>Bull. Soc. Borda, <\/i>p. 248-250.<\/p>\n<p>Dubalen Pierre-Eudoxe, 1927. Chapitre sur l&rsquo;arch\u00e9ologie, dans l&rsquo;ouvrage collectif \u00ab Nos <i>Lan\u00addes <\/i>\u00bb, \u00e9d. David Chabas, 1927, p. 29-60.<\/p>\n<p>Fabre Gabrielle, 1952. <i>Les civilisations protohistoriques de l&rsquo;Aquitaine, <\/i>Paris.<\/p>\n<p>Mohen Jean-Pierre, L&rsquo;\u00e2ge du Fer en Aquitaine, <i>m\u00e9moires de la Soc. Pr\u00e9hist. Fran\u00e7aise, <\/i>14, 1980, Paris.<\/p>\n<\/div>\n<p>Paniagua Andr\u00e9 (de), 1926. <i>Les celtes bretons et les phoc\u00e9ens dans le sud-ouest de la Gaule, <\/i>Paris.<\/p>\n<p>Prat Maurice, 1947. Mus\u00e9e municipal de Mont-de-Marsan (Mus\u00e9e Dubalen), Guide du visi\u00adteur, Mont-de-Marsan, 16 p.<\/p>\n<p>Prat Maurice, 1950. Un savant de chez nous : Pierre-Eudoxe Dubalen (1851-1936), <i>Bull. Soc. Borda, <\/i>p. 83-95.<\/p>\n<p>Pueyo Guy, 1971. <i>Mus<\/i><i>\u00e9e Dubalen, Mont-de-Marsan, <\/i>Mont-de-Marsan, 24 p.<\/p>\n<p>Pueyo Guy, 1973, Les collections d&rsquo;histoire naturelle de Dubalen et leur \u00e9volution en mus\u00e9o\u00adlogie \u00e0 Mont-de-Marsan, <i>Bull. Soc. Borda, <\/i>p. 353-373.<\/p>\n<p>Roux Dominique et Coffyn Andr\u00e9, 1987. Le tumulus n\u00b0 3 de la lande Mespl\u00e8de \u00e0 Vielle dans les Landes, <i>Actes du Congr\u00e8s de la F\u00e9d\u00e9ration Historique du Sud-Ouest <\/i>(Pau-1986), p. 35-44.<\/p>\n<p>Verges\u00a0\u00a0 Jean, 1987, L&rsquo;excursion pr\u00e9historique du 19 septembre 1892 \u00e0 Brassempouy ou les tribulations de la V\u00e9nus de Dubalen, <i>Bull. Soc. Borda, <\/i>408, p. 529-546.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Afin d&rsquo;\u00eatre coh\u00e9rent avec le titre m\u00eame de ce site et du Club, voici en exclusivit\u00e9 l&rsquo;article publi\u00e9 par Herv\u00e9 Barrouqu\u00e8re dans le Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 de Borda en 2012. Cet article retrace la carri\u00e8re d&rsquo;arch\u00e9ologue et de mus\u00e9ographe de Pierre Eudoxe Dubalen. Bull. Soc. Borda, Dax, 2012, 137e ann\u00e9e, n\u00b0507, 3, 13 fig., <span class=\"ellipsis\">&hellip;<\/span> <span class=\"more-link-wrap\"><a href=\"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/dubalen-archeologue\/\" class=\"more-link\"><span>Read More &rarr;<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5,1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66"}],"collection":[{"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66"}],"version-history":[{"count":5,"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":81,"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66\/revisions\/81"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/clubdubalen.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}